Les origines du 8 décembre à Lyon

par Thaddée  -  6 Décembre 2014, 13:14  -  #Lugdunum à tous les temps

Les origines du 8 décembre à Lyon

En premier lieu, je voudrais présenter mes excuses à mes amis les chats : j'ai complètement zappé le bal des plumes, où j'avais pourtant réservé la place de mon Félix. Il aurait dû prendre l'aéronef de son copinou Phiphi pour se rendre à la soirée d'Eowin et Colibri, seulement voilà : beaucoup de travail et de stress ; ajoutons à cela un PC qui tourne au ralenti et plante plus souvent qu'à son tour, et vous aurez déjà un bon aperçu des raisons pour lesquelles j'ai oublié la petite fête de mes amis. J'espère que vous me pardonnerez. Félix était un peu déçu de n'avoir pas retrouvé ses copains comme prévu, mais je lui ai promis une jolie fête de Noël avec crevettes et tout ce qu'il faut, alors il m'a pardonné mon étourderie en me faisant promettre de ne pas manquer le prochain bal des plumes.

Les origines du 8 décembre à LyonLes origines du 8 décembre à Lyon

_▲_ Ci-dessus l'Atelier Pompadour, vous l'aurez peut-être reconnu à son fauteuil.

Les origines du 8 décembre à Lyon

_▲_ Une autre vitrine joliment décorée de chalets et d'un petit manège. Comme en chaque fin d'année, les commerçants de Sainte-Foy rivalisent d'inventivité !

Les origines du 8 décembre à Lyon

Et le sapin du marchand de vins. Voilà : cela suffit à mon bonheur. Il n'est pas question pour moi de mettre un pied en ville (entendez Lyon) en ces nuits fiévreuses de Fêtes des Lumières. Trop de monde. L'année dernière on est tous restés bloqués pendant je ne sais combien de temps sur la place des Terreaux sans pouvoir faire un pas. Certaines personnes commençaient à paniquer. J'en garde un assez mauvais souvenir. D'autant plus qu'une fois qu'on a vu un spectacle pyrotechnique, on les a tous vus. Le Ville engage beaucoup trop de moyens pour reproduire chaque année la même attraction destinée aux touristes du monde entier, sans jamais renouveler son inspiration, et en s'éloignant toujours plus de l'origine des Illuminations. A l'origine, c'était une célébration religieuse consacrée à Marie, pour la remercier d'avoir sauvé la ville d'une épidémie de peste. On lui avait élevé une petite chapelle. Et sur les quais, dans les rues, chaque famille allumait ses petits lampions le 8 décembre. C'était simple, c'était vrai, c'était beau. Mon plus beau 8 décembre, c'était il y a 35 ans : mon père et moi nous étions montés à pied à la basilique de Fourvière, où la Vierge dorée scintillait dans la nuit de mille feux. Aujourd'hui, il reste encore la marche aux flambeaux des enfants vers l'église, mais tout le reste n'est qu'un débordement coûteux mais lucratif d'effets spéciaux. Je n'ai guère envie d'entrer dans le jeu. Je préfère vivre sur l'émotion de notre bonne vieille fête lyonnaise, du temps où le 8 décembre était une nuit sacrée.

Les origines du 8 décembre à Lyon

De 1550 à 1643 - une centaine d’année - plusieurs milliers de lyonnais meurent de la Peste – la moitié de la population de Lyon disparaît. Après avoir compté sur la Faculté de médecine et en désespoir de cause, le 12 mars 1643, l’équivalent de notre maire d’aujourd’hui, le Prévost Alexandre Mascary, entouré des adjoints au maire de l’époque : les Echevins, s’en remet à la vierge Marie :
"... Nos Échevins s’engagèrent à élever deux statues de la Vierge, l’une sur la place des changes, l’autre sur la pile du pont de Saône. Enfin ils firent vœu pour eux et pour leurs successeurs, d’aller...
"toutes les fêtes de la nativité de Notre Dame qui est le huitième jour de septembre, sans robe, néanmoins avec leurs habits habituels, en la chapelle de Fourvière pour ouïr la messe, y faire les prières et les dévotions à la dite Vierge et lui offrir en forme d’hommage et reconnaissance, la quantité de sept livres de cire blanche en cierges et flambeaux et un écu d’or au soleil... et ce pour la disposer à recevoir en sa protection particulière la ville de Lyon..."
- extrait du livre de Louis Jacquemin, Histoire des églises de Lyon, publié aux éditions Elie Bellier.
L’épidémie de peste s’arrête cette année là, à Lyon, alors qu’elle continue ailleurs, en France. Pour remercier la vierge de sa protection, nos Échevins assistent le jour de la nativité de Marie - le 8 septembre, à une « grand messe » et remettent ce que promis à l’évêque de Lyon, écu d’or et cire blanche. De nos jours, la tradition continue, le vœu est respecté et la pièce d’or est toujours remise à l’évêque de Lyon le jour de la naissance de la Vierge.
C’est ce Vœu des Echevins du 8 septembre qui sera confondu dans la mémoire collective avec les « Illuminations ».

