Sans titre

par Thaddée  -  29 Avril 2020, 08:22  -  #Une vie comme les autres, #Tricot, #Poésie Toutan

Quand notre lourde peine sera levée, je ferai quinze fois le tour de la ville à scooter. J'irai marcher jusqu'à l'étang de Thau, là où il n'y a personne. Et je me réconcilierai avec mon rêve d'habiter à Sète.

Quand je voyais, à la télé, des Chinois marcher avec des masques, et ça fait des années, je me disais : "Mais comment font-ils pour vivre avec un masque sur la figure, moi je ne pourrais pas vivre comme ça". Et puis le couperet est tombé. C'est notre sort à tous maintenant : porter un masque, éviter tout contact avec nos semblables, et limiter nos déplacements.

Quand j'ai réalisé mon rêve d'habiter à Sète, je ne pouvais pas imaginer que ce serait pour y subir le confinement. Quarante ans ! ... j'ai vécu à Lyon, et il faut que ça se passe à Sète. Alors on peut comprendre que mon rêve ait été un peu abîmé au passage. Mon premier printemps sur l'île singulière, je suis passée à côté.

Deux mois que je vis seule sans parler à personne. Deux mois d'isolement. 

Et puis hier il a été dit que nous ne pourrions pas quitter notre département avant plusieurs mois. Etre condamnée à vivre à la mer, il y a pire n'est-ce pas.

Mais je pense à tous ces gens qui ont perdu ou qui vont perdre quelqu'un. A tous ces gens qui vont perdre leur commerce. A tous ces gens que l'épidémie n'a pas épargnés. Qui sont malades, ou morts, ou qui vont mourir. Je pense au contrecoup de ces deux mois d'enfermement. Je pense à la vie d'après qui n'aura plus rien à voir avec la vie d'avant. Comment faire comme si de rien n'était. 

Et si ce virus n'était que le premier d'une longue série de virus inconnus. Un malheur n'arrive jamais seul. Et si tous les effets de ce virus ne s'étaient pas encore manifestés. Et qui sera touché par la deuxième vague ?

Ce matin, à quinze jours du grand jour de notre libération, je craque. Le seul fait d'envisager la suite de ma formation m'accable de dépit et d'amertume. Aucune nouvelle de ma formatrice, pas un mot d'empathie, rien de rien. Et au bout de deux mois de confinement je reviendrais le sourire aux lèvres (sous mon masque) fin prête à rechercher un emploi dans un monde économiquement exsangue et bouleversé ? Mon immersion professionnelle n'aura-t-elle pas quelque chose d'un peu vain ?

Mais encore. Faire la queue devant les magasins, sans frôler quiconque, et sursauter nerveusement dès que quelqu'un s'approche un peu trop près. En longeant le quai, voir tous ces cafés et restaurants fermés. Me dire que le dimanche matin, quand on pourra retourner aux Puces, il manquera certaines personnes, décédées pendant l'épidémie.

Je pense à tous les gens que j'ai connus, immobilisés chez eux, qui pensent peut-être à moi. Je pense à ma toute première copine, à mon amie de fac, à tous ceux qui furent mes amis et qui ne le sont plus. Je pense à mes parents, que ce virus aurait tués s'ils n'étaient déjà morts de leurs soucis de santé. Je pense à mon frère qui travaille, qui ne donne pas de nouvelles, ou si peu. Qui prend des risques inconsidérés, à quelques mois de la retraite. Je pense à ceux qui ne pourront pas encore sortir librement après le 11 mai, parce qu'ils ont plus de soixante-cinq ans. Je pense à la mer, à la plage, aux bains de mer, et je pense à notre grande fête de la Saint-Louis, annulée tout comme le fut Escale à Sète. Je pense à Noël.

Tout petit oiseau sur la branche, tout pétillant ce matin. Les animaux sauvages sont entrés dans les villes et respirent un air pur. Aucun tintamarre si ce n'est, à 20 heures, celui des applaudissements et des crécelles, en remerciement au personnel soignant, qu'approuvent les aboiements d'un gros chien sur son balcon.

Je n'ai pas pu écrire avant, je trouvais ça tellement dérisoire de vous montrer mes tricots, je n'ai pas pu vous rendre visite, ça m'aurait fait trop mal de voir des photos de notre monde tel que nous avions le droit de l'admirer il y a encore quelques mois. Je ne suis pas assez hypocrite pour m'exclamer devant telle ou telle splendeur qu'en d'autres temps, j'aurais célébrée de toute mon âme.

