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Le blog de Thaddée

"Ce qui parle le mieux de nous, ce n'est pas ce que nous disons, c'est ce que nous faisons. Je fais des livres qui parlent de moi sans le dire." TS | Actualité OB Kiwi et plates-formes de blogs, Déco blogs, Balades à Sète, Chroniques lyonnaises et fidésiennes, Escapades, Histoires de chats et d'oiseaux, Littérature, Photographie, Société, Poupées, Tricot, La vie ... Communauté : "Victor & Victoria", esprit shabby chic, romantique et cosy.

Déclinaisons d'un psychodrame

Publié le 30 Mars 2009 par Thaddée's dans Journal d'un écrivain

 

L'écriture littéraire, en tout cas la mienne, pour autant qu'elle s'attache à rapporter des faits ayant existé, prend toutes sortes de libertés vis-à-vis de cette réalité. Déjà, parce que cette réalité-là fut à l'époque vécue, perçue comme en un rêve éveillé (mécanisation du sujet). Ensuite, parce que ce sont cristallisées sur le noyau du vague souvenir d'indénombrables émotions qui puisent aux sources du fantasme et du questionnement. Enfin, parce que je ne veux pas, je ne peux pas, rapporter sèchement les faits bruts. Si je le faisais, je ne serais plus dans la littérature mais dans l'autobiographie et ce n'est pas du tout mon terrain de prédilection.

Mais encore, chaque lecteur interprète mes textes à travers le prisme de sa propre histoire et de son propre ressenti. Chacun de mes textes, pour peu qu'on s'y intéresse, on m'en dépossède, on le fait sien.
Voilà quelques unes des raisons pour lesquelles l'écriture littéraire n'est en rien la fidèle transcription d'un fait donné mais bien plutôt miroir déformant d'une réalité déformée.
Ce n'est pas mentir qu'écrire de la poésie (ou tout autre genre littéraire). Ce n'est pas travestir la vérité. C'est rendre possible, avec la complicité du lecteur, l'existence de mille vérités.

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Dans le noir

Publié le 30 Mars 2009 par Thaddée's dans Poésie 2009 Collapsus

 

C’est tous les jours dimanche

Depuis que t’es plus là

Je marche sur les planches

De ma cabane en bois

Cercueil de mon enfance

Et toi ?

 

Habites-tu ce monde

Ou bien dans l’au-delà

Dis-moi, où est ta tombe

Dis-moi quelle est ta croix

Je ne sais rien de toi

Et telle est ton absence

Sur cette terre immense

Qu’importe peu ma foi

Que tu existes ou pas

J’ai froid

 

Je cherche ma revanche

Sur des chemins de croix

Terreau des souvenances

Où Lucifer fait loi

Sans toi.

 

© 2009 Collapsus, TS

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Ma littérature profane

Publié le 29 Mars 2009 par Thaddée's dans Suivi des Fragments

 

Titre initial : Née de mes lectures de jeunesse, ma littérature profane (à propos de Fragments d'une vie brisée)

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Tout ce que j'ai su de la Grèce avant d'y avoir été, je l'ai découvert dans un livre : Éros en Grèce, Textes de John Boardman et Eugenio La Rocca, Photographies d'Antonia Mulas, Robert Laffont, 1976.
L'amour dans l'art et la civilisation, en Grèce : ...
"Quelque chose qui guérisse le malade et console l'affligé, qui ranime le souvenir chez tous ceux qui ont été amoureux et instruise ceux qui ne l'ont pas été. Car personne n'a jamais tout à fait échappé à l'amour, et personne n'y échappera jamais, tant qu'existera la beauté - et des yeux pour la voir."


J'y appris le sens de mots encore inconnus de moi : Erastai, littéralement "ceux qui aiment. Ermenoi, littéralement "ceux qui sont aimés". Symplegma, littéralement : "enchevêtrement", d'où sa référence, par extension, aux groupes érotiques.
J'appris à reconnaître les vases :
aryballos, amphoriskos, hydria, kantharos, karchesion, kylix, lekythos, oinochoé, péliké, psykter, stamnos.


A la même époque, je lus L'été grec de Jacques Lacarrière et  La couronne et la Lyre, Anthologie de la poésie grecque ancienne, traduction de Marguerite Yourcenar.

 

eros-en-Grece.jpgl'été grecla couronne et la lyre

 

Mais l'amour des temples et des vieilles terres nous vient-il des livres ? Je partis en Grèce et crus y reconnaître ma patrie. La blanche Athènes, Délos l'île-musée, Mykonos l'île au pélican, l'âpre Cythère, et Nauplie, Sparte, Delphes, Olympie...

Pour trouver mon chemin je m'appuyais sur un ouvrage des plus précieux, qui retraçait l'historique du moindre village perdu dans la montagne. Ce n'était plus Éros en Grèce mais les guides bleus, Hachette, 1979, Grèce.

