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Papier de Verre, le blog de Kiki, Félix et Thaddée ↫

Ce qui parle le mieux de nous, ce n'est pas ce que nous disons, c'est ce que nous faisons. Je fais des livres qui parlent de moi sans le dire. - TS | Actualité OB Kiwi et plates-formes de blogs, Déco blogs, Balades à Sète, Chroniques lyonnaises et fidésiennes, Histoires de chat, Littérature, Photographie, Société ... Communauté : "Victor & Victoria", esprit shabby chic, romantique et cosy. Blog classé dans la catégorie Lifestyle.

Où es-tu

Publié le 24 Octobre 2015 par Thaddée in Photo et Vidéo, Une vie comme les autres

Le Trésor de Sainte-Foy

Le Trésor de Sainte-Foy

J'entre, en répondant à un besoin, plus qu'un appel, irrésistible. C'est toujours comme ça quand je ne sais plus où je vais. J'entre dans l'église, me poser un instant, tenter de ressentir une Présence, un Réconfort. Mes premières pensées, avant même d'avoir franchi le porche, sont : "Où es-tu ? Que fais-tu ? "

Où es-tu

Que reste-t-il des offices dominicaux où fut célébré au centuple ton Nom ? N'est-ce pas à ton tour de te manifester ? Vas-tu laisser tomber ta fidèle la plus fervente ? Pourquoi te détournes-tu d'elle ?

Où es-tu

On te couvre de fleurs et moi j'ai dans les narines l'épuisant parfum de fleurs fanées qui présidait aux funérailles de mon père. Ensuite, je ne supportais plus la moindre fleur. Elles m'évoquaient la mort, la terre et le feu. Elles m'évoquaient le vide où nous plonge la disparition de nos proches, et qu'un millier des fleurs ne saurait remplacer. M'entends-tu !?

Où es-tu

Si je reste ici, la tête enfouie dans les mains, auras-tu pitié de moi, est-ce que tu m'écouteras, feras-tu un geste ? Toi seul, en qui elle a tant confiance, peut faire quelque chose désormais. Réduis nos fractures, cimente la famille autour de la maladie, donne-nous l'espoir et la force, mais aussi la douceur, et le courage de pardonner.

Où es-tu

Je ne veux pas m'agenouiller, ni observer des rituels qui m'englueraient dans une espèce de dépersonnalisation béate, mais je t'adjure de répondre présent quand j'ai besoin de toi pour poursuivre ma route.

Où es-tu

Pour qui sont ces coussins de chaise ? Pour qui, le faste consternant des églises traditionalistes ? Pourquoi les traditionalistes, enfermés dans leur Grande Illusion, n'entendent rien à la décrépitude, au délabrement du corps et de la santé, pourquoi vivent-ils les yeux dans le ciel au lieu de bien s'ancrer les pieds dans la réalité ?

Où es-tu

Que faut-il faire ? Accepter, se battre ? Moi, mais tu le sais peut-être, je reste à l'écart, en retrait, et j'écoute tous les sons de cloche qui m'étourdissent loin de ton église. J'essaie de rester neutre, autant dire que j'essaie de ne pas exister. Je ne prends pas parti. Je me borne à apporter mon soutien moral ; à promettre d'apporter mon soutien moral. Je ne devrais plus faire de promesses, des promesses qu'on ne peut pas tenir. Je n'ai ni la volonté ni le courage qu'il faudrait pour m'impliquer davantage, mais ce n'est pas le rôle qu'on m'a donné sur cette Terre d'avoir le pouvoir de décision, je n'ai jamais vraiment eu de place à moi, que celle de témoin, un témoin éloigné qui ne prend aucun risque mais se meurt lentement de n'être pas plus engagé dans l'action.

Où es-tu

Seigneur. Il faudrait que je vienne tous les dimanche, m'efforcer de reconstruire une foi qui n'a jamais été bien vaillante, je le crains. Entre nous, je ne crois pas en ton existence, je ne crois pas que tu aies créé le monde, je ne crois pas que tu sois le maître omnipotent dont on m'a parlé puisque tu laisses faire sans réagir, puisque tu n'aides pas les gens qui sont dans le malheur. Je crois à Marie, parce qu'elle est une vraie personne de chair et de sang, avec un cœur de mère, parce qu'elle seule peut comprendre ce qui nous arrive et ce que je ressens. Mais en ce moment, même toi Marie tu te tais, tu n'écoutes pas, tu n'es pas avec moi, et c'est normal, puisque je ne suis plus avec toi.

Où es-tu

Quand je pense à toutes ces heures perdues à prier, pour en arriver là. Comment est-ce que je pourrais avoir envie de faire quelque chose qui ne sert à rien ? Est-ce qu'il est encore tolérable de perdre son temps et son énergie à faire quelque chose d'inutile ? A vrai dire, que puis-je faire d'utile. A quoi je sers. Qu'est-ce qu'on attend de moi.

Où es-tu

De tout façon, en l'état des choses, je ne peux pas me rendre utile. J'entasse des cailloux autour de mon secret, c'est bien assez. Nous sommes tous faits de cailloux qui s'écroulent aux premiers coups du sort. De petites montagnes fragiles qui roulent sur elles-mêmes. Nous sommes des champs de cailloux sous le soleil fiévreux. Nous vivons entre deux mondes, celui du dehors, celui du dedans, jusqu'à ce que celui du dedans aveugle complètement celui du dehors.

Où es-tu

Je ne sais pas comment on peut survivre à la mort d'un proche qu'on aime. Je ne sais même pas comment on peut résister à sa maladie, à l'amenuisement tragique de ses forces et de sa volonté. Je la vois si fragile et si découragée ... Moi-même, par quel miracle serais-je de force à tenir et lutter ?

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