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Le blog de Thaddée

"Ce qui parle le mieux de nous, ce n'est pas ce que nous disons, c'est ce que nous faisons. Je fais des livres qui parlent de moi sans le dire." TS | Actualité OB Kiwi et plates-formes de blogs, Déco blogs, Balades à Sète, Chroniques lyonnaises et fidésiennes, Escapades, Histoires de chats et d'oiseaux, Littérature, Photographie, Société, Poupées, Tricot, La vie ... Communauté : "Victor & Victoria", esprit shabby chic, romantique et cosy.

La mouche, les zommes et l'enfer

Publié le 5 Juillet 2011 par Thaddée Sylvant dans Feuilleton Mosca la mouche

mouche bzz bzzDepuis qu’elle est au ciel des mouches qui ne s’appelle plus le ciel des mouches depuis l’ouverture des frontières et qui s’appelle maintenant le ciel des zanimo petits et gros, donc, depuis qu’elle est au ciel des zanimo, qu’elle a rencontré la mouche verte qu’une malencontreuse explosion a complètement déverdie, qu’elle est sous haute surveillance depuis qu’elle fabrique des explosifs dans son ancien atelier de peinturlure, la mouche mène une vie* trépidante (* façon de parler). Il ne se passe pas un seul jour sans qu’il y ait quelque chose de nouveau sous le soleil. Aujourd’hui, par exemple, on parle de transformer le ciel des zanimo en ciel tout court.

- Ça veut dire quoi  le ciel tout court ? demande la mouche déverdie.

- Ça veut dire qu’on serait tous ensemble au paradis, les zommes et les zanimo, explique la mouche.

- Ah, fait la mouche déverdie. C’est ça le paradis pour les mouches d’être avec des zaraignées et avec des zommes ?

- Mais le ciel tout court il est réservé aux bons zommes, explique la mouche. Les méchants zommes qui font du mal aux mouches ils vont en enfer.

- Et pas les zaraignées ? demande la mouche déverdie.

La mouche réfléchit une seconde.

- Les zanimo, ils ne vont pas en enfer parce qu’ils ne savent pas faire la différence entre le bien et le mal.

- Excuse-moi, proteste la mouche déverdie, moi je sais bien que le colis piégé qui m’a enlevé ma couleur verte c’était mal très très mal.

- Oui mais c’est comme ça les zanimo ils ne vont pas en enfer, abrège la mouche. L’enfer c’est que pour les zommes.

- Alors qu’ils aillent en enfer et qu’ils nous laissent entre zanimo, conclut la mouche déverdie.

Elles font silence un instant, la mouche pour réfléchir et la mouche déverdie pour entendre voler les mouches. C’est la mouche qui reprend la parole la première :

- De toute façon ça se fera pas, dit-elle. La Glise est contre.

- C’est quoi la Glise ? demande la mouche déverdie.

- C’est comme les Hautes Instances du ciel des mouches. Sauf que la Glise elle est sur terre et qu’elle s’occupe des choses du ciel.

- Même du ciel des mouches ?

- Justement, répond la mouche, il n’est pas question que la Glise qui s’occupe du ciel des zommes s’occupe aussi du ciel des zanimo. Elle dit que ça relève pas de ses fonctions.

- On n’est pas assez bien pour elle ? suppose la mouche déverdie. Pourtant nous on est des mouches bien puisque on est au ciel et qu’y a des zommes pas bien qui sont en enfer. La Glise elle s’occupe aussi de l’enfer ?

- Oui, répond la mouche, aussi de l’enfer.

- Mais elle veut pas s’occuper de nous les mouches ?

- Heu, non, répond la mouche qui s’embrouille.

- La Glise elle a du temps pour l’enfer mais pas pour les mouches bien ?

- La Glise elle veut s’occuper que des zommes, explique la mouche.

- Des zommes et de l’enfer, conclut la mouche déverdie.

La mouche en reste sans voix. Alors elles font silence un moment. On entendrait voler des mouches. Et la mouche déverdie regarde par dessous son aile transparente, là-bas tout en bas sur la terre, le brouillard de la pollution et la fumée de la guerre. C’est elle qui reprend la parole la première pour demander :

- Tu pourrais jurer que l’enfer c’est que pour les zommes qui sont morts ?

