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Le blog de Thaddée

"Ce qui parle le mieux de nous, ce n'est pas ce que nous disons, c'est ce que nous faisons. Je fais des livres qui parlent de moi sans le dire." TS | Actualité OB Kiwi et plates-formes de blogs, Déco blogs, Balades à Sète, Chroniques lyonnaises et fidésiennes, Escapades, Histoires de chats et d'oiseaux, Littérature, Photographie, Société, Poupées, Tricot, La vie ... Communauté : "Victor & Victoria", esprit shabby chic, romantique et cosy.

Mena (traduction en bon français)

Publié le 30 Octobre 2014 par Thaddée in Mini-nouvelles, Journal d'un écrivain

Comme promis, je vais vous traduire en bon français la courte nouvelle Mena qui participait au concours organisé par Overblog sur le thème d'Halloween. Nous sommes le 30 octobre, Overblog a rendu publics il y a quelques jours les résultats de concours. Ont été sélectionnés des articles dédiés au déguisement, au maquillage, à la cuisine, à la déco d'Halloween. Pas d'auteurs littéraires parmi les lauréats. Vous pouvez retrouver ma nouvelle illustrée ci-dessous _▼_

Je recopie le texte d'origine ci-dessous, que vous puissiez y jeter un coup d’œil si vous ne l'avez déjà fait. A noter : que j'ai écrit directement ce texte dans une langue incompréhensible et chaotique, tout simplement parce que je cherchais un angle d'attaque susceptible de passer pour gothique. Rédiger en bon français me paraissait un peu fade en la circonstance. Je voulais d'un texte opaque et noir qui, au final, m'a fait beaucoup rire, ce qui n'était pas le but mais on ne maîtrise pas toujours le résultat qui découle d'une idée. J'ai pris beaucoup de plaisir à cet exercice littéraire. Les premières lignes furent très compliquées ! - Ensuite, si j'ose dire, le pli était pris. Je butais sur quelques mots plus difficiles à déformer ou substituer mais dans l'ensemble, la rédaction ne m'a pas posé problème. Le texte d'origine ci-dessous _▼_

- Mon mère qu'ça casse la barre, injecte Jail à son duo d'alter-égo. Djam vu de nox à point comme ci.

- C'ty com' le mage de la créa prime, balb Joy boulev-toute. M'en fie point mein oculus.

Solit Jude, el ter, erdit nada. Tel si l'émo le claffait vif, el mire el gel violette confit d'étioles prune.

- C'ty le dit-lieu pour canter nos vols, firme Jail qu'est le cap du trio. Ci-contre on pouv' pas tenir max prox de Sat.

- Mein Der, injoncte Joy en se seignant verso. C'ty me fax res, c'ty tel bel !

Lors, de leurs iris orange et nocti manus, les ter goth voquent le gel in citant leur incant.

Hic, in le vieil cime désaf', inter les pulcres fracasse auxes crucis in fraille, le psaulment in rotulus per terra, in closant leurs iris orange, hoc ciant d'arrière-avant.

Mein Der del nox obscurus

Te mandons par trio l'aeter

Capte noster amula

Frande-nous l'aeter !

- Mena, clôt hic el ter, Jude, très bel goth auxes iris noirs et pel d'or.

"Haye, erdit Jail in oculant alentour. S'que c'est okay ? - Comme eter cert à sang pour sang ?"

El trio se verticalise, hic et nunc, par dessous le gel violette confit d'étioles prune. Etc les tombulus qu'on ouït vagir dolce tel nouvel-né, tel moribond, tel bestial sed quel ? - Jail & Joy s'entre-oculent, pas top quiets, voire minimum frayes.

Quelque alba mort-aura se lève del proximus tombulus béant, cependant que vagit le gisant dont ne se vey qu'une haille malolfactive et terra métamorphe. "Quittons, erdit Joy avec un tremble in voce. Ce dit-lieu me fraye, c'est path and flip ! "

Jail tombe d'ac' avec Joy. Captant sa manu toute roide il tire in exit. Lors que la mort-aura qui vagit, se dresse-séant, l'orbite et la boca fumerolles ! Oh non ! Trop proximus del haille qui malodore et tourne l'air d'un humanus ! Il est nunc vertical, tel crucis, et vente avec les humérus !