Je ne saurais vous dire si vous m'avez manqué, car très peu nombreux sont ceux qui ont pris de mes nouvelles et des nouvelles de mon Félix. Ceux-là je les remercie du fond du cœur, ça m'a touchée plus que je ne saurais le dire.

Et maintenant que tout est dit, place à ce que j'ai fabriqué tous ces jours, d'abord un tricot, ensuite un poème. Il va sans dire qu'il s'agit de la partie émergée de l'iceberg car la tête sous l'eau, j'en ai fait des choses, mais je n'ai pas forcément envie d'en parler sur ce blog.

Mon ensemble brassière-panty pour prématuré

Mon ensemble brassière-panty pour prématuré

Et puis mon poème, titré "Vent de sable"
Vent de sable

J'ai vu passer un brouillard
De poussière, de fumée
Je ne sais.
Le fantôme grisâtre
Aussitôt dissipé
M'annonçait quelle funeste
Nouvelle je ne sais.
Etait-ce toi ma mère
Ou la mort
Que j'ai vu s'avancer.
Je ne suis pas malade
Je ne veux pas mourir
Mais qui m'entend.
Je ne sais.

© Thaddée, dimanche 26 avril 2020

Voilà, je retourne au silence et à la solitude du confinement, j'ai une petite barboteuse en cours, un autre poème que j'ai écrit mais je ne sais pas si je le mettrai en ligne, je n'ai pas trop le cœur à bloguer. Ca reviendra ou pas.