 
Un pavé de 850 pages écrit tout petit tout petit. Si petit que pendant des années je ne lus pas la page 359 jusqu'au jour où.


Cap Sounion - Laurion, Lavrion.
Le Laurion est peut-être le plus ancien témoignage de ce qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui la pollution industrielle...


Mais quel était donc cet endroit qui déflorait brutalement ma vision idéale de la Grèce ?


Le Laurion, source d'argent et trésor de la terre.
Quelques athéniens y firent de grosses fortunes. Pour y travailler, il y eut jusqu'à 10 000 et même 20 000 esclaves, achetés par les industriels sur l'Agora d'Athènes, où des ventes avaient lieu à chaque nouvelle lune. Durement traités, ils devaient vivre sans famille, afin de réduire les frais d'exploitation.


La lecture de ces trois lignes donna naissance à mon récit Fragments d'une vie brisée.

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Extrait des "Fragments" + Diaporama 2007

Publié le 28 Mars 2009 par Thaddée's dans Suivi des Fragments

 

Corruption des cités qui ne s’embarrassent pas de principes et se vouent, comme aux banquets, sous des lustres, au fumet des chairs pantelantes, aux jeux de la bouche et du ventre, en se vautrant dans les plats à dessert, les saucières et le vin renversé. Stupre et crasse mélangés. Fins de nuit décadentes.

Gras bien blanc, abattis à point, matelotes d’anguilles, bouchées de requin, boudins de cochon, vous êtes ce que vous mangez. Vous n’êtes pas moins ce que vous excrétez.

Et la lotion d’iris où vous trempez vos doigts ne vous blanchira ni de vos lâchetés, ni de vos crimes. Soyez maudits……………

(c) 2009 - Extrait de Fragments d'une vie brisée - Thaddée Sylvant

 

 

 

 

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Les livres qu'on ne publie pas / Apertura

Publié le 27 Mars 2009 par Thaddée's dans Journal d'un écrivain

 

 

Crypties, couv-products-16341 copieLes livres qu'on ne publie pas nous pèsent sur le coeur jusqu'à la nausée. Impossible d'avancer.

 Depuis des années mon entourage ne me demandait plus : "tu écris en ce moment ?" mais me demandait : "quand est-ce que tu te fais éditer ?" Et j'étais dans l'impasse, à stagner.

M'auto-éditer chez TheBookEdition est une étape importante, pour ne pas dire nécessaire : elle me permet de jalonner mon chemin de livres finis, elle me permet de tourner la page et d'envisager l'écriture prochaine d'un nouveau roman. Comme on dit, ce qui est fait n'est plus à faire.

Fragments d'une vie brisée, depuis que j'en parlais autour de moi, ça devenait absurde de ne pas le donner à lire. Il m'a fallu des années et des années avant d'en arriver là. Je crois tout simplement que je me suis dit : c'est le moment. Ce sont des choses qu'on sent.

Dans la foulée, j'ai regroupé mes textes poétiques, éparpillés sur l'ordinateur, sur des feuilles volantes, dans un cahier rouge, et sur

bien d'autres supports. C'est en sélectionnant ceux que je voulais publier, que j'ai retrouvé la première version du poème Il y aurait une arche. J'ai très vite compris que j'avais définitivement perdu la version revue et corrigée. Cette perte a dopé le besoin déjà pressant d'en finir une fois pour toutes avec ma poésie. Je voulais tirer un trait. Quoi de mieux, pour tirer un trait, que de tout mettre dans une boîte avec une étiquette collée dessus : Crypties.

Certains se souviennent peut-être que sur OB je regroupais sous ce titre des textes pour la plupart codés. Codés pourquoi ? Parce que sur un blog on ne peut pas se permettre de tout montrer. Par contre un livre s'autorise à tout dire, parce qu'un livre établit une distance respectable entre l'auteur et son lecteur.

Au départ, mon recueil devait s'intituler Chants Phlégréens, comme mon blog. Ça n'allait pas. J'ai fini par choisir de l'appeler Crypties.

Crypties, est un ensemble de textes qui ne présentent aucune espèce de cohésion. Il n'y a pas de fil conducteur, il n'y a pas de ligne directrice. Les zanimo de la maison y cohabitent joyeusement avec mon tragique Apertura. C'est juste une suite de textes d'inspiration plus où moins sombre qui s'inscrit dans une certaine durée, et que j'ai publiés dans l'ordre chronologique.

De nombreuses personnes ont inspiré ces poèmes : mes proches, des blogueuses, des blogueurs, des fantômes du passé. N'y cherchez pas d'aveu, de confession, n'y voyez pas révélé ce que je suis ou ce que je pourrais bien être, ni même ce que je pourrais bien vouloir dire. Moi-même, j'en suis toujours au stade du questionnement.

Certains de ces textes pourront choquer, si l'on oublie que je fait le jeu de l'écrivain.