Rhâââââââ ! pulsent in chora Jail & Joy sed les tibias leur manquent pour se poindre hors manu del haille, lors quel fugit in air son expire de fuel !

Solit, Jude ne bronche.

Mein Der del nox obscurus, cite-el in caverne voce, Te mande solit el aeter, investis mein corpus, capte mein amula, y frande-me l'aeter !

Sitôt qu'erdit Jude, el haille avec el rictus frayant, el sol qui lui sort par l'orbite et la boca, se meut en spire ébullante, et Jude entre ses humérus in crucis, et le capte in sey !

Lors, du gel chutent les étioles avec le fiel de Sat, des tombulus béants se matièrent les morts-auras, et la terra crépie d'étioles, fact des trous in terra, d'hic fugit el fuel del Sat ! In center, maximus, tel bel Sat auxes iris obscurus, al pel qui flambe, Jude se porte en branle sus Jail & Joy, canant tel horrifuge, tel bel qu'exit le vif in morte !

Et des étioles noires in manu, in cap nouvel del nox obscurus et spirit frayant, Jude tire versus la cité proxima, oncques l'oculus inject carlate, et maxi vox des semper morts-auras, frayant, niet coercibles, tel bel qu'el sol in nox !

Erdit ! ... in via del cité :

Sey nox obscurus, sine amula, sed aeter in mein spirit and corpus ! Oye, populo, SEY IN SAT !

(c) Thaddée, le 26 octobre 201

Textes cryptés : pourquoi, comment

Depuis ma prime jeunesse j'ai le goût des langues barbares auxquelles on n'entrave rien. Je me rappelle avoir eu un tee-shirt jaune poussin (toujours en ma possession d'ailleurs, quoique défraîchi et par conséquent pour moitié illisible) imprimé d'un lumineux charabia signé Boris Vian, et qui s'intitule "Un jour".

Un jour
Il y aura autre chose que le jour
Une chose plus franche, que l'on appellera le Jodel
Une encore, translucide comme l'arcanson
Que l'on s'enchâssera dans l'oeil d'un geste élégant
Il y aura l'auraille, plus cruel
Le volutin, plus dégagé
Le comble, moins sempiternel
Le baouf, toujours enneigé
Il y aura le chalamondre
L'ivrunini, le baroïque
Et tout un planté d'analognes
Les heures seront différentes
Pas pareilles, sans résultat
Inutile de fixer maintenant
Le détail précis de tout ça
Une certitude subsiste : un jour
Il y aura autre chose que le jour.

Boris Vian

Vous vous souvenez peut-être d'un poème que j'avais écrit, où s'exprimait dans un patois approximatif une vieille femme. A lire ou relire ci-dessous _▼_.

J'aime assez crypter mes textes. C'est à la fois : jeu et protection. Un texte dans lequel on n'entre pas reste ma propriété, laissant le lecteur derrière la porte. Ni mépris ni provocation. Juste un besoin viscéral de verrouiller le sens, pour qu'un autre sens, plus obscur, en réchappe. Est-ce que vous comprenez ?

Chaque auteur a ses raisons personnelles de crypter son écriture. Ce peut être par jeu, comme dans le cas de ma nouvelle Mena. Ce peut être aussi pour les besoins du scénario. Imaginez un roman dont l'action se déroulerait à l'époque préhistorique. On na va pas broder dans la langue de Balzac ! - Et tout à l'avenant. Ainsi, An'Maï s'est inventé une langue bien à elle dont elle parle mieux que moi dans l'article que vous pouvez lire ci-dessous. Une langue âpre, au plus près des éléments naturels qui restent, à ce jour, les rois de la terre. Dans cet article, An'Maï explique ce que c'est une "conlang" _▼_.

Assez disserté. Voici la traduction en bon français de ma nouvelle Mena. Je sens bien que je vais moi-même connaître quelques difficultés en traduisant certaines phrases !

Ils sont gothiques, et cette nuit va bouleverser leur vie

- Putain comme ça en jette, dit Jail à ses frère et sœur de sang. Jamais vu de nuit comme ça !

- C'est comme la première nuit du monde, balbutie Joy toute bouleversée. J'en crois pas mes yeux.