Je ne sais.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
M
Contente d'avoir de tes nouvelles même si je vois que tu craques. Tu sais beaucoup de gens sont seuls. Ceux qui ont une famille la languisse, ceux qui ont des petits-enfants voudraient les serrer dans leur bras, les voir les toucher, les écouter autrement qu'à travers un écran ou un téléphone, ceux qui ont des personnes âgées dans leur famille ou leurs amis, se font du soucis pour eux. Tu vis dans une ville magnifique et malgré le confinement il faut sortir de chez soi pour profiter de ce que tu peux voir dans un rayon de 1 kilomètre. C'est mieux que rien et ça fait du bien au moral et au physique. Je reconnais que j'ai de la chance de vivre où je vis mais cela ne change rien à notre sentiment d'être privés de liberté et dans l'inconnu total en ce qui concerne le futur. Prends soin de toi.
Répondre
P
Je t'ai trouvé des idées de crochet ou de tricot. ;)
https://www.boredpanda.com/tiny-crochet-cat-couches/?utm_source=feedly&utm_medium=referral&utm_campaign=organic
Répondre
J
S'exprimer fait du bien et tu as eu raison de le faire. Tu dis les mots que nous prononçons tous mais avec brio. Je sais que c'est difficile car nous vivons, je pense pour la première fois, une expérience semblable que nous soyons ici ou ailleurs. Je vis seule également et à part les mots échangés de loin avec des voisins et les courses alimentaires je n'ai plus de contacts depuis bientot deux mois. Je prends mes ressources en moi meme et je suis certaine que tu en es capable. Le monde d'après n'est pas envisageable car à part les scientifiques personne ne sait. C'est ainsi mais concentrons nous sur ce que nous avons en remerciant le ciel d'etre en bonne santé. Les blogs sont aussi un excellent moyen de nous rapprocher et je trouvais le temps long de ne pas avoir de tes nouvelles. Tu nous en donnes, c'est bien car cela prouve que tu es en bonne santé!. Fais une caresse à ton Felix qui j'espère a retrouvé la forme et reçois les bises de la romaine
Répondre
M
Bonjour Thaddée, c'est vrai que nous traversons une période difficile que nous n'aurions jamais imaginée vivre un jour. Pourtant, des spécialistes alertaient régulièrement sur un risque de pandémie, résultat d'une mondialisation incontrôlée... Tu n'as pas à regretter d'être confinée à Sète. Tu vas bientôt pouvoir reprendre tes escapades dans ta ville préférée et le masque ne sera nécessaire que dans le bus ou les magasins. Bien sûr, il faudra éviter les endroits trop fréquentés...Personnellement, à part les balades à vélo et les promenades à la plage, le confinement ne me dérange pas vraiment puisque j'ai l'habitude de travailler chez moi, sauf cette satanée attestation que je serai contente de ne plus avoir à remplir ! Et continuer à empêcher les gens d'aller à la plage est une aberration qui ne tient pas compte des spécificités régionales. Notamment en Normandie ou dans le nord où les plages s'étendent sur des dizaines de kilomètres ! J'espère que Félix va bien. Merci de lui faire une caresse de ma part.
Bises
Répondre
L
coucou thaddée ; je me doute bien que le confinement est terrible ,mais bientôt tu pourras enfourcher ton scooter et respirer le grand air à pleins poumons :) même maintenant tu peux sortir une heure :) visiter ta chère ville ; c'est vrai que la vie ne sera plus la même pendant longtemps , mais l'humanité a déjà connu des épidémies et la vie a continué :) tu retrouveras la joie de vivre :) gros bisous lointains
Répondre
N
Chère Thaddée.
Ne te voyant pas sur les blogs depuis quelque temps, j'ai crains que tu ne sois malade, et j'avais prévu justement de t'écrire aujourd'hui quand en ouvrant mes mails je vois et lis ton article si triste. Tout d'abord, ton poème est très beau. C'est bon de s'exprimer. C'est une solution donnée par des spécialistes, pour nous aider. C'est vrai aussi que bcp ont écrit leurs très beaux textes ou peint leurs plus beaux tableaux dans des moments difficiles !
