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Papier de Verre, le blog de Kiki, Félix et Thaddée ↫

Ce qui parle le mieux de nous, ce n'est pas ce que nous disons, c'est ce que nous faisons. Je fais des livres qui parlent de moi sans le dire. - TS | Actualité OB Kiwi et plates-formes de blogs, Déco blogs, Balades à Sète, Chroniques lyonnaises et fidésiennes, Histoires de chat, Littérature, Photographie, Société ... Communauté : "Victor & Victoria", esprit shabby chic, romantique et cosy. Blog classé dans la catégorie Lifestyle.

Une vie contre une vie

Publié le 20 Juillet 2013 par Thaddée in Récits Petits mystères au quotidien

Je ne sais pas si Dieu existe. Qui pourrait se targuer de savoir et d'affirmer avec certitude que Dieu existe ? - Personne n'en a aucune preuve. Cependant j'ai fait plusieurs fois au cours de mon existence l'expérience amère d'une espèce de justice suprême. Impitoyable. Qui pourrait se résumer dans ces termes : tout se paie tôt ou tard.

C'était en 2007. J'habitais un appartement sur terrasse et jardin dont me chassera en 2010 un sale promoteur qui a fait faillite depuis (tout se paie tôt ou tard).

Tu es venu vers moi, heureux, caressant, en toute confiance. A cette époque-là je nourrissais tous les chats du jardin qui se présentaient à ma porte. Avec toi ce fut un peu plus que de la nourriture. Tu étais friand de câlins et tu n'as fait aucune difficulté pour te laisser inviter chez moi. En 2007 vivaient avec moi mon gros chat noir Grichka, mon vagabond amoureux de la pluie et de la lune ; mon caniche-papillon qui venait de la SPA ; mon Félix noir et blanc, petit pépin la bulle qui fêtera ses 9 ans au mois d'août de cette année.

Toi, je t'ai appelé Sandokan, et tu restes à ce jour l'une de mes plus douloureuses blessures. Grand chat tigré, tu étais maigre ! - et pourtant si cordial avec le genre humain. Je t'ai ouvert ma porte, accueilli chez moi, le soir tu venais t'installer sur mes genoux, ronronnant, et nous passions la soirée comme ça à nous câliner l'un l'autre.

Cela n'a pas duré très longtemps. Peut-être une journée, une nuit, une deuxième journée ... Au soir de la deuxième journée catastrophe : le bruit affolant d'une sévère mêlée me fait accourir et je trouve les trois chats en train de se battre : les deux miens, et Sandokan.

Je les sépare tant bien que mal et je me vois dans l'obligation de te remettre dehors mon Sandokan.

Le matin suivant, j'ai pris la décision de te porter chez la vétérinaire. Tu m'attends devant la porte et tu me fais mille petites familiarités déchirantes. Tu te laisses déposer sans résistance dans la boîte de transport.

A la vétérinaire, je raconte ce qui s'est passé la veille au soir : la bagarre de Sandokan avec mes chats.

Je sais déjà que tu as la leucose mon Sandokan, pour t'avoir fait examiner quelques jours plus tôt. Ta maigreur et ton piteux état général m'inquiétaient beaucoup. J'avais l'intention de t'adopter.

Mais cette bagarre vient bouleverser tous mes plans tu comprends ... Si tu te bats avec eux tu peux contaminer mes chats.

Je supplie la vétérinaire de t'héberger quelques jours, le temps de me retourner. Il n'est plus question de t'adopter, sous peine de mettre la vie de mes deux chats en danger. Te laisser dans le jardin, "comme avant" ? - pour que tu te battes avec les chats du quartier et que tu les contamines ? ... Et puis tu as goûté au bonheur d'avoir une maison, une famille, et je ne peux plus ouvvir ma porte sans que tu t'introduises dans l'appartement.

Dans quel piège nous sommes-nous fourrés mon Sandokan, par ma faute. Si je t'avais tout simplement laissé vivre ta vie dans le jardin, sans m'occuper de toi, dans l'ignorance de ta leucose, juste en te donnant chaque jour de quoi boire et manger ...

Crois-moi, j'ai fait des pieds et des mains pour te chercher un adoptant. Mais qui pouvait bien vouloir d'un chat malade, aussi maigre, aussi pelé ? - C'est qu'ils ne connaissaient pas ton coeur mon Sandokan. Et moi ton coeur, je l'ai brisé en mille morceaux ...

Quelle inconséquence.

La vétérinaire me presse de trouver une solution. Elle ne peut pas garder indéfiniment Sandokan en cage au cabinet. Alors soit je le prends à mon domicile (et c'est impossible, je dois préserver mes deux chats), soit je le remets dans le jardin (et c'est impossible, parce que tu cherches à entrer chez moi, parce que tu as la leucose, parce que tu es bagarreur) ... soit je le fais euthanasier.

Tout mon être se révulse à l'idée d'une solution aussi définitive. Mais où est l'alternative ?

Je négocie encore quelque temps avec la vétérinaire. Elle connaît la situation. Elle me rappelle que Sandokan est malade, inguérissable, contagieux, qu'il représente un danger pour les autres chats, et qu'il mourra tout seul dans les pires souffrances qu'on puisse imaginer. Il faut l'euthanasier.

Je m'y refuse.

Mais il n'y a pas d'autre solution.

En ce matin de printemps je me présente chez la vétérinaire. J'ai pleuré toute la nuit. Je pleure depuis des jours. On va chercher Sandokan dans sa cage. Il a mangé ses croquettes. Je lui parle, mais il n'est pas avec moi. Il n'est plus le même. Il pose un regard résigné sur la rue par la vitre. Il a compris, je le crains, je le sais.