Seul Jude, le troisième, ne dit rien. A croire que l'émotion le cloue sur place, il fixe hypnotisé le ciel violet confit d'étoiles prune.

- C'est l'endroit idéal pour faire nos incantations, affirme Jail qui est le chef des trois. Ici, on peut pas être plus près de Satan.

- Mon Maître, élucubre Joy en se signant à l'envers. Ça me fait quelque chose, c'est tellement beau !

Dès lors, avec leurs yeux orange et leurs mains noires, ils invoquent le ciel en proférant leurs incantations.

Ici, dans le vieux cimetière désaffecté, parmi les sépulcres fracassés aux croix de ferraille, ils prient à genoux, les yeux fermés, se balançant d'arrière en avant.

Maître de la nuit obscure

Tous les trois te demandons l'immortalité

Prends notre âme

Offre-nous l'immortalité !

- Mena, conclut ici le troisième, Jude, très beau gothique aux yeux noirs, à la peau dorée.

"C'est pas tout ça, dit Jail en regardant autour de lui, est-ce que ça a marché ? - Comment être sûr à cent pour cent ? "

Les trois se relèvent, ici et maintenant, sous le ciel violet confit d'étoiles prune. Et les tombes qu'on entend vagir doucement, comme le nouveau-né, comme le moribond, comme la bête, mais laquelle ? - Jail et Joy échangent un regard, pas trop tranquilles, et même un peu inquiets.

Une espèce d'aura lugubre se lève de la plus proche tombe ouverte, cependant que vagit le mort dont ne se voit qu'un hâillon malodorant et qui tombe en poussière. "Allons-nous-en d'ici, dit Joy avec un tremblement dans la voix. Cet endroit me fait peur, c'est vraiment flippant ! "

Jail tombe d'accord avec Joy. Saisissant sa main toute roide il la tire vers la sortie. Lorsque l'aura vagissant toujours se dresse sur son séant, les yeux et la bouche en feu ! Oh non ! Ils sont vraiment trop près du hâillon qui sent mauvais et prend une apparence humaine ! Il est maintenant debout, tout droit, comme une croix, et brasse l'air avec ses bras !

Rhâââââââ ! crient ensemble Jail et Joy mais les forces leur manquent pour se mettre hors de portée du hâillon, alors même qu'il crache dans l'air son souffle de feu !

Seul, Jude ne bronche pas.

Maître de la nuit obscure, récite-t-il d'une voix caverneuse, pour moi seul je te demande l'immortalité, possède-moi, prends mon âme, et donne-moi l'immortalité !

Sitôt qu'à parlé Jude, le hâillon au rictus effrayant, le feu lui sortant des orbites et de la bouche, se transforme en spirale enflammée, et Jude en ouvrant les bras le recueille en son sein !

Alors, du ciel chutent les étoiles avec le feu de Satan, des tombes ouvertes s'exhument les morts-vivants, et la terre crépite d'étoiles, les étoiles qui font des trous dans la terre, d'où s'échappe le souffle brûlant de Satan ! Au centre, immense, beau comme le démon aux yeux noirs, la peau en feu, Jude se porte vers Jail et Joy, ricanant horriblement tel un monstre, si beau, si fort, que meurent les deux autres sur le champ !

Et des étoiles noires dans les mains, à la tête de la nuit obscure et des esprits effrayants, Jude se dirige vers la ville proche, l’œil injecté de sang, la voix d'outre-tombe des morts-vivants incoercibles, aussi beau que le soleil en pleine nuit !

Et il proclame, dans les rues de la cité :

Je suis la nuit obscure, sans âme, mais immortel ! Entendez-moi, JE SUIS SATAN !

(c) Thaddée, le 30 octobre 2014

... Eh bien, vous me croyez si vous voulez : je préfère de loin la première version !

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C
Thanks a lot for this post. Use adjectives lightly. Adjectives are outstanding illustrative terms but when used indiscriminately. They can burden content and make it less readable.
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F
et encore un nouveau look pour ton blog
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F
un texte à faire peur
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M
C'est bien aussi comme ça, au moins c'est compréhensible, même si on n'est pas gothique !<br /> Bonne soirée !
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T
Ah bon tu n'es pas gothique !? ;-) Câlin à Poupette.