Je comprends tout ce que tu ressens, pour plusieurs raisons. Mais d'abord, il serait bon que tous ceux qui parlent sur tous les plateaux tv ou autres, redisent ce qu'ils ont essayé de rectifier la semaine dernière et qui a fait bien des "dégâts" d'ordre moral, psychologique. En fait au tout départ, quand la date du 11 mai a été donnée, elle a été donnée (mais insuffisamment expliqué) comme étant la date du début progressif du déconfinement, qui, nous a-t-on dit, serait très lent et surtout en fonction d'éventuels nouveaux malades. Mais il fallait absolument commencé à desserrer le confinement, car cela devenait trop dur pour beaucoup de personnes. En règle générale ces paroles pas assez précises ont été interprétées par quasi tout le monde comme étant DECONFINEMENT. Des médecins sur les plateaux ont dit "ATTENTION" et ont voulu et demandé qu'on rétablisse la réalité, car les chiffres de malades graves ne baissaient que doucement, et ils craignaient de ne pouvoir alors faire face à de nouveaux, plus les malades dont les opérations avaient été repoussées, et qui devenaient urgentes. Je suis vraiment désolée de ce que tu passes.
Je te comprends doublement, car moi aussi j'ai eu et j'ai encore des difficultés. Pourtant je suis habituée à vivre seule …. non pas seule … puisqu'avec une gentille minette. D'autant que depuis un an bientôt j'ai dû abandonner mon bénévolat, suite à mon dos qui me fait de plus en plus mal et me pose des problèmes pour me déplacer au centre ville, même prendre le bus (kiné fermée bien sûr). Mais ce qui m'a été pénible dans ce confinement, c'est le fait que les personnes (déjà rares !) ne franchissaient plus ma porte ; j'avais l'impression d'être devenue pestiférée. Je te passe les disputes, incompréhensions etc. comme si les gens étaient devenus agressifs. Même Micky semble changée ! Elle recommence à se cacher sous le lit quand on sonne, elle dort bcp, ou reste sur sa chaise (qu'elle dépiote pourtant avec plaisir !) ; elle semble s'ennuyer du Papa du jeune ado que j'avais en accompagnement scolaire, qui jouait beaucoup avec elle, et m'aide à la conduire chez la vétérinaire ; heureusement ns y avions été juste avant le début du confinement. Mais en plus Mademoiselle me fait (entre des caresses !) des bêtises : notamment pipi sur le fauteuil ou son coussin fraîchement lavé, tous les jours en ce moment ! Comme si, elle aussi, ressentait ce rythme anormal, ces rares visites qui s'arrêtaient au pas de la porte ! Ce à quoi s'ajoutait la difficulté de trouver une livraison sur le e.commerce puisque je ne peux me déplacer ni porter. J'en passe. Ce n'est pas la peine d'en ajouter. Sauf que je n'avais guère envie d'écrire, y compris sur mes blogs.
Puisque l'on parle de carte de France en 2 couleurs, je pense et te souhaite que ta région soit verte, tandis que nous, en région parisienne, ce sera sans doute rouge + les consignes pour les + de 65 ou 70 ans, on peut comprendre mais bcp à dire. Tant de personnes de ces âges tiennent des associations et autres, et même chez les députés, sénateurs, journalistes etc. Les infos changent souvent, car les médecins découvrent tjs du nouveau ; mais nous nous sommes pris un peu tard à côté des Pays Voisins.
J'ai bien pensé aussi à ton Félix, tu sais que je l'aime bien. J'espère et te souhaite qu'il se maintienne. STP fais lui une caresse de ma part. De tout cœur, je te souhaite bon courage et dans quelques jours tu pourras sortir au moins un peu plus et mieux. Ils vont élargir la possibilité de se "promener" jusqu'à un rayon de 100 kms. Gros bisou.
Répondre
C
Je viens de relire votre billet ...
C'est triste et angoissant oui, mais le soleil reviendra.
Pour le présent, il faut se protéger et être prudent.
Jamais je n'aurais pensé vivre cela ... pour moi les épidémies de grande ampleur non contrôlées appartenaient au passé.
Oui c'est vrai que plus jamais les choses ne seront comme avant. Nous découvrons petit à petit ce que sera demain.
Pour le présent, il nous faut accepter de limiter nos envies pour survivre à cette période.
C'est difficile, mais on va y arriver, tous ensemble.
Grace à Internet et aux moyens modernes de communication, nous pouvons garder des liens avec les autres, avec le monde.
Beaucoup de propositions sont faites, beaucoup de générosité aussi de la part de beaucoup, beaucoup de solidarité. Alors c'est sûr que lorsqu'on vient d'arriver dans une ville, c'est plus compliqué car on n'a pas encore eu le temps de créer des liens sur place ..

