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Le blog de Thaddée

"Ce qui parle le mieux de nous, ce n'est pas ce que nous disons, c'est ce que nous faisons. Je fais des livres qui parlent de moi sans le dire." TS | Actualité OB Kiwi et plates-formes de blogs, Déco blogs, Balades à Sète, Chroniques lyonnaises et fidésiennes, Escapades, Histoires de chats et d'oiseaux, Littérature, Photographie, Société, Poupées, Tricot, La vie ... Communauté : "Victor & Victoria", esprit shabby chic, romantique et cosy.

La disparition

Publié le 29 Novembre 2010 par Thaddée dans Récits Petits mystères au quotidien

Je ne sais pas mais je crois avoir compris

 

Je ne vous parlerai pas du cancer et des souffrances de mon ami. C'est privé. Mais je voudrais, dans cet article, rapporter les évènements de ce week-end.

Samedi 27 novembre, autour de 10:30, j’appelle l’hôpital où l’on a admis mon ami quelques jours plus tôt. Il m’a donné ce numéro commençant par 08 le mercredi 24 novembre.

Mercredi 24 novembre : c’est la dernière fois que j’ai ai entendu sa voix.

 

Samedi 27 novembre 2010

 

J’appelle, donc, et je tombe sur un serveur vocal : Si vous souhaitez parler à un patient, dites "patient" ; si vous souhaitez prendre rendez-vous, dites "rendez-vous" ; pour toute autre demande, merci de dire "autre demande".

- Patient, je dis.

- Patient, répète une voix détimbrée. Énoncez clairement le nom du patient à qui vous souhaitez parler. Par exemple, pour Marcel Blanchard, dites Marcel Blanchard ou Monsieur Blanchard.

- Albert Debraque, j’articule distinctement.

- Merci. Nous allons vous mettre en relation avec Albert Debraque.

 

Ça sonne. Après deux ou trois sonneries on décroche. J’entends une toux féroce à l’autre bout du fil. Ca m’effraie. Je sais qu’il tousse, mais à ce point…

- Bonjour Albert, je lui dis quand il s’arrête de tousser, c’est Thaddée.

Un bredouillement inintelligible répond à ces quelques mots, qui me gêne encore plus que sa toux.

- Comment vas-tu je lui demande.

- Oh ça va pas du tout, me répond-il, on m’a opéré ce matin…

Et s’ensuivent des tas d’explications auxquelles je ne comprends rien. Au bout d’un instant je l’interromps. Le doute, l’embarras, me remplissent du maladresse.

- Excusez-moi, vous êtes bien Albert Debraque ?

Quelques secondes passent.

- Ah non fait-il complètement déconnecté.

Je lui souhaite bon courage et je raccroche.

 

Je rappelle.

 

- Si vous souhaitez parler à un patient dites "patient" ; si vous souhaitez prendre rendez-vous…

- Monsieur Debraque, j’articule avec insistance au moment voulu.

- Merci. Nous allons vous mettre en relation avec Albert Debraque.

Ca sonne.

Occupé.

Je raccroche.

 

Je rappelle.

 

- Si vous souhaitez parler à un patient dites "patient".

- Monsieur Debraque, je répète le cerveau à moitié lavé.

- Merci. Nous allons vous mettre en relation avec Albert Debraque.

Ca sonne.

Ca sonne.

Ca sonne.

Dans le vide.

Je raccroche.

 

Je rappelle.

 

- Si vous souhaitez parler à un patient…

- Monsieur Debraque.

- Merci. Nous allons vous mettre en relation avec Albert Debraque.

Ca sonne.

Ca sonne.

Ca sonne.

Dans le vide.

Je raccroche.

 

Dans l’après-midi je rappelle.

- Si vous souhaitez…

- Patient.

- Patient, répète la voix détimbrée. Énoncez clairement le nom du patient à qui vous souhaitez parler. Par exemple, pour Marcel Blanchard…

- Monsieur Debraque, je dis d’une voix détimbrée.

- Pardon. Nous n’avons pas bien compris votre demande. Par exemple, pour Marcel Blanchard, dites Marcel Blanchard ou Monsieur Blanchard.

- Albert Debraque, je dis rageusement.

- Pardon. Nous n’avons pas bien compris votre demande. Souhaitez vous parler à Héloïse Albertin ?

- …

- Pardon. Nous n’avons pas bien compris votre demande. Souhaitez-vous parler à Héloïse Albertin ? Répondez par oui ou par non.

- Non ! je me récrie rageusement.

