La tête sous l'eau

par Thaddée  -  24 Octobre 2014, 11:29  -  #Photo et Vidéo, #Une vie comme les autres, #Les blogs et moi

Pour disserter aujourd'hui je vais prendre appui sue les photos que j'ai prises hier au petit matin de plusieurs cygnes qui dérivaient paisiblement sur le canal dans le quartier de la Saulaie à Oullins (69). Déjà : mon design. Vous ne m'avez rien dit du nouveau design que j'ai mis en place avant-hier. Est-ce parce que vous êtes lassés de m'en voir changer tout le temps ? - Ou plus simplement, celui-ci ne vous plaît-il pas ? - Préfériez-vous le précédent, qui affichait les articles sur quatre colonnes, et que j'avais décoré d'un fond de blog texture avec, à gauche, un bord de dentelle ? - A ne pas savoir ce que vous pensez en votre for intérieur j'avance en eau trouble, un peu comme les cygnes de la Saulaie. J'aimerais tant y voir clair, mais en ces temps troublés, sous l'effet de médicaments qui m'endorment à moitié, j'ai le plus grand mal à fixer l'horizon pour y discerner l'esquisse d'un quelconque avenir. Sommes-nous condamnés à patauger dans la vase, à nous dépêtrer des feuilles mortes, à nous laisser pousser par le vent telles de vulgaires brindilles ? - Où allons-nous ? - Qu'allons-nous devenir ?

La tête sous l'eau
La tête sous l'eau
La tête sous l'eau
La tête sous l'eau

Vous allez me dire : voilà un ton bien dramatique pour un vendredi matin, quand s'annonce un week-end pas trop moche pour toutes celles et ceux qui sont encore en activité, et qui attendent impatiemment ces deux jours de samedi et dimanche pour se détendre et se reposer des rythmes infernaux que leur impose le travail. Et voilà : j'atteins au sujet de ma dissertation si mal commencée. Le travail. Ils étaient mineurs de fond. Que sommes-nous de plus à l'heure actuelle ? - Qu'avons-nous gagné, au fil de nos combats quotidiens pour plus de reconnaissance et plus de communication ? - Le mot d'ordre n'est-il pas : rentabilité. Quel qu'en soit le prix. Quels que soient les sacrifices qu'il nous faudra faire contre notre gré. Rentabilité. Nous évoluons dans une société qui nous déshumanise. Nos entreprises mécanisent leurs salariés et maltraitent leurs clients. Voir l'article de Christian ci-dessous _▼_.

L'humain disparaît sous les chiffres. Et pour pour peu qu'on soit sensible à la détresse des autres, pour peu que nous ayons le sens de notre mission sur terre, il arrive un moment où, terrifiés par les cercles vicieux dans lesquels nous sommes enfermés, nous cédions à la panique et craquions sur toutes les coutures. C'est ce qui m'est arrivé fin août lorsque, me voyant sans cesse rabaisser par les gens chez qui je travaille, m'avisant qu'on me sous-employait sans plus tenir compte ni de ma formation ni de mon expérience, regrettant amèrement qu'on me déplace comme un simple pion sur un damier, et devant affronter le silence plutôt que des réponses à mes questions, j'ai complètement perdu confiance en moi. Le déclencheur fut un virus, aussitôt relayé par des troubles fonctionnels qui perdurent encore aujourd'hui et m'obligent à passer de nombreux examens médicaux. La dépression s'est greffée là-dessus. Voilà plus de deux mois que je ne travaille plus. La machine est cassée.

La tête sous l'eau
La tête sous l'eau
La tête sous l'eau
La tête sous l'eau

Après ça, s'étonnera-t-on que la publicité envahisse nos vies ? - Déplacée, vulgaire ou violente, elle fauche nos émissions télévisées, nous saute à la figure sur le Web, elle infeste nos faits et gestes, elle nous brouille la vue, elle exaspère nos esprits tout en nous lavant le cerveau. Sur Overblog nous étions à l'abri de cette invasion maléfique. Mais les temps changent : en se faisant racheter par Wébédia, Overblog a dû s'aligner sur certaines exigences du nouveau patron. C'est ainsi que la pub s'est vue imposer sur tous les blogs gratuits, qu'ils soient en activité ou pas. De même, on a très élégamment largué l'ancienne équipe technique pour ménager de la place à de nouveaux arrivants dont le staff nous présente le profil sur son blog. Ils sont jeunes, entreprenants, dynamiques, ils sont tout ce qu'on exige aujourd'hui de ses collaborateurs, sachant qu'à notre époque et sur le marché de l'emploi, on est senior dès l'âge de quarante ans.

La tête sous l'eau
La tête sous l'eau
La tête sous l'eau
La tête sous l'eau

Overblog n'est pas le seul à devoir se plier aux dures lois du marché. Eklablog aussi en passe par là, sollicitant les âmes volontaires pour participer financièrement à la maintenance et au développement de sa plate-forme. Overblog, il est vrai, aurait pu faire de même. Ça n'a pas été le cas, et il en paie le prix fort aujourd'hui. Après la première vague de départs massifs dus à l'arrivée de la nouvelle plate-forme, il lui faut maintenant déplorer, et compenser par une vaste campagne de communication, une deuxième vague de départs massifs dus cette fois à la publicité imposée. Ce qui fait qu'à l'heure où je vous parle, je compte sur les doigts de la main les blogueurs qui, malgré cet état de fait, ont bien voulu rester sur Kiwi. Par ordre alphabétique : Christian, Jacqueline, Orfée, Poupette. Tous les autres étant partis chez d'autres hébergeurs : Eklablog, Blogger, WordPress.

