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Le blog de Thaddée

"Ce qui parle le mieux de nous, ce n'est pas ce que nous disons, c'est ce que nous faisons. Je fais des livres qui parlent de moi sans le dire." TS | Actualité OB Kiwi et plates-formes de blogs, Déco blogs, Balades à Sète, Chroniques lyonnaises et fidésiennes, Escapades, Histoires de chats et d'oiseaux, Littérature, Photographie, Société, Poupées, Tricot, La vie ... Communauté : "Victor & Victoria", esprit shabby chic, romantique et cosy.

Amor, 1ère partie Chap. II

Publié le 30 Septembre 2010 par Thaddée Sylvant dans Roman 2010 Amor

 

Chapitre II

Écris assis par terre à la lumière du jour

 

 

 

Toute la nuit, ma première nuit en prison, si choqué j’étais par ce brusque revirement de situation, commotionné par mon entrevue avec Pierre que je ne pus fermer l’œil. Je souffrais confusément d’avoir perdu ma vie d’avant, conscient, quoique si peu, d’avoir laissé là-bas des êtres chers, ma mère, un ami malade et peut-être d’autres personnes dont j’avais oublié jusqu’au visage et jusqu’au nom. Je me rappelais surtout, par saccades, avec une fiévreuse angoisse, des éléments du quotidien qui ne m’appartenait plus. Des meubles anciens, des livres rares et des paperasses dont il avait fallu me débarrasser mais j’ignorais dans quelles conditions. J’avais sacrifié mon existence entière à ce grand Commencement ainsi que le nommait avec son ironie douce-amère l’intraitable Pierre. Autant dire qu’en bradant aveuglément tous mes biens pour je ne sais quelle cause dont le sens dépassait mon entendement j’avais également mis au clou l’homme que j’étais avant le grand chambardement. J’étais désormais sans identité, couché nu sous le ciel. Un ciel réduit au format d’un mouchoir avec lequel il ne me restait plus qu’à sécher mes reniflements.

 

D’où viens-tu n’arrêtais-je plus de me demander avec une obsession pénible. Si tu te rappelais d’où tu viens, peut-être comprendrais-tu  enfin où tu es. Peut-être serais-tu libre de décider à tu vas. Mais comme dit l’autre, si tout est écrit, à quoi bon lutter pour te refaire une vie décente. Tu ne peux pas revenir en arrière. Si tout au moins tu pouvais obtenir des réponses aux questions que tu te poses. Mais Pierre est comme un mur qui te coupe du monde. Il est un obstacle à la lumière et à la vérité. Les trous noirs sont plus cléments que ce roc humain planté en travers de ton chemin.

 

Sur les coups de cinq ou six heures du matin je vis s’incruster la petite broche d’argent sur mon carreau noir. Mon premier rendez-vous avec l’étoile du matin. Blanche et brillante elle était en dépit du fort taux d’humidité qui voilait et brouillait la vitre. En étirant le bras au-dessus de moi je pus même sentir au bout de mes doigts la froide mouillure du verre  et s’écailler la peinture du cadre. Absent je léchai mes doigts pour retrouver le goût de l’air libre. Ce n’était qu’un peu d’eau mais qui me fit un mal de chien parce qu’il n’était plus question pour moi d’aller me balader dans les rues. A vrai dire il n’était plus question de rien. Je n’avais plus ni soif ni faim. Je n’avais pas non plus spécialement sommeil bien que je me sente affreusement fatigué. Et j’avais mal dans tout le corps, certes, mais noyé comme j’étais dans les vagues de la nostalgie je souffrais plus d’être séparé de mon passé que d’être logé à cette enseigne inconfortable.

 

J’avais envie de voir Pierre.

 

       

            [A suivre]

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Forteresse armée : passage secret

Publié le 30 Septembre 2010 par Thaddée Sylvant dans Les blogs et moi

Je voudrais dire à mes lecteurs ce matin, du moins aux deux blogueurs qui m'ont laissé des commentaires pendant les trois jours où j'essayais de tolérer (!) les interventions extérieures : vos commentaires ne sont pas effacés. Ils existent toujours dans mon administration. Seulement ils ne sont plus visibles que par moi.