- Nous n’avons toujours pas compris votre demande. Nous allons vous diriger vers le standard, ne quittez pas.

Je ne risque pas de quitter. Ca vous tétaniserait n’importe qui ces histoires de fou. Une voix (humaine ! ) s’adresse à moi. Enfin.

- A qui désirez-vous parler ?

- Albert Debraque, lui dis-je avec reconnaissance et soulagement.

- Ne quittez pas je vous le passe.

Ca sonne.

Ca sonne.

Ca sonne.

Dans le vide.

Je raccroche.

 

Dimanche 28 novembre, le matin. Je rappelle l’hôpital.

 

- Bonjour et bienvenue… Si vous souhaitez parler à un patient…

- Patient.

- Patient, répète la voix détimbrée. Énoncez clairement le nom du patient à qui vous souhaitez parler.

- Albert Debraque.

- Pardon. Nous n’avons pas bien compris votre demande. Souhaitez-vous parler à Heloïse Albertin ?

- Non !

- Pardon. Nous n’avons pas bien compris votre demande. Souhaitez-vous parler à Adélaïde Georgette ?

- Non !!!

- Pardon. Nous n’avons toujours pas compris votre demande. Nous allons vous diriger vers le standard, ne quittez pas.

 

- Bonjour, me dit la voix humaine, à qui désirez-vous parler ?

- Albert Debraque, dis-je à bout de forces.

- Attendez. Je regarde.

L’effroi me glace jusque dans la moelle des os.

- Vous avez bien dit Albert Debraque ?

- Oui, je réponds d’une voix blanche. Albert Debraque.

- Il est sorti.

 

- Il est sorti je répète avec hébétude. Comment ça il est sorti ?

- Il est sorti hier.

- Mais où ! je demande, où il est allé ? Où est-ce qu’on l'a transféré.

- Je ne peux pas vous dire je ne sais pas.

J’étouffe. Je n’y vois plus clair.

- Est-ce qu’il est… décédé ? je demande sans forces.

- Je ne peux pas vous dire. Je ne sais pas.

Je raccroche.

 

Je rappelle chez lui : la messagerie est toujours saturée, on ne peut plus laisser de message.

 

 

Mercredi 1er décembre 2010 - 12:29

 

Je viens d'apprendre sa mort.

 

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L'orange, c'est tendance

Publié le 29 Novembre 2010 par Thaddée dans Photo et Vidéo

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   L'église du Bourg

  à Sainte-Foy (69)

 

 

      ... et un oranger en novembre

 

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Transes cryptées

Publié le 28 Novembre 2010 par Thaddée dans Poésie 2010 Crisis

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               Image donnée par Mistic

 

Des garçons aux cils noirs danseraient sous la lune

Autour d’un feu de pierres d’ossements et de plumes

  

Tabou Tribu Totem

 

A la lueur des torches des hommes torse nu

Tordraient entre leurs doigts de longs serpents de corde

 

Tabou Tribu Totem

 

Et des pierres d’Alun dérobées aux carrières

Importent la Syrie dans des cubes de givre

 

Tabou Tribu Totem

 

Oscillent balanciers des pendules d’argent

Les garçons aux cils noirs ondulant sous la lune

 

Tabou Tribu Totem

 

Une pierre d’Alun sur un autel de pierre

Injecte sa lumière à notre nuit polaire

 

Tabou Tribu Totem

 

Toi tu les attendrais tous ces jeteurs de sort

Les cils perlés de froid figé devant la mort

 

Tabou Tribu Totem

 

Les sorciers dansent nus sous le feu qui s’élance

Ils se couchent brûlants sur l’acier froid des lances

 

Tabou Tribu Totem

 

Et les tribus en rut se rouleraient par terre

Hululent des femelles aux seins perlés de lait

 

Tabou Tribu Totem

 

Qui portent dans leur ventre une ombre de sorcier

Passe à travers le ciel un bien obscur présage

 

Tabou Tribu Totem

 

Les aigles tournent court sur les cimes aiguës

Vois-tu sous le totem ramper le chat sauvage

 

Tabou Tribu Totem

 

Je t’invente une histoire que tu n’écoutes pas

Une histoire de fou Il était une fois

 

Mais je perds la mémoire et ne me souviens plus

Tabou. Tribu. Totem. Tabou. Totem.

                   Tribu.©

 

 

                                           © 2010 Crisis TS

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Aqueduc romain du Mont Pilat

Publié le 28 Novembre 2010 par Thaddée dans Photo et Vidéo

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Plus que tout

Publié le 28 Novembre 2010 par Thaddée dans Poésie 2010 Crisis


Neige en florilège
 

Mais plus que cela même
 

Plus que cela
 

C’est toi que j’aime Le sais-tu.

