Malédiction

par Thaddée  -  8 Mai 2014, 17:00  -  #Poésie 2014 Quintus

Et j'habite un placard / Avec deux-trois remords / Quand il se fait bien tard / Je rencontre la mort
Je peux dire une chose / Et n'y reviendrai pas / C'est contagieux d'écrire / Alors me lisez pas

TS

 "Le Centaure et l'animal" de Bartabas et Ko Murobushi © Nabil Boutros

"Le Centaure et l'animal" de Bartabas et Ko Murobushi © Nabil Boutros

Des couleurs et des cris / Quand éclate mon cœur / Entre l'encre et le bic / Ô mon corps disloqué

Lors-qu’éclaire la nuit / Quelque lampe magique / Des presqu'îles étrangères / Encerclées de pétrole

Fantastique éclosion / De volcans frénétiques / On entend la musique / Dans leur bouche écorchée

Je connais les secrets / D'un huis-clos contrarié / Par les crampes nocturnes / A cramponner l'éclipse

Invoquer les  clepsydres / Quelque chose d'antique / Érosion des tympans / Et des globes oculaires

Clouer le bec au temps / Qui démonte les barques / Ecope l'éclopé ! La flotte des cloaques

Écarlate spectacle / Où débarque l'insulte / Le public applaudit / Mais c'est quoi / dis / le truc?

Et j'invente un soupçon / D'aurore boréale  / Auréolée de bras / Qui dansent avec les poulpes

Le cauchemar d'écrire / Comme on crève au carcel / Entre écritoire et crypte / Et tripes dans le sel

Une clarté saumâtre / Découpe une clôture / Electrique censure / Qui claque dans les doigts

J'écris dans la cambuse / Écris quoi qu'il m'en coûte / En un coup de canif / Aurai cassé la croûte

Et j'habite un placard / Avec deux-trois remords / Quand il se fait bien tard / Je rencontre la mort

Ils clament à côté / Les mecs déboussolés / qui perdent le contrôle / Sitôt que je m'endors

Ecoute cafarder / les furtives bestioles / Et battre de la queue / Lucifer qui rigole

J'ai pas très bien compris  / Ce qu'on attend de moi / Discuter, mes bouquins / Etre là - ou pas là

Je peux dire une chose / Et n'y reviendrai pas / C'est contagieux d'écrire / Alors me lisez pas

J'ai de l'amour en boîte / J'en ai rempli ma cave / Avec pour étiquette / N'ouvrir qu'en cas d'urgence

Et le temps qui me reste / Je le perds dans mes livres / J'ai rien trouvé de mieux / Pour avoir l'air de vivre.

 

Thaddée (c) 8 mai 2014, Quintus

An'Maï (la Chouette) 21/05/2014 02:24

Tu écris et tu cries dans ta tour enfermée, tu accouches de tes mots dans la douleur, ça fait mal mais tu vis, car ta vie c'est écrire et moi, ben je t'envie ! Parce que moi je suis vide à crever dans le désert aride de mes mots désséchés ! J'ai beau parler de pluie , je rêve d'autre chose ! Ce que j'écris amie, n'est que de l'eau de rose ! Ce ne sont que bluettes pour gamine attardée, Petites rimes sages, petits vers bien rangés ! Je voudrais des tempêtes, des mers déchaînées Et mettre le mot fin...et refermer le livre ! Vivre !
Bisous mon amie ! Je pense à toi, n'en doute pas ! Des caresses à Félix ! Et puis je tire la queue de Lucifer, il rigolera moins ce satané démon...

lemenuisiart 17/05/2014 20:27

C'est magnifique , la photo aussi
A bientôt

Jean-François 12/05/2014 19:58

Bonsoir Thaddee. Je constate avec satisfaction que mon ex-lectrice écrit toujours d'aussi belles choses. Je crois comprendre également que tu es finalement venue à bout dans la douleur de ton dernier roman. Toutes mes félicitations.. avec mes encouragements pour le prochain que tu ne manqueras pas d'entreprendre bientôt :-)) De mon côté, je poursuis de temps en temps la publication de mes longs articles, mais si le flux de visiteurs semble constant, les commentaires sont aussi rares que la pluie dans le désert de Gobi. La fidèle Midolu elle-même se serait dissipée dans un épais brouillard? Snif !! Je souhaite en tous cas qu'une féconde inspiration continue à te guider à l'avenir.
A la réflexion, je me demande si Félix ne regarderait pas mes articles en cachette quand tu as le dos tourné :-))