On me dit d'humeur changeante. Je suis en effet très versatile. Surtout j'essaie de faire plaisir : vous regrettiez que mon blog soit fermé aux commentaires alors j'ai voulu vous permettre de m'en laisser. Mais au fond de moi-même je sentais que c'était une erreur. J'avais pris l'habitude, entre temps, d'échanger des messages privés avec certains de mes visiteurs. Et ça me convenait très bien.

Versatile donc mais finalement assez fidèle à moi-même. J'en reviens toujours à mes premiers choix, lesquels me semblent fondés : je crains les débats publics ; je leur préfère le tête-à-tête, certainement plus sincère et plus riche de sens.

En outre je n'ai pas le temps matériel de gérer les commentaires ET les e-mails. Cela représente beaucoup trop de lecture, c'est une charge bien trop lourde. Bloguer c'est une chose ; écrire en est une autre.

Et pour finir... c'est vraiment très frustrant quand on revient sur son blog (ouvert aux commentaires) de n'y trouver trace d'aucun passage. Ça, c'est propre à vous saper l'inspiration.

En conclusion je dirais : les com, c'est trop ou pas assez. Même si je n'ai pas à me plaindre (je n'ai jamais reçu de com futile du style : kikou poutou atal, traduisez coucou bisou à tout-à-l'heure) je trouve absurde et dérangeant qu'on commente en direct mes écrits sur mon blog : fait-on des commentaires (publics !) à l'auteur du livre qu'on lit chez soi au coin de la cheminée ? 

La critique négative publique (donc en com)qu'on m'a écrite à propos des Fragments m'a fait rompre avec l'écriture des mois durant. Ce n'est pas le but du blog ! Si j'ai un blog c'est pour faire vivre mon écriture et garder trace de mes écrits.

Les blogs créent du lien et favorisent les échanges. Le mien, tout fermé qu'il était aux commentaires, m'a permis de faire la connaissance d'un auteur et de discuter littérature à bâtons rompus.

Mon blog n'est donc pas complètement une forteresse armée. Mon blog reste ouvert aux avis privés.

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No comment

Publié le 29 Septembre 2010 par Thaddée Sylvant dans Les blogs et moi

No comment

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La Maison du Guet

Publié le 29 Septembre 2010 par Thaddée Sylvant dans Lecture Au coin du feu

Regret de ne pouvoir contrôler sa propre vie. La plupart du temps, vous n'agissez pas, vous réagissez.

 

La Maison du Guet  [Mary Higgins Clark]

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Amor, 1ère partie Chap. I (fin)

Publié le 27 Septembre 2010 par Thaddée Sylvant dans Roman 2010 Amor

- Eh bien marche et tourne en rond si c’est ce que tu veux conclut-il avec une esquisse de sourire. Bon courage l’Arpenteur.

 

Il me tournait le dos. Son départ me promettait la solitude. « Attends ! » jetai-je fiévreusement dans sa direction. Il s’était engagé déjà dans l’escalier. A mon appel il s’arrêta et se retourna de trois-quarts. Je ne distinguais plus les traits de son visage dans l’obscurité. Il ne me restait qu’à peser dans mon cœur serré la masse rassurante de son torse et caresser le regret de ses intonations chantantes et chaleureuses. J’avais peur du silence qui m’attendait. Je savais que j’aurais peur en son absence.

 

-  Qu’est-ce qu’il y a dehors, lui redemandai-je avec effroi. Est-ce que je peux venir avec vous ?

 

- Tu ne peux aller nulle part avec moi.

 

Sa douceur me terrifiait. J’aurais préféré qu’il se mette à crier pour m’empêcher de sortir. Mais il ne bougea pas d’un cil même lorsque j’eus franchi le seuil et descendu d’une marche l’escalier qui s’enfonçait dans le noir. « Tu ne peux aller nulle part avec moi » se borna-t-il à répéter complètement immobile en dessous de moi. J’avançai quand même pour le rejoindre. Il m’attendait. Dans l’ombre j’eus le pressentiment qu’il étirait le bras pour me soutenir ou m’attraper. Je tendis la main vers lui pour me guider au milieu des ténèbres. En tâtonnant je cherchai à toucher sa main, son vêtement, quelque chose de lui que je ne parvins pas à trouver. « Où êtes-vous ! lui criai-je entre frayeur et colère. Parlez-moi, guidez-moi avec votre voix ! » Je descendis encore quelques marches en me tenant au mur. Un souffle froid remontait des étages inférieurs avec un silence de mort. « Pierre ! » l’appelai-je fou d’angoisse. Il ne répondit pas. Je brassais de l’air vide. Il n’était plus là !

