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Le blog de Thaddée

"Ce qui parle le mieux de nous, ce n'est pas ce que nous disons, c'est ce que nous faisons. Je fais des livres qui parlent de moi sans le dire." TS | Actualité OB Kiwi et plates-formes de blogs, Déco blogs, Balades à Sète, Chroniques lyonnaises et fidésiennes, Escapades, Histoires de chats et d'oiseaux, Littérature, Photographie, Société, Poupées, Tricot, La vie ... Communauté : "Victor & Victoria", esprit shabby chic, romantique et cosy.

filmographie

Total monstre

Publié le 16 Juillet 2022 par Thaddée dans Filmographie

Clic pour voir en plus grand

Clic pour voir en plus grand

Il s'agit en fait d'une capture d'écran : extrait du téléfilm Une femme en sursis, l'histoire d'une femme qui attend dans l'angoisse le diagnostic de son médecin (leucémie suspectée). Sur le moment, quand je l'ai vue, j'ai pensé aux tripodes de La Guerre des Mondes ! Si vous voulez voir la bête en mouvement pendant quelques secondes c'est : Une femme en sursis à 00:13:16 sur Arte.tv. Pays : Allemagne.

A toutes à tous bon week-end !

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Le voyage dans la Lune

Publié le 7 Janvier 2019 par Thaddée dans Filmographie

Il m'arrive de vous parler cinéma quand je craque pour un film. Ainsi vous ai-je touché un mot d'Interstellar ou de Melancholia ... des histoires d'espace et de planètes qui me passionnent depuis toujours. Je ne rate jamais un film qui se passe dans l'espace ou sur les planètes lointaines. Hier soir bien évidemment j'ai regardé Apollo 13 avec Tom Hanks, mais ce n'est pas Apollo 13 que je souhaite évoquer ici.

Premier plan du film

Le site d'Arte m'a fait le cadeau magnifique du petit film Le voyage dans la Lune que je rêvais de voir depuis fort longtemps. C'est un petit bijou, drôle et poignant, colorisé dans les pastels d'autrefois. On y retrouve la lunette astronomique pointée sur la voûte céleste, les hautes fenêtres dont on se demande comment ils faisaient pour laver les vitres, un embryon de fusée qui se révèle être un obus habitable ... et tout à l'avenant dans le délire et l'imagination débordante de son créateur, le divin Georges Méliès. C'était en 1902.

Paf dans l’œil

Paf dans l’œil

Vous avez tous vu, au moins une fois dans votre vie, la Lune qui se prend un crayon dans l’œil. La naïveté du propos n'a d'égale que la stupéfiante beauté de l'image. On se laisse fasciner par l'agitation frénétique et trépidante des personnages alors qu'ils élaborent le plan, tout ce qu'il y a de sérieux, d'aller marcher sur la Lune.

On se prépare au lancement
On se prépare au lancementOn se prépare au lancement

On se prépare au lancement

La construction de "la fusée" vaut son pesant d'or, à coups de marteau sur les plaques de fer. L'embarquement, en bon ordre, n'a rien à lui envier.

Arrivée dans une espèce de caverne

Voici déjà l'alunissage, bien entendu sans tenue de cosmonaute, sans casque, en tenue de ville s'il vous-plaît. N'est-ce pas charmant ? - Si désuet ... C'est vrai quoi. Comment nos ancêtres rêvaient-ils de la Lune ? Que savaient-ils de la gravité, de l'air irrespirable, des températures extrêmes et mortelles ?

Les astronautes rêvent ...

Les astronautes rêvent ...

La première chose que font ces voyageurs de l'espace à l'arrivée sur la Lune ? - Tenez-vous bien : ils dorment ! ... Et ils rêvent. Des rêves d'étoiles et d'étoiles habitées. Que de romance, dans chaque image, dans chaque idée ! il a quelque chose du monde du cirque dans ces précieux moments d'abandon juste avant que ...

Des champignons géants peuplent cette partie de la Lune

Des champignons géants peuplent cette partie de la Lune

... ils se prennent une tempête de neige dans leur sommeil ! Alors qu'ils s'ébrouent, le paysage se précise, une formation de champignons rouge-orangé fait son apparition, dont un qui pousse en accéléré.

Les habitants de la Lune qui enlèvent les voyageurs de l'espace

Mais ce n'est que le début des ennuis, car surgissent bientôt ce que nous appellerions aujourd'hui des aliens, ou des extra-terrestres, et pas du tout de petits bonhommes verts comme le veut la légende ... bien plutôt des humanoïdes verts au tronc squelettique, armés de lances, qui bien naturellement enlèvent illico presto nos voyageurs de l'espace qui sont emmenés, les poignets liés dans le dos, vers une destination inconnue.