Lyon Web

Les origines du 8 décembre à Lyon

Ci-dessous une autre version des tout débuts du 8 décembre. Entre légende et tradition le 8 décembre s'est bâti une identité miraculeuse qui prélude aux festivités de fin d'année. Je ne crois pas que l'on puisse apprécier pleinement la ferveur de cette nuit particulière si l'on ne garde pas à l'esprit qu'il y a très très longtemps, le seul vrai personnage de la Fête, c'était Marie.

En 1852, on achevait à Lyon la reconstruction du clocher de la vieille chapelle de Fourvière. Au sommet de l’édifice, on avait placé une statue de la Vierge Marie en bronze doré. Elle devait être inaugurée le 8 septembre, mais une inondation dans l’atelier du fondeur retarda la cérémonie au 8 décembre, autre fête de la Vierge, celle de l’Immaculée Conception.
Ce jour-là, des feux d’artifice étaient prévus mais une pluie torrentielle s’abattit sur la ville. A la tombée de la nuit, le ciel s’éclaircit et la pluie s’arrêta. "Tout à coup apparaissent à quelques fenêtres inconnues des lignes de feu... La ville s’était embrasée en un instant. Bientôt, il ne restait plus, sur la vaste étendue des quais, des rues, des passages ignorés et des cours invisibles, aucune fenêtre obscure. Les petits marchands, les clochers, illuminaient leurs baraques, leurs voitures et jusqu’aux bordures des trottoirs... Quelques feux de Bengale s’allumèrent sur les toits de la chapelle de Fourvière, la statue de la Vierge apparaît et la grosse cloche de Saint Jean, cet éloquent interprète des joies publiques, est lancée à toute volée. A huit heures, la population entière était dans la rue, circulant, paisible, joyeuse et attendrie. On se serrait la main sans se connaître, on chantait des cantiques, on applaudissait, on criait : "Vive Marie ! " Les étrangers n’en revenaient pas de leur surprise, et les Lyonnais, tout remplis qu’ils étaient de cette fête improvisée, se demandaient comment, en un instant, une population de trois cent mille âmes avait pu être saisie de la même pensée".

Lyon catholique

J'irai quand même prendre des photos du Marché de Noël à Perrache. Ce matin j'ai acheté deux petits personnages, une boule blanche, deux petits pots de confiture et du confit d'oignon au Marché de Noël de l'école en face de chez moi, confectionnés par les enfants et leurs parents. J'y ai accompagné ma voisine de 83 ans croisée dans la rue. Elle m'a confié que ça faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas mis les pieds dans une école ! Sur ce, chers tous, je vous souhaite un beau week-end. Demain : deuxième dimanche de l'Avent. Que la lumière soit dans vos cœurs en ces derniers jours de l'année ♥.

Les origines du 8 décembre à Lyon

flipperine 08/12/2014 17:50

il ne faut pas perdre les traditions et il est vrai que c'est couteux ces illuminations mais c'est si beau

JACQUELINE 07/12/2014 18:31

dommage pour Minou!!!!!!!
Le 8 décembre est fete aussi à Rome: c'est pour célébrer l'Immaculée Conception de la Vierge, elle qui nait sans péché originel!

PASSION SCULPTURE 07/12/2014 00:23

L'an prochain, j'y serai.
à très bientôt

lemenuisiart 06/12/2014 21:26

Pour moi mes rouquins sont un peu malade actuellement les infos sur le blog chat et aujourd'hui sur mon blog photo avec un histoire d'amour grandiose
Je pense que tu vas te régaler avec la fête des lumières
A bientôt

Phiphi 06/12/2014 14:27

Coucou Thaddée ,
J'ai une autre version......
LYON c'est LUX , la lumière ....
En un temps le 8 décembre c'était la ste Lucie ( lumière )