Parlez images !

Publié le 8 Mai 2014

Parlez images !

Ben oui parce que moi je parle plus. 200 pages et des broutilles. /3 du livre. Immersion totale. Pas envie d'en finir. Calme - relatif. Seulement voilà : ce matin, la source est tarie. Impossible d'aligner trois mots qui se tiennent alors que j'ai toute la scène écrite et dessinée dans ma tête.

Qu'à cela ne tienne. Je ne m'affole pas. Je sais que les pauses s'imposent d'elles-même quand la pression se fait trop forte (surtout quand on a encore mal aux dents). Le temps de rectifier quelques détails ici et là au fil des toutes dernières pages et l'inspiration me reviendra en coup de vent, je peux vous l'assurer.

Faut dire : qu'en ce moment je lis Philippe Djian et ça me met sur les nerfs. Le bonhomme m'est antipathique et je ne dirai pas pourquoi, mais à l'âge de vingt-cinq - trente ans j'étais raide-dingue de sa littérature. Comme je suis infidèle comme pas deux je l'avais laissé tomber sur le bord du chemin depuis tout ce temps. Un coup de chance pour lui et moi, à la foire aux livres de Chavril jeudi dernier 1er mai il y avait tellement de lecteurs effrénés dans les rangs ( les premières gouttes de pluie venaient de nous rabattre dans le gymnase de l'école) que j'ai dû me résoudre à me clouer sur place et prendre ce qui me tombait sous la main : c'est à dire trois romans du même auteur. Ce qui m'évitait de me déplacer à travers une foule compacte avec mon sac-à-dos qu'écrabouillaient religieusement les boulimiques de lecture au rabais.

J'ai dit que j'aimais les livres de Philppe Djian. Tout bien réfléchi, il me fait crever de jalousie. Son style me tape sur les nerfs et j'en raffole. En plus ce salaud réussit l'exploit de vivre de sa littérature et s'offre du bon temps au bord de la mer tout en se payant le luxe d'être écrivain, c'est à dire un vrai dingue, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le pire, c'est qu'il blague à chaque ligne et que ça me fait mourir de tristesse. Depuis jeudi dernier je m'enfile méthodiquement, le sourcil froncé, trois de ses romans. Dans l'ordre : Zone Erogène (j'ai failli descendre dans le Sud pour l'étrangler), Maudit Manège (j'ai le cœur comme une pierre), et je vais commencer Échine (qu'est-ce qu'il me réserve encore ? ).

Ce matin, vu que je n'arrivais pas moi-même à pondre une seule ligne raisonnable, j'ai fait un tour sur le Net pour en apprendre un peu plus sur l'homme et l'auteur. J'ai pratiquement rien trouvé. On ne parle même pas de la fragilité légendaire de son cœur. Il n'a pas de site officiel, mais je n'ai pas souvenance qu'il ait écrit dans ses livres qu'il était un blogueur.

Voilà où j'en suis, et pour m'aérer la tête ce matin j'ai fait mon viron traditionnel à Nature en Fête que j'attends normalement avec une grande impatience. Je vous en toucherai un mot dans trois minutes. Vous comprendrez mieux que l'écriture ne laisse pas grand-place aux loisirs, non plus qu'à des inspirations plus vertes et fleuries.

A tout de suite, toutes et tous, je reviens dans quelques minutes avec ma version personnelle de Nature en Fête édition 2014.

Rédigé par Thaddée

Publié dans #Journal d'un écrivain, #Lecture Au coin du feu

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mansfield 09/05/2014 19:40

Tu exprimes bien ta passion pour Djian avec encore dans le ton une vraie fraîcheur juvénile!

Eric-le-peintre 08/05/2014 14:32

Coucou Thaddée,
Moi non plus je ne connais pas cet auteur. Je viens d'achever "Les Amours interdites" de Yukio Mishima, un livre certes très beau mais fort sombre. http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Amours_interdites_(roman) Concernant l'écriture nous sommes tous différents. Il en est aussi de notre rythme de travail et de notre inspiration! Je n'ai pas beaucoup le temps d'aller sur le net pour le moment car j'ai entre autre entrepris une pratique de la méditation plus intense et l'écriture de nouvelles. On est quelques-uns à Bruxelles à partager un atelier d'écriture depuis quelques mois et cette expérience est toute nouvelle pour moi! Ne t'inquiètes pas, ton inspiration reviendra d'elle-même! Je t'embrasse!

Thaddée 08/05/2014 14:54

Ouh je ne me fais aucun souci, je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin. Coucou Eric, je vois que c'est la forme et le temps des apprentissages, alors nous aurons bientôt le plaisir de te lire, quoique j'ai lu beaucoup de choses passionnantes sur ton blog, dont cette histoire incroyable de pavés disparus.
Moi, c'est mon rythme de travail qui décide du rythme de mon écriture, c'est à la fois frustrant mais constructif car si j'avais trop de temps libre je partirais à la dérive, je me connais.
Je te souhaite de super bons moments avec tes nouvelles passions et je t'embrasse aussi :-) !

midolu 08/05/2014 14:31

Je ne connaissais pas le personnage !
Oui, je vais bien, chère Thaddée. Et ça fait du bien de te retrouver !
Bises pour toi et câlins pour Félix. Je pense à vous.

Thaddée 08/05/2014 14:48

J'avoue me tenir quelque peu à l'écart depuis quelque temps, mais force oblige n'est-ce pas ? - On ne peut pas être au four et au moulin (le moulin c'est le blog, moulin à paroles ; le four c'est l'écriture ;-) Pour la petite histoire, sais-tu que Philippe Djian est l'ennemi juré du point -virgule ? Je t'embrasse très fort, à moi aussi ça me fait du bien de papoter un peu avec toi :-).

midolu 08/05/2014 14:00

Bonjour Thaddée,
Je n'ai jamais lu de livres de P. Djian ... Mais, en recherchant des informations sur le net, je vois que son roman " 37°2 " avait été adapté au cinéma avec un film du même nom, dont je me souviens un peu.
Je reviens tout à l'heure pour Nature en Fête. À bientôt !

Thaddée 08/05/2014 14:26

Coucou Midolu. 37°2 c'est le roman qui l'a fait connaître avec Bleu comme l'enfer. Il a un drôle de style parlé, débit non stop, à bout de souffle. Il raconte sa vie dans ses romans, ce qui explique qu'il n'a pas besoin de tenir un blog ;-) Ça va toi ? Je t'embrasse et te souhaite un joli après-midi. A tout de suite au milieu de Nature en Fête.