Alors, il ne faut pas laisser tomber le blog, au contraire il est une ouverture sur l'extérieur et on vient y lire des "morceaux de vie" qui ouvrent sur le rêve ... même en y découvrant la dernière brassière-panty tricotée avec soin pour un poupon de la petite famille ;)

Je fais une caresse à Félix, j'espère qu'il va bien maintenant.
Bises
Chatdesîles
Répondre
K
Ma chère Thaddée
Je suis peinée de lire ton profond désarroi... Et je m'en veux un peu de ne pas être venue chez toi pendant ce laps de temps où tu craques... Pourtant ce n'est pas faute de ne pas penser à toi. Je ne t'oublie pas. J'ai ta petite Choupinette devenue ma Choupinette sous les yeux en permanence. Et je comprends car ce que tu écris de ce que tu ressens, je le pense aussi. Depuis quelques jours, je ne me sens pas bien non plus. Me posant les mêmes questions que toi, en me faisant les mêmes réflexions... Plus de liens sociaux, plus de liens amicaux, plus de liens familiaux... Il y a le téléphone, Internet, mais cela ne suffit pas... Tu ne profites pas de Sète... Je ne profite plus non plus de Guéret. Je me suis bien intégrée depuis mon installation ici et toutes mes activités (danse, sorties et loisirs au sein d'associations... ) C'est trop triste. J'ai aussi l'impression que tout s'est écroulé... Quelle galère !
Je t'embrasse fort. J'espère que ton Félix va bien.
Répondre
Z
J'espère chère Thaddée que tu te remettras de cette épreuve , l'essentiel est d'abord de rester vivants , je pense à toutes ces personnes qui n'iront plus nulle part et qui sont parties seules laissant leurs proches dans une grande détresse presque coupable.
pour ma part , étant une solitaire et une silencieuse et ayant le privilège d'avoir un jardin , je ne peux pas dire que ce confinement m'ait affectée au quotidien et je crains beaucoup plus le déconfinement et sa déferlante! Plus que cette quarantaine c'est le chagrin de perdre ma petite Zaza qui me dévaste . Un mois déjà et mon chagrin reste le même , dur et violent . J'espère que ton Félix va au mieux ainsi que les Titis .
J'aime ton vent de sable et ton tricot. Je t'embrasse Thaddée . Ps: Ah, nouvelle du jour OB est réconcilié avec yahoo, j'ai reçu ta NL.
Répondre
M
Bonjour Thaddée.
Il faut sortir un peu, dans les limites autorisées et avec l'autorisation dûment remplie, profiter de ce court moment libre ... Même moi, disposant pourtant d'un jardin aux confortables dimensions, j'ai besoin de garder un contact avec la rue, le quartier, quelques rencontres, à saluer de loin, quand bien même on ne se connaît pas ... Mais il semble qu'une certaine connivence nous lie, à travers ce qui est imposé à chacun.
" Après ", j'ai compris que les plus de 65 ans (dont je fais partie depuis un peu plus d'un an) n'auront pas de contraintes plus sévères que les " jeunes ", mais il est conseillé de continuer à faire attention. Je m'inquiète davantage des limites octroyées par les maires des communes en départements " rouges ", et de savoir si le département où je vis sera classé " vert " ou " rouge " ...
Je ne sais pas comment vont Félix et les titis ... De mon côté, mon Dupont a eu un gros problème de santé (crise de pyroplasmose, dont il est porteur depuis longtemps) ... Je n'ai pas pu aller le voir, mais on me donne des nouvelles et le vétérinaire s'est déplacé, comme souvent en ce moment pour d'autres chevaux. Un traitement, et le moral ainsi que l'appétit reviennent, avec la santé. Mais, à son âge, je m'inquiète.
Encore de la patience ... Là, je commence à ressentir nettement une baisse du mental, alors que je me sentais plutôt " réactive " ...
Bises pour toi Thaddée, avec des pensées pour toi, Félix et les titis.
Répondre
E
J'imagine bien ta solitude qui doit être bien pesante au fil des jours...
Il faut vraiment trouver des occupations quotidiennes afin de ne pas trop penser à ce que pourrait-être demain. Heureusement tu as Félix pour te tenir compagnie et cela n'a pas de prix...
Notre balade quotidienne d'1h nous permet de profiter un peu de la mer et des étangs proches de la maison sans avoir à sortir du périmètre autorisé. Cela est cool !
J'aime ton "Vent de sable".
A bientôt sur la blogo et bon courage on va bien finir par sans sortir...
Bises
Répondre
V
contente d'avoir de tes nouvelles! tu ne te sers pas de l'autorisation de sortie? tu devrais, ça fait penser a autre chose, même si ce n'est qu'une heure... tu es quand même mieux à Sète qu'a Lyon, il y a moins de cas dans la région. il fat se dire que ça finira un jour. gros bisous Thaddée et caresse à Félix. cathy
Répondre
N
C'est vrai que je pensais à toi, seule avec tes petiots et Félix dont on n'avait pas de nouvelles .

A lyon, tu serais pareillement confinée, par contre pour la recherche de travail, c'est pas évident et même quasi impossible .

Je n'ai toujours pas pu aller au cimetière , et ne pourrais pas y déposer des fleurs... et cela me donne mauvaise conscience ......

J'avoue apprécier le confinement qui me permet de vivre à mon rythme ( lent ) sans contrainte en dehors d'aller récuperer le bécessaire tous les 10/15 jours . Mais j'ai la chance d'avoir un jardin ! comme Jean-Marc je suis une solitaire ..... de naissance ! L'inverse de mon frére l'extraverti , lui .....
Mes compagnons, sont les héros de mes lectures , et depuis le ois d'octobre je me fais un festival de lectures .....
il suffit que l'autorisation à remplir soit supprimé et c'est parfait pour moi ........

Bonne continuation, garde confiance en ton étoile, caresses à Félix, je t'embrasse