 
Thaddée Sylvant 2010

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Mieux que rien

Publié le 28 Novembre 2010 par Thaddée dans Poésie 2010 Crisis

 

Secret nécrose Au fond du cœur Crever avec La solitude C’est là ton lot Tiré au sort Profites-en Jusqu’à ta mort

A moins qu’un soir Rentre au bercail L’ancien bourreau Toujours très calme Pour t’entraîner Dans la cabane Comme autrefois Sous les platanes

Étreinte froide Avec la chaîne Septembre octobre Tous les matins Les feuilles rouges Est-ce qu’elles saignent ? Quand on est mort On ne sent rien.

 

           © 2010 Crisis, TS

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L'église du Bourg

Publié le 28 Novembre 2010 par Thaddée dans Photo et Vidéo

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          Eglise du Bourg, Esplanade de Lichfield, Sainte-Foy-lès-Lyon, 2010

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Faire et montrer

Publié le 28 Novembre 2010 par Mosca dans Les blogs et moi

Je reste. Déjà parce que j'ai payé le Pack Premium et que je ne peux pas m'offrir le luxe de jeter l'argent par les fenêtres. Ensuite parce que j'ai l'habitude de bloguer sur OB et qu'il devient plutôt risqué d'ouvrir un blog sur d'autres plateformes (Vox et Windows Live Space ont disparu de la circulation) le truc, maintenant, étant de devenir son propre hébergeur. C'est ce qu'on fait avec Wordpress et je suis de la vieille école (des blogs entre autres) je n'y comprends rien. Enfin, parce qu'ici sur OB et sur ce blog en particulier, je peux compter (plus ou moins) sur mon cercle de fidèles. Petit certes, mais c'est mieux que rien.

Par contre il est prévu de réaménager le blog, surtout les rubriques, et peut-être aussi le décor, je n'ai pas encore creusé la question.

Peut-être aussi que je vais reprendre mon nom : Thaddée.

Je pourrais bien sûr vider le blog, faire table rase, et repartir de zéro. Mais c'est un leurre : on ne repart jamais de zéro. Je sais, par expérience, que je cèderais très vite à la nécessité de reconstruire ce que j'ai détruit. Je referais tout comme avant. Alors ça ne vaut pas le coup de tout effacer pour tout recommencer.

Du reste, tout ce que j'ai pensé, écrit, montré sur ce blog, d'autres l'ont lu, ça fait plus ou moins partie d'eux maintenant, je ne peux pas revenir en arrière. On me connaît pour ce que je suis. On sait que je suis instable et versatile. En fait j'évolue (ou je régresse) plus vite que je ne voudrais. Je me rappelle, sur une version précédente du blog, un article intitulé "Je veux tout". C'est encore le cas, même si ça se rapprocherait plutôt, cette fois, de "je ne veux rien".

En fait je reviens toujours, ça fait trois ans que je reviens, comme on rentre, presque malgré soi, au port d'attache. Parce que c'est là que sont mes souvenirs, mes habitudes, et mon environnement familier.

Un blog ce n'est pas quelque chose d'anodin. C'est un outil. Qui sert à graver sa propre histoire parmi celle des autres. On la grave, petit à petit, dans la mémoire de ses visiteurs (je n'ose pas dire ses lecteurs, je sais qu'on me survole, quant à me lire...)

Quelque part dans ma tête, même si ça m'est parfois insupportable, ça me rassure d'avoir mon blog à moi comme en ont des millions de gens. Il faut vivre avec son temps. C'est l'époque qui veut ça : communiquer, à toute force, avec des gens qu'on ne voit, qu'on ne verra jamais. "Leur faire passer de soi" pour conjurer je ne sais quel sentiment de solitude et d'insatisfaction. La vie ne se suffit plus à elle-même. On ne met plus ses photos dans un album-photo. On n'écrit plus sa poésie dans un cahier. Et quand bien même on le ferait, on ne s'arrête plus là, on montre ce qu'on fait. On le montre à des inconnus. Cuisine, confection, scrapbooking, photo, poésie, dessin, peinture... et ça nous encourage à "faire" autant que ça nous prend le temps d'en faire plus. Le temps qu'on prend à montrer nous prend le temps d'écrire. Le temps qu'on passe et qu'on perd à communiquer sur tous les sujets, c'est du temps en moins pour créer. Pourtant c'est ce qu'on aime et c'est ce à quoi on tient. Montrer. Montrer. Montrer.

