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Le blog de Thaddée

"Ce qui parle le mieux de nous, ce n'est pas ce que nous disons, c'est ce que nous faisons. Je fais des livres qui parlent de moi sans le dire." TS | Actualité OB Kiwi et plates-formes de blogs, Déco blogs, Balades à Sète, Chroniques lyonnaises et fidésiennes, Escapades, Histoires de chats et d'oiseaux, Littérature, Photographie, Société, Poupées, Tricot, La vie ... Communauté : "Victor & Victoria", esprit shabby chic, romantique et cosy.

Il y a sept ans, le 07-07-07

Publié le 7 Juillet 2014 par Thaddée in Poésie 1980-2009 Crypties, Une vie comme les autres, Journal d'un écrivain, Poésie Ex-il

Il y a sept ans jour pour jour, le 7 juillet 2007 (07.07.07) j'écrivais un texte intitulé Flagrances et déflagrations. De très anciens souvenirs, une incompressible souffrance, à cette époque-là, me tordaient les tripes. Pour crever l'abcès j'ai tenu deux journaux intimes dans lesquels j'ai revécu cent fois le même événement pour tenter non seulement de l'élucider, mais surtout dans l'espoir d'exorciser les démons qui me tourmentaient sans relâche. Aujourd'hui, je puis affirmer qu'à travers l'écriture et le travail douloureux que j'ai fait sur moi-même est venue la délivrance. L'apaisement a succédé aux crises d'angoisse et à la dépression. Je peux vivre sans me vomir et vomir l'individu qui se trouvait être à l'origine de mon calvaire. Individu dont je n'ai pas retrouvé l'identité, malgré des recherches acharnées. Individu dont j'ignore même s'il est l'auteur de ce dont je l'ai longtemps accusé. Au terme de plusieurs années d'enquête et de réflexion, j'ai fini par conclure au non-lieu. Non que ce fût un faux-souvenir à proprement parler. Mais quand une victime s'implique, consciemment ou pas, dans des actes, faits et gestes dont elle sent, confusément, qu'on pourrait les lui reprocher, elle n'est plus vraiment une victime : elle devient complice des agissements perpétrés contre sa personne.

Dali, Cabinet anthropmorphique

Dali, Cabinet anthropmorphique

[…] et pour moi, je l’avoue, je n’aime pas si je ne suis blessé.

Ovide, l'art d'aimer

Maussades insomnies tâtonnant dans le noir à mains nues livrées au désespoir d’étreindre le vide

En manque pour de bon d’épuisement physique où se résoudrait l’exécrable tension du désir et des excitations stériles

Ô morbides errements de viscères frustrés qui geignent comme un chien qu’on aurait éreinté

Pleine lune de mon cul sur les autels profanes aux cités dévastées des peuples cannibales je veux qu’on le dévore cru quitte à damner mon âme

en cette nuit qui sue par mes pores éplorés qui refond à la forge un corps tout déformé par la soif et la faim paniqué d’être nu

qui me prend à la gorge de n’être trois fois rien dans ces vastitudes éperdues qu’haletant dans mes rythmes incantant à l’hystérique torchis de mes muscles esquintés

L’érotisme en secret sous le vasistas ouvert des sanitaires jaunes une chaîne un fond d’eau pour l’esprit qui disjoncte une fièvre un fournil

un famélique abandon de toutes les secondes à genoux sur le carreau pour écarter quatre murs à deux mains

Se flageller d’injures à n’en savoir que dire à part je me souviens de ce qu’on fait de pire à ce pauvre être humain

qu’on torture et qu’on viole en veux-tu en voilà si c’est ça ton destin et consentant en plus puisque t’y comprends rien

Mais féroce insomnie qui veille au bon grain pour que le jour qui vient se lève sous de meilleurs auspices si je t’aime pour le moins jure-moi

de ne me faire de mal que pour me faire du bien

J’ai subi de terribles sévices au point d’en perdre le sens j’adorais mon bourreau j’adorais mon supplice et depuis ce temps-là tout le monde et tout y ressemble

J’ai besoin d’épectases et qu’on tape à la trique où je sursauterais de trop dis-moi tiens-toi tranquille que je ferme les yeux pour trouver le repos.

► Flagrances et déflagrations - 7/7/7- Crypties 1980-2009, P. 65, 66, 67 (c) Thaddée Sylvant

NB - Exceptionnellement, j'ai décidé de fermer les commentaires sur cet article, ne souhaitant pas débattre publiquement du sujet qui nous intéresse aujourd'hui. Je vous demande instamment de bien vouloir respecter mon choix : veuillez ne pas le commenter sous un autre article. En vous remerciant de votre compréhension.