Nounou
Répondre
P
Ps : Et les oiseaux ? ;)
Répondre
P
Coucou Thaddée, je suis contente d'avoir de tes nouvelles, même si tu n'es pas d'humeur joyeuse.
Mais cependant tu peux marcher une heure autour de chez toi, dans une limite d'un kilomètre, et je suis sûre que sur un rayon d'un kilomètre tu aurais plein de choses à nous montrer, en tout cas plus que moi dans mon lotissement que désormais je connais par coeur !
Sur les blogs moi non plus je n'aime pas voir des photos "d'avant", encore moins des photos de voyages, je zappe, mais j'aime bien regarder les autres, ceux qui montrent leur vie toute simple au jour le jour, que ce soit dans leur jardin, leur appartement ou leur rue.
Et tu es bien mieux à Sète qu'à Lyon qui a coup sûr va passer en département rouge au moment du déconfinement... Et en plus j'ai juste 6 mois de trop pour être libre comme les autres. :(
Répondre
C
Ah enfin des nouvelles de vous Thaddée et de Félix.
Je m'inquiétais en effet de ne pas voir de nouvel article ...
Je n'ai pas le temps maintenant (12 h 42 et je dois aller à la cuisine), mais je reviendrais ...
A très bientôt
Répondre
J
Au travers de ce texte et du poème tu as ressenti le besoin de t'extérioriser, d'exprimer tes émotions, une certaine détresse aussi. De "vider ton sac". Je comprends ce que tu dois ressentir, tu sais aussi que le confinement est sans doute un peu moins dur pour toi là où tu es actuellement, plutôt qu'avant.
Je pense aussi aux victimes, qu'elles soient de la maladie ou des conséquences économiques, beaucoup de choses vont s'écrouler et des personnes verront disparaître ce qui semblait toute leur vie.
Bien triste en effet. Mais révélateur de la fragilité de notre modèle de fonctionnement aussi ...
Je crains moi aussi la fin de cette période, mais , comme tu le sais, mon caractère très solitaire et peu enclin à me mêler à une foule m'a bien aidé. J'avoue un peu égoïstement avoir très bien supporté et davantage redouter le retour au bruits, au monde, aux cris, aux avions dans le ciel, aux voitures que les moments actuels. Je me rends compte être fait pour de telles périodes de calme et de tranquillité. Mais je comprends que cela soit très dur pour beaucoup.
J'espère tout de même que tu surmonteras ces moments, j'espère aussi pour Félix bien entendu.
Courage, il faut tenter de voir le positif amené par chaque moment , y compris dans les épreuves.
Répondre
D
C'est vrai que c'est très dur la solitude, ne parler à personne, avoir des idées qui tournent en rond dans sa tête, se demander ce que l'avenir nous réserve. Il y aura certainement beaucoup de personnes laissées sur le carreau, beaucoup de faillites, mais je veux croire que nous avons quand même un avenir, différent du temps passé, où il faudra prendre des précautions, éviter de se déplacer trop loin, il faut quand même espérer que nous aurons encore du bon dans nos vies. Ne pense pas aux "funestes nouvelles". Fais un gros câlin à ton Félix de ma part. Je t'embrasse.
Répondre
M
Bonjour à toi ! J'ai mal de te lire ce matin ! Je comprends tout ce que tu dis cependant le pessimisme ne fait pas partie de mon mode de vie car je l'ai trop battu durant des années après mon divorce des plus difficiles ! Donc voilà pourquoi je n'écris jamais longtemps mes états d'âmes pour justement ne pas alerter et faire mal à des gens qui gèrent moins que moi cet état de tristesse !
Je sais cependant que tout ce que tu dis est totalement vrai pour toi et pour nos ressentis à tous pratiquement !
Il ne faut pas que tu me juges sévèrement si je n'ai pas pris plus que ça de tes nouvelles et de celles de Félix dont je me souciais beaucoup cependant, pour la simple et bonne raison que je n'aime pas remuer le couteau dans la plaie !
A l'occasion de ton article, permets-moi simplement de te demander de ses nouvelles à ton petit mignon poilu, j'aime tellement les chats ! (et tous les animaux d'ailleurs....)
Je pense que bien sûr, nos petits travaux et articles"légers" peuvent paraitre très décalés en ce moment, mais moi je pense que si cela nous fait du bien en même temps ça ne fait de mal à personne !
ça n'empêche pas de faire du bien autour de soi, ça y ajoute au contraire sans pour autant aimer se propulser au rang des "généreux partageurs", je n'aime pas ça non plus me mettre en avant pour les choses qui seraient considérées comme bien. La discrétion et l'empathie font partie de moi même si je ne déploie pas des masses à le faire voir.