Je crois que l'écriture, du moins la mienne, ensorcelle la réalité. Au départ je tiens un sujet : quelqu'un, quelque chose, quelque part, et la distance se creuse entre ce sujet, et sa transcription. Mais n'est-ce pas le propre de la poésie, que de nous promener dans un palais des glaces ? Où est le vrai.

Une maison sans murs, une barque qui prend l’eau, un silice de crin, Sibylle dans sa crypte – où est le vrai ?

Mes traversées du désert, ce couteau dans ma poche, et ce papier à lettre sur lequel serait écrit : ce que je rêvais d’être, que je fus peut-être, et que je ne suis plus.

Crypties, je crois, fait la part belle au fantasme. Et les fantasmes sont toujours un peu difficiles à décrypter.

 

 


 

Apertura

 ~~~

Coupable / De quel crime / Les récifs de corail / Et les perles de nacre / Ont écroué mon cœur / J’ai la conscience / Tranquille

Je porte à mon cou / Le caillou du scandale / Mais les cris de rancœur / A la merci du sable / Se tassent / Et s’assourdissent

Ainsi tes sandales de cuir / Dont j’ai perdu la trace / Et qui restent l’écueil / Des antiques spectacles / Et du trac / En public

J’ai barré tout ce temps / Par les nuits sans étoile / Mais un vent de panique / A retourné ma barque / Les forces / Me quittent.

 ~~~

© 2008 Crypties, 2008

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Irréversible

Publié le 26 Mars 2009 par Thaddée's dans Poésie 2009 Collapsus

 

Arène

Arène vide

Des bacs à sable

Mes seaux et mes râteaux

Enterrés

Dans le parc

Copeaux de mémoire

Sur des lacs

Opaques

Mépriser l’Achéron

Jusqu’à vaincre

Le trac

Et là

Sous les platanes sombres

Est ma très vieille enfance

Et reliques de moi

Se noient lentement

Dans la cabane en planches.

© 26.03.09 Collapsus, TS

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Déchirures

Publié le 23 Mars 2009 par Thaddée Sylvant dans Suivi des Fragments

Observation d'une de mes visiteuses : "Tu sembles bien aimer la fracture, la déchirure, un regard sur le monde amputé...La souffrance à fleur de la matière comme si elle ne pouvait s'incarner sans elle! Il y a là quelque chose d'insupportable...Mais la facture est très belle!"

 

Ma réponse  : En effet, je me tourne souvent du côté de la fracture et de la déchirure, qu'elle soit exprimée dans l'art (peinture, sculpture)  ou par écrit (roman, poésie). A fortiori sur ce blog consacré à mon récit " Fragments d'une vie brisée" dont le seul titre est évocateur d'une brisure. Ma démarche et mon cheminement sur ce blog restent aussi proches que possible du propos du récit. Si je m'attache à montrer des oeuvres d'Igor Mitoraj, par exemple, c'est parce que certaines d'entre elles ont cet aspect blessé, fragmenté, que l'on retrouvera dans les pages de mon livre.

[...]

De même, je présente quelques images de la mythologie grecque et de ses monstres fabuleux : faunes, centaures, sirènes... toujours dans le souci d'offrir un contexte visuel, à peu près documenté, au récit que j'ai écrit.
On a dit de ma littérature que c'était une littérature profane. En remettant , de la main à la main, un exemplaire de mon livre à l'une de mes lectrices, j'ai jugé bon de la prévenir : à l'époque où vivait mon Sans-Nom, Dieu n'existait pas. S'il y avait eu Dieu c'est lui qu'il aurait prié. Il a prié les dieux de son époque, et ces dieux-là ne l'ont pas écouté.

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Ecrire, qu'est-ce que c'est

Publié le 1 Mars 2009 par Thaddée Sylvant dans Journal d'un écrivain

Je voudrais dire encore : écrire, dire qu'on écrit, montrer ce qu'on écrit, publier ce qu'on écrit, partager ce qu'on écrit, c'est prendre un risque. C'est : se démasquer, s'exposer à la critique, encaisser le silence qui juge et les mots qui font mal. C'est : douter de la sincérité des éloges. Se dérober aux questions trop pressantes et trop indiscrètes. Souvent répondre : je ne sais pas.
Écrivains nous sommes, disais-je. Ou plus simplement comme ditOrfée : Passeurs de parole. En quelque sorte messagers. Je ne conçois pas l'écriture autrement. Je n'écris pas. Mes livres s'écrivent à travers moi. Mes livres me traversent, en m'écorchant comme une lame. Ils m'ont tous fait tomber malade. Bien peu cependant ont réussi à me tirer des larmes.
Écrire. C'est être l'Outil de Quelque Chose qui nous Dépasse. Et quelquefois l'outil se rompt : rien n'aboutit. D'autres fois, l'outil se plie, plus ou moins docilement, aux rigueurs de l'ouvrage. Et le livre est fini.
Écrire : c'est malgré soi. Dans "Écrire", il y a le mot "Cri".

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