 

Alors arpente martelait sa voix dans ma tête toute froide. Ah mon Dieu mon Dieu ! me surpris-je à me lamenter en remontant les marches, une main contre le mur et l’autre sur la rampe. J’avais le vertige comme, aux jours de grand vent, sur l’esplanade au-dessus de la ville.

 

L’esplanade ! Le choc faillit me faire passer par-dessus bord. « Pierre ! l’appelai-je aux prises avec la plus affolante névrose qu’on puisse imaginer, je me rappelle maintenant ! Pierre, je voulais vivre ici, je me souviens de l’esplanade et d’une terrasse rouge avec des balustres bleus, c’est là que je voulais vivre, est-ce que c’est là que je suis ? J’ai réalisé mon rêve ? Dites !? C’est la réalité ? »

 

- Pierre !

 

Mais ne rivalisaient que ténèbres, vide et silence. En trébuchant de faiblesse je me hissai péniblement jusqu’à mon étage et me traînai vers ma porte ouverte. A l’intérieur de la minuscule pièce mansardée je m’affaissai tout hébété par la trahison du seul être qui ait réussi à me suivre ou me précéder jusqu’ici. Je m’y roulai sur le dos pour voir les choses en face. Et l’œil de verre était là. Un écran noir. Un miroir sans moi dedans.

 

          

              [A suivre]

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Blog et commentaires

Publié le 26 Septembre 2010 par Thaddée Sylvant dans Les blogs et moi

Vous êtes bien quelques uns, depuis la réouverture de mon blog, à regretter de ne pas pouvoir laisser de commentaires. Par conséquent je tente à nouveau l'expérience : vous pouvez désormais intervenir directement sur mes articles sans passer par les formulaires "contact" du blog.

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Amor (visuel)

Publié le 26 Septembre 2010 par Thaddée Sylvant dans Textuel Visuel

Textuel Amor prisonnier

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Ils racontent notre histoire

Publié le 26 Septembre 2010 par Thaddée Sylvant dans Journal d'un écrivain

Dimanche 26 septembre 2010 – Ecrire, c’est une question de temps. Quand le temps me manque j’écris de la poésie. Si j’en ai devant moi j’entreprends de rédiger une nouvelle qui sans faute se transforme en roman.

J’écris tous mes romans en état d’urgence. Comme si quelque chose de terrible allait bien pouvoir interrompre mon travail et tarir mon inspiration. Lorsque j’ai mis le point final à mon texte je me dis « ouf, c’est fini ». Depuis quelques années, finir d’écrire un roman représente plus un soulagement qu’une délivrance.

Ce matin en copiant un extrait d’Amor sur le blog j’ai pensé : « Encore un roman qui ne changera pas la face du monde. Est-il bien nécessaire de l’avoir écrit ? Qu’est-ce qui justifie son existence ? »

Il y a des questions comme ça qui vous sapent le moral. Mais ces questions sont inévitables.

Ce roman, Amor, n’a peut-être bien d’importance que pour moi. Puisque il raconte mon histoire.

Tous nos romans racontent notre histoire. Même les plus fous. Surtout les plus fous.

Les miens, en plus, m’aident à retrouver la mémoire.

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Amor, 1ère partie Chap. I (suite 2)

Publié le 26 Septembre 2010 par Thaddée Sylvant dans Roman 2010 Amor

- Est-ce que je suis… prisonnier ? demandai-je soudain très enroué.

 

Il s’écarta tout aussitôt de la porte pour m’en céder l’accès. « Non répondit-il d’un air passablement surpris. Je t’en prie, passe le seuil si tel est ton désir. »

 

Mais je me méfiais de la facilité déconcertante avec laquelle il me libérait le passage. « Qu’est-ce qu’il y a dehors ? » demandai-je avec une inquiétude rude. Il se retourna vers le palier sombre et l’escalier qui descendait dans le noir. A l’étage on n’entendait rien derrière les autres portes. « C’est la nuit dit-il doucement sans me regarder. Tu es fatigué. Dors un peu, repose-toi. Tu y verras plus clair demain matin. »

 

- Est-ce que vous reviendrez demain matin ?

 

- Je ne serai jamais très loin l’Arpenteur. Il te suffira de vouloir me rencontrer pour que j’arrive.