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Déchirement

Publié le 4 Juillet 2011 par Thaddée Sylvant dans Poésie 2011 L'encre dans la peau

Je ne suis qu'un fantasme

Un fantasme s'efface

Et s'efface ma trace

Au premier coup de vent

 

Viens là que je t'embrasse

Avant de m'en aller

Comme ferait une âme

Un pâle feu follet.

 

 

© TS 4 juillet 2011

 

 

 

Ce poème je l'ai écrit dans ma tête cet après-midi. Nul besoin de crayon et de papier, je l'avais mémorisé bien avant de rentrer chez moi le taper sur l'ordinateur. Avant de le coucher par écrit j'ai reçu un e-mail daté d'aujourd'hui 17:10. Il change la donne. Mais le poème reste ce qu'il est, parce qu'il est trace d'une souffrance, et qu'il a valeur d'au-revoir. Il n'est plus à prendre au pied de la lettre. Il témoigne seulement d'un grand désarroi. Parce qu'on peut se tromper sur le sens des mots qu'on lit,  je ne tiens pas ce soir à me lancer dans de grandes discussions. Ma réponse, elle devait être le silence. Ma réponse, elle fut ce poème. Ma réponse : pour moi aussi ce serait un déchirement.

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Libres de s'attacher

Publié le 3 Juillet 2011 par Thaddée Sylvant dans Poésie 2011 L'encre dans la peau

Sans pacte ni contrat
Pas de clé sur la porte
Ni serment ni promesse
Juste l'un avec l'autre.

© TS 6 juin 2011

NB - Le titre original de ce court poème était "Libres d'aimer".


Voilà. C'est ici le petit dernier des poèmes écrits ces deux derniers mois. Maintenant je repars écrire d'autres choses mais le blog reste ouvert. Merci à Chris et Sucramus pour leurs visites et commentaires. A bientôt.
 

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Amer

Publié le 2 Juillet 2011 par Thaddée Sylvant dans Poésie 2011 L'encre dans la peau

Mais voudras-tu me suivre  Où je vais d'habitude

Autorités nocturnes  Un effroi chauffe à blanc  Les viscères le cerveau  

J'ai des choses à te dire  Sur mes us et coutumes

J'y peux rien que veux-tu  C'est question de nature  Et je vois dans  "aimer"  Une lettre de trop.

      


© TS 3 juin 2011 - Revu et corrigé les 1er et 2 juillet 2011
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Mais voudras-tu me suivre Où je vais d'habitude       Autorités nocturnes     Un effroi chauffe à blanc     Les viscères le cerveau  J'ai des choses à te dire Sur mes us et coutumes       Et les roses sont noires      Où je vais d'habitude     Aux alcôves du coeur     Elles sont les barreaux.

Ci-contre la première version du poème datant du 3 juin 2011.

Le titre en était "Et même si c'était non".

 

 

NB - Une version intermédiaire

proposait les deux derniers vers suivants :

  "A trop être victime On devient le bourreau"

  mais je tiquais sur "A trop être = A trop paître".

 

 

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Sur les plaines de sable

Publié le 1 Juillet 2011 par Thaddée Sylvant dans Poésie 2011 L'encre dans la peau

Le vent se plaint si fort / Tout en invectivant / Nos romances assoupies / Sur des plaines de sable
Est-il enfin possible / Que l'âme soeur existe / Et si c'est "oui peut-être" / Pourquoi être aussi triste
Les questions sans réponse / S'en remettent au silence / Homme bleu aux yeux sombres / Tu renonces à comprendre
Et la rose des sables / A pleuré tant de sel / Qu'un récif de corail / Pourrait s'éprendre d'elle
Invente-moi la mer / Au bord du désert froid / Donne le nom d'une île / A ce qui nous arrive
Et ne questionne plus / Le vent qui tourne à vide / Invectivant en vain / Les ombres impavides.

© TS 1er juin 2011
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