Montrer les monstres que nous sommes, les anges et les gens que nous sommes, qui se font et se défont sur les blogs, qui un jour partiront, parce que nous partons tous, d'une façon ou d'une autre, pour ne plus revenir.

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Passé, traces, archives

Publié le 27 Novembre 2010 par Mosca dans Les blogs et moi

Tentation d'ouvrir un nouveau blog, un autre, un autre encore, pour tenter de repartir à zéro, comme on voudrait se débarrasser de ses vieilles mues qui collent à la peau.

Pourquoi ressent-on le besoin de parler sur un blog ? Pour obtenir un minimum de reconnaissance ? Par excès de solitude ? ...

C'est tellement banal de dire qu'on ne va pas bien. C'est tellement honteux de le crier sur la place publique. Moi qui vis dans le secret, qui m'enferme dans le silence, et qui m'isole de plus en plus dans la solitude, une solitude de plus en plus stérile, où donc est l'intérêt de me livrer sur un blog, et qui plus est sur un blog qui ne marche pas ?

Les Fêtes de fin d'année approchent et pour la première fois de ma vie je n'ai pas envie de fêter Noël. Noël, c'est pour moi l'occasion de retomber en enfance. Je voudrais bien croire encore au Père Noël. Je voudrais croire en plein de choses mais le coeur n'y est pas.

Passé la journée à tenter de joindre mon ami hospitalisé pour un sale cancer, là encore, c'est d'une banalité. Comme je disais sur un autre blog, je ne sais plus lequel, on ne mérite pas tous un destin. Il faut se contenter des malheurs ordinaires : se trouver au milieu de scènes de violence en début d'année ; se faire virer par une saleté de promoteur ; perdre les trois-quarts de ce qu'on possédait ; renouer avec un ami gravement malade ; depuis dix jours, avoir des vertiges et des difficultés à respirer.

J'ai recommencé à prendre des photos.

Je voudrais tirer un trait sur le passé. Tout au moins sur le passé récent. Je n'imagine pas un instant renier mon passé plus lointain, celui sur lequel j'ai construit, vaille que vaille et tant bien que mal, mon identité. Ce passé qui ressurgit tout le temps comme une obsession, ce passé-possession que j'ai fini par intégrer dans ma vie de tous les jours comme un malade intègre sa grave maladie.

On est ce qu'on a vécu. On l'est malgré soi. Rien ne peut changer ça, pas même le fait de travailler dessus, seul, ou en psychanalyse.

Ce soir je revenais fermer le blog. J'avais même écrit le début d'un article annonçant mon départ et puis j'ai vu que vous étiez quelques uns à passer me voir plus ou moins régulièrement, ça m'a un peu passé l'envie de tout bazarder.

Texte-témoin, texte-testament... Je lisais récemment que les archives, ce sont d'abord des traces, les traces d'une histoire. Elles ne deviennent archives que lorsqu'un évènement décisif les fait basculer dans un temps révolu qu'on appelle : passé.

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Ecrivain vous êtes

Publié le 15 Novembre 2010 par Mosca dans Les blogs et moi

Le blog-surprise (accessible dans le menu personnalisé au-dessus de la pagination) change de formule. En effet je vous crois capables de découvrir par vous-mêmes, au gré de vos allées-venues, les merveilles du Web (que de talents sur la toile, mais que de talents ! ). J’ai donc pensé pointer, sur les blogs de mes favoris, l’article qui a le plus retenu mon attention.

Au hasard de mes pérégrinations, j’ai découvert un blog. Jusque là, rien d’extraordinaire. Sauf que. Sur ce blog, était présenté un livre.

Je n’en dirai guère plus, ayant promis à son auteur de partager avec elle mes premières impressions (j’ai commencé à le faire en privé).

Ce que je voudrais quand même dire sans trahir ma parole :

       J’ai ce livre entre les mains.

       C’est un grand texte.

       Un des plus grands que j’aie jamais lus.

 

              ***

 

PS - Je me refuse à écrire « auteur » au féminin. Il n’est pas bon de féminiser à tout prix des mots qui, de toute éternité, se sont très bien portés au genre masculin. Genre qui, pour moi, n’est pas masculin, mais neutre. Un auteur.

En l’occurrence, un grand auteur. Et non pas une grande auteure, une grande hauteur, vous serez d'accord avec moi°.

 

 

*****

 

 

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Jeudi 14 Juillet 2011

 

---

 

Il s'agit de

 

Soliloquence

 

essai poétique illustré

 

de Josiane Bégel.

 

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