 

- Pourquoi est-ce que vous m’appelez l’Arpenteur ? J’aurais même perdu mon nom dans l’histoire ? Il en reste plus au chien qu’on sort du chenil sans sa gamelle et son os ! A lui il lui reste son nom !

 

« Et comment veux-tu donc t’appeler » me dit avec sévérité cet homme qui s’appelait Pierre et qui gardait sur lui, dans les profondes poches de son long manteau brun, d’indénombrables trousseaux de clés. De grosses clés noires écaillées par la rouille il m’en avait donné un aperçu en m’ouvrant la porte de la mansarde. Et ça ferraillait là-bas dedans au moindre de ses gestes, au moindre de ses pas, comme la funeste menace d’une captivité sans issue. « Tu te revendiques terrien, tu ne veux pas habiter au ciel. »

 

- Je suis ! terrien, lui criai-je âprement.

 

- Alors arpente me dit-il d’un ton dur, et tais-toi. Quand tu auras fait dix fois le tour de ce qui te reste, c’est-à-dire rien, compte là-dessus, tu reviendras à de meilleurs sentiments.

 

- Des menaces maintenant ? l’interrompis-je en ricanant. Si je veux je sors d’ici tu l’as dit toi-même.

 

« Tu as de la chance que je sois fatigué ce soir, ajoutai-je dans un accès de rage, les nerfs me lâchaient face à ce geôlier qui me jouait, je n'en croyais pas mes oreilles et mes yeux, son numéro de charme, sans ça je serais déjà parti. Mais tu verras demain si j’arpente encore ta piaule de trois mètres carrés, tu verras si je me couche pour mater le ciel à longueur de temps. Tu crois que c’est une vie de rester à ne rien faire ? Je ne veux pas de ton salut ! Je veux retourner d’où je viens !

 

Il ne bronchait pas. Ses yeux promenaient lentement sur moi des regards caressants. Je l’aurais tué.

 

- Dis quelque chose ! lui crachai-je au visage.

 

- Non dit-il sans reculer. Je t’ai dit tout ce que j’avais à dire. Là-haut, dit-il en tendant vaguement la main vers le carreau blafard, tu peux loger toute ta famille, tu peux mettre toutes tes affaires, engranger tes souvenirs et te bâtir un avenir.

 

« Mais ici-bas dit-il en tapant du talon par terre et en me fichant en travers de la figure un de ces regards par en-dessous dont il avait le secret, tu ne peux rien faire à part te replier sur toi-même et t’étioler comme une plante privée de lumière. Renonce à tes attaches terrestres.

 

- Jamais, articulai-je en le regardant droit dans tes yeux.

 

- Eh bien marche et tourne en rond si c'est ce que tu veux conclut-il avec une esquisse de sourire. Bon courage l’Arpenteur.

 

 

[A suivre]

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Les romans sortent du placard

Publié le 25 Septembre 2010 par Thaddée Sylvant dans Journal d'un écrivain

Samedi 25 septembre 2010 – Ce matin je touche à l’exaltation. Je sais de source sûre que deux lecteurs au moins suivront assidûment la publication en ligne de mon roman. Un blogueur et une blogueuse qui publient eux-mêmes un roman sur leurs blogs respectifs.

La perspective de mettre Amor en ligne stimulait son écriture. Mais savoir qu’il sera lu, par des auteurs qui publient aussi de leur côté, quelle émulation !

Un auteur a naturellement besoin de solitude pour écrire. Mais l’isolement n’est pas bon pour l’avenir de son écriture et de ses écrits. Lire ce que les autres ont écrit, échanger avec eux nos impressions, recueillir leur sentiment sur les textes que nous (leur) donnons à lire, tout cela participe à la construction de soi mais plus encore, c’est une réponse aux questions que l’on se pose dans notre quête éperdue de reconnaissance.

Il y a très longtemps quelqu’un me disait : « Être connu, c’est secondaire. L’essentiel est d’être reconnu. »

Tout au long de mon existence je n’ai cessé d’espérer, de provoquer cette reconnaissance dont nous, les auteurs, les artistes, nous avons besoin pour continuer à créer.

Hier matin ce n’est pas sans réserve que je publiais les premières lignes d’Amor. Ce matin c’est avec enthousiasme et confiance que j’ai mis en ligne quelques paragraphe encore !

Quel soulagement, de savoir qu’on n’a pas écrit pour rien.

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