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Papier de Verre, le blog de Kiki, Félix et Thaddée ↫

Papier de Verre, le blog de Kiki, Félix et Thaddée ↫

Ce qui parle le mieux de nous, ce n'est pas ce que nous disons, c'est ce que nous faisons. Je fais des livres qui parlent de moi sans le dire. - TS | Actualité OB Kiwi et plates-formes de blogs, Déco blogs, Balades à Sète, Chroniques lyonnaises et fidésiennes, Histoires de chat, Littérature, Photographie, Société ... Communauté : "Victor & Victoria", esprit shabby chic, romantique et cosy. Blog classé dans la catégorie Lifestyle.

Un journal, des journaux

Dans un récent article intitulé Le train _▼_ j'évoquais le pouvoir libérateur de l'écriture. Et plus précisément le journal (et même les deux journaux) que j'ai dû rédiger il il y a quelques années pour me guérir d'un traumatisme de l'enfance (qui n'a rien à voir avec ma famille, je tiens à le souligner ici). Ces deux journaux se sont faits sur la toile. L'un d'eux, je le crois, a permis à certaines personnes désemparées de trouver des réponses ou des éléments de réponse à leurs propres interrogations. Je me souviens d'une lectrice qui soutenait ma démarche ; pendant un temps, elle est devenue la voix off de mon auto-psychanalyse, celle qui m'a fait avancer dans mon laborieux processus de raisonnement.

Hier après-midi sur un banc dans le parc de l'hôpital, j'expliquais à ma sœur que l'écriture pouvait constituer une excellente auto-psychanalyse. Pour preuve, il y a quelques années j'ai jeté sur une page tous les souvenirs, même déformés, d'un événement traumatisant de mon enfance ; j'ai exploré ces lambeaux de mémoire et j'ai mené une enquête, au sens propre du mot, sur les circonstances du drame. Quand j'eus mis le point final à cette analyse, plus jamais ensuite je n'ai connu d'épisodes dépressifs. Oh ça m'a fait mal de me creuser la cervelle, un mal de chien, ça fait toujours mal de crever un abcès, mais quelle efficacité redoutable eut ce traitement de choc !

L'écriture, expliquais-je à ma sœur, est un révélateur de l'inconscient. Autant que tu parles, tu ne diras que des choses présentes à ton esprit. Pour peu que tu parles à quelqu'un, ce qui ne manque pas d'arriver, ton discours sera tributaire de l'écoute et des réactions de ton interlocuteur. Alors que, lorsque tu écris, c'est l'écriture qui te répond. Tu n'es pas seule : il y a toi et l'écriture. Entre vous, un échange massif, incontrôlé, d'émotions, de sentiments, et de souvenirs refoulés. L'écriture lit dans tes trous de mémoire. L'écriture met à jour des souffrances dont tu n'as même pas connaissance. En te maltraitant, l'écriture te délivre des traumatismes les plus enfouis, les plus illisibles ; elle entre en communication avec la part la plus sombre et la plus méconnue de toi-même. Elle est le miroir de ton inconscient.

Le train | Papier de Verre

Pixabay, Images gratuites

Pixabay, Images gratuites

Il se pourrait bien que je doive aujourd'hui réitérer l'expérience en explorant un par un les mécanismes qui ont conduit une personne de mon entourage proche à vivre un calvaire et faire vivre un calvaire à tous ceux qui l'approchent. Traumatisme, pathologie mentale ou caractère de cochon : l'un dans l'autre l'air devient irrespirable dès que je me trouve en sa présence et j'en tombe malade un peu trop souvent à mon goût.

Il va sans dire que je ne tiendrai pas ce journal ici même sur ce blog. Je ne me sentirais pas complètement libre de penser et d'écrire ce que je ressens. Je vous connais trop. Vous-mêmes, vous me connaissez bien, et je ne peux m'autoriser à décortiquer sous vos yeux des problèmes personnels qui m'amèneraient à me dévoiler plus qu'il n'est permis. Certains récits doivent se faire dans l'anonymat. C'est le seul moyen de prendre assez de recul vis-à-vis de sa propre personne et d'intégrer le "je" biographique avec lequel je me plais à jouer la plupart du temps.

Il est plus que nécessaire dans ce cas de figure de s'éloigner de Thaddée Sylvant et de mes autres pseudonymes qui courent sur la toile. Hier soir j'ai laissé un com chez l'un d'entre vous, sur Wordpress. Il a été signé contre ma volonté du pseudo sous lequel j'ai ouvert un blog sur Wordpress. Ni une ni deux le blogueur en question, au lieu de venir me répondre sur le blog ici présent, file sur mon blog Wordpress, abandonné depuis des semaines, pour me servir une leçon de morale à sa façon.

Déjà : je n'ai pas besoin de leçon de morale. Je vis des moments difficiles depuis maintenant huit mois. Pour peu que vous fréquentiez mon blog à peu près assidûment, vous savez de quoi je parle. Ajoutez à cela que "le caractère de cochon" évoqué plus haut me persécute et que j'en suis malade au sens propre du mot. Ensuite : je trouve un brin décalé d'aller me commenter sur un blog que je ne fréquente plus, plutôt que de venir ici me donner signe de vie.

Voilà très exactement pourquoi je tiendrai mon prochain journal sous un autre pseudo : pour éviter les commentaires moralisateurs et les sempiternels "merci du partage".

J'ai toujours eu du mal avec les commentaires : je les ressens quelquefois comme une ingérence absolue dans ce que j'accepte de dire et de montrer sur ce blog. Certains d'entre eux me font plaisir et me font même avancer. D'autres ont le don de m'énerver. Je n'y peux rien comme dit le scorpion, c'est dans ma nature.

La solitude est dans ma nature. J'ai du mal avec les autres. Il en sera ainsi jusqu'à la fin de ma vie. D'ailleurs je vais fermer cet article aux commentaires et tenter de redémarrer du bon pied. Je ne veux blesser personne. Je veux aussi me préserver des commentaires qui se font parfois sur le ton de la raillerie. Comme me dit ma doctoresse en fronçant les sourcils : "Protégez-vous".

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