Jamais je ne me pardonnerai la décision que j'ai dû prendre mon Sandokan. Jamais.Tu m'as donné ta confiance, et je t'ai pris ta vie.

Au mois de novembre de la même année, mon gros chat noir mourait d'une maladie foudroyante des reins.

Tout se paie tôt ou tard ...

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Le Maître de Frimousse 24/07/2013 07:43


Je voulais réagir et je ne l'ai pas fait tout de suite, alors, ça vient tard...


Donner la mort à un animal qui a une entière confiance et qui aime ?


Il y a eu dix mois le 21 juillet, nous avons emmené notre Tigri chez notre vétérinaire pour le faire soigner. Notre très très gentil Tigri, aux yeux aimants. Et nous avons ramené de la
fourrure à enterrer dans le jardin...


Bien sûr qu'on aimerait qu'il soit encore avec nous ! Mais pour quelques jours de plus de vie pour lui, une mort dans la souffrance ? Non, aucun regret.


Je pense toujours à ces médecins, au chevet de malades qui souffrent atrocement, qui répondent encore à la famille qui demande des doses de calmants plus fortes : "Non, Ça le tuerait".


Souffrance physique, souffrance morale... C'est vrai que dans un refuge Sandokan aurait peut-être trouvé des Maîtres attentionnés. Mais il aurait pu y croupir longtemps avait d'être piqué...


 

Thaddée 24/07/2013 18:43



Merci le Maître de Frimousse, ton commentaire me touche vraiment. Tu parles avec ton coeur, tu sais bien toi ce que c'est, toi qui a délivré ton Tigri de la souffrance ...



Fanfan-pirate 22/07/2013 17:32


Je ne lis pas les comms précédents pour écrire ce qui me vient direct :


Je te comprends ma Thaddée, mais il ne faut pas dire que tout se paie, il était malade, peut-être qu'il faut que tu te dises qu'il aurait pu mourir sans avoir connu un peu de tendresse (oui tu
vas penser, pffff pour ce que ça lui a apporté la tendresses humaine). C'est douloureux à porter, je le sais. De toutes façons on peut bien te dire tout ce qu'on veut, au fond de toi, ça restera,
on vit avec mais c'est très dur. Moi je ne me suis jamais remise de la mort de ma petite Mitsouko (rien que d'écrire son nom, les larmes me viennent). Je vais regarder les comms maintenant pour
voir comment font les autres pour réconforter dans ce genre de circonstances, moi je ne sais pas, je te comprends tellement que je ne vois pas quoi dire.


Gros bizoux ma Thaddée.

Thaddée 24/07/2013 18:26



Oh tu m'as très bien dit ce que tu ressentais ma Fanfan, quelle tristesse cette histoire. Toi aussi tu as eu beaucoup de chagrin pour un chat, je crois que nous en sommes tous là, on aimerait les
garder, et que ça se passe toujours bien mais hélas ... Ce grand chagrin me restera toujours même si vos commentaires à tous m'ont fait chaud au coeur et on allégé ma peine. Mais je le reverrai
toujours venir vers moi en toute confiance ... et moi qu'est-ce que j'ai fait. Je t'embrasse très fort ma Fanfan, un grand merci pour ta sensibilité et ta gentillesse.



Anne-Marie(Mistic) 21/07/2013 23:22


Soir Félix !


Tu veux une photo de moi, ben en v'là un tit montage quand z''étais en vacances çez la çouette y'a 2 ans 


Z'avais beaucoup grossi ces derniers temps mais le fiston et sa çérie m'ont mise au rézime et depuis, ben z'ai retrouvé ma taille normale de minette et auz'ourd'hui, ze ressemble à ces photos de
2011 !


Dors bien copain



Thaddée 22/07/2013 08:57



Oh que t'es mignonne, je craque pour toi. Tu seras ma petite copine de l'été . Tu es vraiment zolie de face, zolie comme
un coeur. Ce que ze suis content d'avoir une 'tite copine. Ze te fais plein de bisous sur la zoue .



Anne-Marie(Mistic) 21/07/2013 21:16


Bonsoir Félixou,


Moi, ze suis Bobine, la minette du fiston de la çouette ! ze suis en vacances à Roye où il fait très çaud aussi et z'ai passé la zournée à çerçer les coins d'ombre dans le petit zardin de la
çouette ! Faaaatigant !


Z'te bizoute de minette à minou l'ami Félix ! Bon couraze ! et pis aussi des Bizoutes à Maw-Maw

Thaddée 21/07/2013 21:25



Super une copine . Moi z'ai pas de zardin, ze me suis installé sur le drap bien frais de mawmaw tout étalé comme une
crêpe mais quand même il faisait 30 c'est trop çaud pour les çats. Ze te fais fais un bisou sur le nez Bobine au zoli nom, z'aimerais bien te voir en photo :-) Bisou à la çouette.


Félixou



Anne-Marie 21/07/2013 18:50


Bonjour Thaddée,


Je crois sincèrement ne pouvoir mieux dire que Midolu alors si tu le permets, je me range à son avis !


Des caresses affecteuses à Félix et de gros bisous pour toi

Thaddée 21/07/2013 19:44



Que c'est gentil à toi, merci beaucoup, beaucoup. Bonne soirée à toi et gros bisou.


PS : coucou la çouette, c'est Félixou, qué çaleur auzourd'hui, gros bisou !