La tête sous l'eau
La tête sous l'eau

Ce que je veux dire en rédigeant cet article, c'est que nul n'est à l'abri de l'esprit de rentabilité qui sévit de nos jours et qu'il devra tôt ou tard, bon gré mal gré, en ressentir les effets, et se plier à ses exigences. Voilà tout le mal de la France : ne penser et n'agir qu'en termes d'intérêt. Nous en sommes les premières victimes : au travail, sur les blogs, dans nos vies respectives, en faisant les courses, en réglant nos factures. On peut toujours s'installer chez d'autres hébergeurs, quitter la grande ville pour aller s'installer dans une ville plus modeste ou même à la campagne, ou bien, plus radicalement, fermer son blog et se barrer à l'étranger, il me semble que partout, nous rattrapera cette politique de l'argent tout-puissant.

La tête sous l'eau
La tête sous l'eau

Je rêvais d'être un grand écrivain. Je me fais bafouer au quotidien par des gens qui n'ont pas compris le sens de mon travail, ce qui fait, par la force de choses, que je ne le comprends plus moi-même. Pour l'instant je me soigne. Après on verra. Cogner du poing sur la table, encore une fois, pour rien ? - Ou bien : tout planter là, commencer autre chose ailleurs, mais quoi ? - Y a-t-il un seul endroit sur terre où l'argent ne parle pas sa langue de bois ? - Y a-t-il un endroit où l'on vous écoute, où l'on vous comprend, où l'on vous respecte ? - Reconnaissance et communication, lettres mortes ! - En fait, je crois bien ne devoir me soigner que pour être tout simplement capable, à nouveau, d'encaisser ce système à chier. Et ça, je vous le dis, c'est pas gagné.

La tête sous l'eau
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PS : On me convoque au Service du Contrôle Médical de l'Assurance Maladie, des fois que j'essaierais d'escroquer la Sécu, on sait jamais.
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flipperine 28/10/2014 00:28

je préférais le design d'avant mais c'est question de goût et tu as raison dans tout ce que tu dis, aujourd'hui nous sommes des pions avec qui l'on joue dans une totale indifférence qui nous tue à petit feu et ce n'est pas étonnant d'en être malade mais il faut se relever, se dire demain ça ira mieux, et vivre en se faisant plaisir, ne pas tjs penser aux autres, les autres ne s'en font pas pour nous allez courage, reprends toi et moi aussi je suis tjs suivie par un psy

maîtresse de Poupette 24/10/2014 17:49

Bonjour Thaddée,
Je trouve le design de ton blog plaisant et la bannière avec ses vieux livres, très jolie. Mais l'essentiel est aussi que ça te plaise ! Et si tu aimes changer souvent de design, je n'y vois pas d'inconvénient. Moi je ne le fais pas parce que j'en suis totalement incapable, comme ça le problème est résolu ! Quant à cette société de consommation, on ne peut malheureusement que la subir ! A moins d'envoyer tout balader, de planter sa yourte dans un bois et de vivre en totale autarcie ! Sinon, on peut aussi essayer de ne pas trop y participer par exemple en ne consommant que le strict nécessaire et en profitant des bonheurs simples de la vie... ce que tu fais par exemple quand tu te promènes dans les rues de ton village et que tu prends de belles photos !
Caresses à Félix et bon week-end !

midolu 24/10/2014 14:09

Comme qui disait : " Tout s'achète et tout se vend " ... Ou presque ... Et ce n'est pas d'hier !
Accrochons-nous et faisons vivre les petits (mais si grands) bonheurs, les fleurs, les animaux, la nature, les sourires, un mot, ... Et ce cygne blanc sur l'eau sombre ...
Thaddée, pour ton fond de blog, j'avais remarqué hier mais je n'ai rien écrit, je pensais alors à autre chose. En y revenant, je peux dire que je préfère le précédent avec les dentelles, plus doux, plus tendre.
Bon vendredi et pensées pour toi, Félix et Kiki.

Nounou de Phiphi 24/10/2014 14:06

J'oubliais : j'aime beaucoup la baniére , cette pile de vieux livres

Nounou de Phiphi 24/10/2014 14:04

Bonjour Thaddée.

je n'ai rien dis sur ton nouveau design, parce que je pense qu'il ta plait .
Si tu veux savoir ce que j'en pense et comme je le ressens : il est oppressant . Il serait joli , si les couleurs étaient différentes , dans les bleus , les clairs ...... Il est sinistre . Mais si j'osais je dirai qu'il est sans doute couleur de ton état d'âme , il s'harmonise avec les usines en démolition , les vitres cassées , les ferrailles rouillées .......

J'aimais beaucoup celui d'avant avec sa petite dentelle ........
Je n'aurai rien dis, tu as demandé , alors sans te peiner, c'est fait . Je fais même un effort pour rester à lire ..........
Nous sommes dans ce que certains appellent la fin d'un temps ( d'un cycle d'humanité ) , période très rude à vivre et qui réjouit les septagénaires d'avoir leur vie derrière eux ........ les jeunes, eux, sont là pour construire le monde de demain .........
Pleins de caresses au beau Félix, bises