Je pense que chaque être sur Terre à condition qu'il ne fasse pas de mal à autrui est toujours quelqu'un d'exceptionnel et de précieux et tu en fais partie !
J'ose me permettre de te suggérer de reprendre tes loisirs sans plus te poser trop de questions dévastatrices, toi, qui comme moi vis seule dans cette "guerre mondiale" voulue ou pas, va savoir ....
Reçois mes amitiés virtuelles mais non moins vaines ! Bisous
Répondre
T
Coucou Margotte, tous ces jours je n'étais pas prête à rédiger un article et puis ce matin je l'ai ressenti comme une nécessité, j'avais besoin de l'écrire noir sur blanc, pour me libérer d'une grande pression. Ce matin j'ai craqué, point de rupture, le trop-plein de silence et de solitude, le trop-plein d'enfermement, le trop-plein d'inquiétude et de découragement. Jour après jour je me construis une petite vie bien tranquille, je tricote énormément, j'ai connu des joies et des peines comme tout un chacun, vaille que vaille j'arrivais au bout de mes journées avec le sentiment d'avoir fait ce que j'avais j'avais à faire. Ce matin, crac. C'est parti d'un rien, c'est parti de Félix qui urine tout le temps en dehors de sa caisse, ce qui m'oblige à nettoyer à fond derrière lui chaque fois, et je me suis rendu compte que je n'en pouvais plus, que ma vie se bornait à nettoyer, je sais que j'exagère et que je suis injuste mais c'est le ressenti qui m'a fait exploser. Quand je suis à bout de nerfs je me précipite dehors soit à scooter soit à pied pour évacuer les tensions mais là ce n'est pas possible ... Il ne me restait plus qu'à l'écrire. Félix va son petit bonhomme de chemin, ce n'est pas tous les jours facile. Heureusement que j'ai mes zanimo. Je leur parle à eux. Mais j'ai atteint mes limites. Bref, juste un coup de déprime, ça devait éclater un jour ou l'autre, depuis des semaines je ronge mon frein. J'attends le déconfinement autant que je le redoute. Peut-être ne devrais-je pas dire ça sur mon blog, peut-être aurais dû me borner à montrer mes tricots, mes poèmes, mais c'est plus fort que moi, de tout temps j'ai exprimé mes émotions, mes sentiments, et ce n'est pas près de s'arranger. Toi tu t'es retirée du net pur de bonnes raisons. Moi je me suis retirée parce que j'étais inapte à communiquer sereinement. Sans doute aurais-je continuer à garder le silence ... Je t'embrasse bien fort et j'espère que tu continues à tricoter pour tes poupettes et que nous verrons bientôt tes réalisations sur ton blog.
J
Hello Thaddée, très heureux d'avoir de tes nouvelles ! Je me demandais s'il ne t'étais pas arrivé quelque chose....Comme, je comprends, c'est quand même pas la joie. Et toute seule en plus (avec tes petits compagnons ). Moi aussi, je craque souvent. Je ne supporte pas la suppression de liberté !! Et pourtant, comme tu sais, je ne suis pas seul : j'ai mon épouse, Marie-Madeleine et notre chère Frisquette...J'essaie de continuer à écrire. Mais je ne sors plus : je ne veux plus voir ce monde qui n'est pas le mien. Et je ne supporte plus tous ces discours, discussions (fait un tour sur facebook, c'est édifiant). Ceux à qui je pense le plus, c'est à tous ceux qui ont fait faillite, qui ont tout perdu.....Allez courage malgré tout et grosses bises, Jean-Pierre
Répondre
T
Bonjour Jean-Pierre, oui, ceux qui ont fait faillite. Je pense à mon voisin le barman de Sainte-Foy qui travaillait d'arrache-pied du matin au soir, et qui va perdre son bar c'est certain. Je pense à tous ces bistrots, ces restaurants, qui ne vont pas survivre à des mois de fermeture. Tu vois j'aime bien ma tranquillité mais comme tu dis, être privé de sa liberté c'est pire que tout. Moi qui aime tant aller et venir ... Je ne sors que pour faire les courses. Alors le 11 mai autant te dire que j'enfourche le scooter et que je vais rouler jusqu'à peut plus. La solitude, quel poids, ne parler à personne, avec les pensées qui tournent en rond ... Oui je craque. Je crois qu'on en est tous un peu là. On n'en sortira pas indemnes. Heureuse d'avoir de tes nouvelles et de celles de ta petite famille, je vous embrasse bien fort et bon courage pour les derniers jours de confinement.