Rire, écrire : soupapes de sécurité

par Thaddée  -  9 Janvier 2016, 11:52  -  #Journal d'un écrivain

Mon humble poème "Souviens-toi" _▲_  très justement désigné par Moun comme étant de la poésie instantanée, a créé un début de polémique ... à mon grand étonnement car ce n'était pas le but, loin s'en faut. Je pense qu'à mon insu j'ai blessé quelques lectrices et lecteurs dans leur croyance. En évoquant la disparition de la matière et l'absorption des corps dans le néant j'ai soulevé la question fondamentale : ainsi, ne reste-t-il rien de nous ?

Mais dans ce poème je ne parlais effectivement que d'absence physique ; je n'ai fait aucune allusion à l'âme. Je reviendrai plus tard là-dessus.

Je vis des moments difficiles avec la maladie de maman toujours hospitalisée. Sans entrer dans le détail, je dirai que je n'ai pu m'empêcher de me confronter à certaines interrogations qui, pour certaines, n'ont pas même affleuré ma conscience. Je tiens le coup. Moralement. Il me semble que j'arrive à faire face à la situation. Mais par dessous, les émotions me travaillent sans même que je m'en rende compte. L'inquiétude, la tristesse, ont pris plus d'importance au fond de moi que ce que je crois.

L'écriture met à jour ces sentiments et pensées inexprimés. Je n'ai rien calculé en écrivant ces quelques vers. Je n'ai pas prémédité d'évoquer la noirceur de l'absence et du néant. J'affirmerai, même, ne jamais avoir songé à quelque chose d'aussi désespérant. Mais. L'écriture a des pouvoirs insoupçonnés : elle dévoile au grand jour ce qui se terre dans l'obscurité. Comme je l'expliquais dans un précédent billet, l'écriture est le miroir de notre inconscient _▼_.

L'écriture a sans doute révélé, dans ce poème instantané, que j'avais peur. Peur de la mort, peur de la séparation, peur de l'absence dont je ne veux pas discuter ici, car je n'en ai pas pleinement conscience et que je garde l'espoir d'une issue plus heureuse.

Moun a évoqué dans son commentaire, et je l'en remercie, un Néant lumineux, contraire aux idées reçues selon laquelle le Néant serait un horrible trou noir où plus rien ne se passe.

Cela non plus, je ne suis pas capable de l'envisager.

Tout ce que je sais, c'est qu'à l'heure actuelle il y a bien mieux à faire qu'à prier, même si je n'exclus pas les instants de reconnaissance et de soulagement. Je suis dans le concret. La situation telle que je la vis me place devant des obligations, mais aussi des ressentis, qui échappent à mon contrôle et à ma volonté. Pour tout dire, j'essaie de faire au mieux. Et l'écriture m'aide pour le reste. Et l"humour, aussi, un peu, quand je réponds à Flipperine : "Alors dis-moi, est-ce qu'il ne serait pas possible de se réincarner dans quelque chose qui dure ? "

flipperine 09/01/2016 12:22

j'ai compris le sens de ton poème, écrire un soulagement, exprimer ce que l'on ressent et vivre avec un proche malade c'est tjs dur