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Le blog de Thaddée

"Ce qui parle le mieux de nous, ce n'est pas ce que nous disons, c'est ce que nous faisons. Je fais des livres qui parlent de moi sans le dire." TS | Actualité OB Kiwi et plates-formes de blogs, Déco blogs, Balades à Sète, Chroniques lyonnaises et fidésiennes, Escapades, Histoires de chats et d'oiseaux, Littérature, Photographie, Société, Poupées, Tricot, La vie ... Communauté : "Victor & Victoria", esprit shabby chic, romantique et cosy.

L'ami qui va partir

Publié le 10 Novembre 2010 par Mosca in Poésie 2010 Crisis

   Combien de mois de semaines ou de jours

   Combien d’heures à passer avec toi ?

   La mort frappe à ta porte

   La peur frappe à la mienne.

   Pleurer ne sert à rien.

   L’espoir, peine perdue.

   Peut-être des prières ?

   Non pas pour un miracle

   Mais pour que tu ne souffres pas trop.

   C’est tout ce qu’on peut faire.

   Alors je prie

   Sans espoir

   Et sans pleurer.

  

  

         ∞

 

     C'était au mois de Mai ou Juin de cette année...

Cinq ans sans se voir. Je viens de lui rendre visite à l'hôpital. Il tient le coup, mais il dit que si on ne fait rien pour soulager la douleur, il boira à s'en faire péter le foie.

Il n'a pas beaucoup changé. Peut-être est-il plus songeur à certains moments. Il parle de la mort, mais il en a toujours parlé. Il dit : "Après l'hôpital la prison. Après la prison, le cimetière". Ça le fait rire. Moi aussi.

Nous déambulons, tous les deux aussi maigres l'un que l'autre, dans des labyrinthes de corridors d'une propreté impeccable. Il me montre un bassin fleuri rempli de poissons rouges au bord duquel il vient fumer la nuit quand il ne peut pas trouver le sommeil tant il souffre. Après un détour par la cafétéria nous nous trouvons un banc à l'ombre, et nous nous racontons nos vies. Lui, avec sa maladie. Moi, avec mes problèmes de logement. Nous n'arrêtons pas de rire et de parler.

Depuis trois ans et demi il ne passe pas une seule nuit réparatrice. Depuis des années il s'accroche, il croit qu'il va s'en sortir et reprendre sa vie comme avant.

Il est musicien. Sa guitare, à l'hôpital, lui manque. C'est la seule chose qui le maintienne en vie, sa musique. Pour lui c'est plus qu'une passion. C'est une nécessité.

Nous nous sommes séparés dehors, devant l'entrée de l'hôpital, moi en lui souhaitant bon courage, lui en me remerciant de ma visite. Je l'ai regardé monter l'escalier qui conduit aux bâtiments. Il est si maigre, et dégage une force lente et tranquille. Il ne s'est pas retourné pour me faire un signe de la main. C'est la première fois.

Nous avons peu évoqué le passé, et pas du tout les années de séparation et de silence. C'est lui qui a repris contact au début du printemps pour m'annoncer qu'il était malade. Les jours suivants j'étais sous le choc. Je n'avais pas compris la gravité de la situation.

Maintenant j'ai compris.

Je le regarde au présent, pas au passé. Ce que nous avons fait ensemble à l'époque n'a plus lieu d'être. Il s'agit moins de retrouvailles que d'une première rencontre avec assez de complicité pour se marrer tous les deux comme des baleines. On se connaît bien, mais sans se le dire. On n'a plus besoin de dire quoi que ce soit. On sait.

Être ensemble dans le parc de l'hôpital, à l'ombre des arbres sur un banc, ça ressemblait au bonheur qui nous a salement doublés il y a cinq ans. Rien ne nous pressait cet après-midi. On savourait la vie.

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C
<br /> Voir mon blog(fermaton.over-blog.com),No-6. - THÉORÈME du DESTIN. - Il frappe à nos portes ?<br />
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T
<br /> <br /> Je ne crois pas que ce fut, ici, un coup du destin. Plutût... une conséquence, de cause à effet. Merci pour votre passage, bonne continuation à votre blog "à part". Bon dimanche.<br /> <br /> <br /> <br />
J
<br /> <br /> Poignant comme la vie...poignant comme la séparation....expériences vécues..trop connues!!<br /> <br /> <br /> je t'embrasse chère petite!<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Ces instants passés auprès de toi, furent, je l'espère des instants de grâce pour ton ami. Des instants vrais, sans mensonges ni phrases creuses. Ton témoignage est tellement émouvant qu'e j'en<br /> ai les larmes aux yeux! J'en ai vu tellement de ces gens en partance qui "savouraient" la vie juste avant de la perdre, alors je dis à tous ceux qui passent par ici :"savourez chaque minute de<br /> votre vie, comme si c'était la dernière qu'il vous reste à vivre !" Le poème  et le texte qui suit m'ont touchée au coeur.<br /> <br /> <br /> Bises douces mon amie<br /> <br /> <br /> DGAR<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> J'espère que ce n'étaient pas là les derniers instants... Il va mal. Il va mal.<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> <br /> j'aime bien on savourait la vie vu le contexte...<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> <br /> "Chante, la vie chante, comme si tu devais mourir demain..." Merci pour ta présence Chris.<br /> <br /> <br /> <br />