Nos amis s'engouffrent dans leur "capsule" pour échapper au dangerNos amis s'engouffrent dans leur "capsule" pour échapper au danger

Nos amis s'engouffrent dans leur "capsule" pour échapper au danger

C'est sans compter que les terriens de l'histoire ne se laissent pas si facilement manipuler par ces hordes de sauvages menaçants et gesticulants. Nos amis parviennent à échapper à leur ravisseurs et vite, le chemin du retour est pris, dans le plus grand chaos, pour fuir la Lune de tous les dangers. L'un d'eux se balance même au bout d'une corde, suspendu au nez de "la fusée".

Hommage aux voyageurs de l'espace

Hommage aux voyageurs de l'espace

Les terriens célèbrent en fanfare le retour des aventuriers de l'espace et tout est bien qui finit bien dans le meilleur des mondes, j'ai nommé la Terre. Rien ne vaut son petit chez-soi pas vrai ? ... A la fin du film j'ai l'esprit retourné par ce voyage flamboyant qui ne s'interdit aucune absurdité, et qui se fait doucement entêtant sur la bande-son du groupe Air. Le film est en ce moment visible sur le site d'Arte.

Edit 11 janvier 2018

A voir : sur les indications de Jean-Marc, la version originale en noir et blanc sur de la musique classique ...  et quelques notes de La Marseillaise.

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Ces films crépusculaires

Publié le 25 Septembre 2017 par Thaddée dans Filmographie

Affiches des films : Melancholia, Gravity, Interstellar

Affiches des films : Melancholia, Gravity, Interstellar

En regardant le captivant Interstellar de Christopher Nolan hier soir, j'ai compris que je me passionnais pour l'espace. Oh ce n'est pas nouveau. L'espace me fascine, parce que je ne le comprends pas. Ma grande question restée sans réponse en ce jour : où est l'espace ? Plus précisément : dans quoi est l'espace ? Car toute chose se trouve dans son contenant n'est-ce pas. Moi par exemple : je suis dans mon appartement qui est dans une rue qui est dans une ville qui est dans un pays qui est sur la Terre. Mais l'espace, dans quoi est-il ? Et la chose sans nom qui contient l'espace, dans quoi se trouve-t-elle ?
Au-delà de ces questions sans réponse j'éprouve depuis peu de la reconnaissance vis-à-vis de ces grands films qui, en plus d'être sidérants, me réconcilient avec l'existence. Oh, non pas qu'ils lui donnent un sens, car il est si terriblement inepte que nous soyons la seule forme de vie dans l'univers. Pourquoi existons-nous ? Pourquoi, puisque il nous faut passer. Que somme nous dans l'immensurable univers ? Disparaîtrons-nous comme les dinosaures ? - Auquel cas, qui se souviendra de nous ? A quoi rime notre passage sur Terre ?
Mais quand je regarde ces films je ne manque jamais de me dire : que l'Homme est petit en regard du vaste Univers sans limites, mais qu'il est grand aussi pour avoir tenté de l'appréhender. Nous faisons partie de ce Tout si ténébreusement opaque. Et cet univers avec ses planètes en équilibre au milieu de nulle part, qui tournent sur elles-mêmes avec la régularité de l'horloge, n'est-il pas la preuve en soi que rien n'est véritablement voué au néant ?
Dans ces films, du moins dans Gravity et Interstellar, l'Homme se mesure à l'espace. Il le combat, le domine et se rend maître de sa propre destinée, au même titre que les planètes affrontent et surmontent implacablement les accidents cosmiques. C'est un message de force surhumaine que nous délivrent ces images incroyables. Perdu dans l'espace sans limites l'homme va au-delà de ses propres limites. Et c'est comme si tout était orchestré par une Main que certains nomment Dieu. Je ne sais pas si je crois en Dieu. Je le sais de moins en moins. Mais je crois qu'une force supérieure nous a créés, nous protège, et nous fait passer de vies en vies. Je crois que s'il n'existait pas cette force supérieure, l'univers se serait effondré sur lui-même depuis bien longtemps. Il ne serait même jamais organisé comme il l'a fait.

Cubic Space Division, M.C. Escher, 1953

Cubic Space Division, M.C. Escher, 1953

Le film Interstellar nous propose une fin pour le moins sidérante axée sur le mystère du temps qui fait que nous sommes ici maintenant et là plus tard en même temps. Ce temps est visuellement représenté par une lourde architecture de barres qui structurent l'univers et rappellent ostensiblement, du moins à mes yeux, la lithographie Cubic Space Division de M.C. Escher. Et cet astronaute coincé dans ces barres derrière les livres de la bibliothèque qui se regarde dire adieu à sa fille, laquelle le conjure de rester, est un morceau d'anthologie proprement hallucinant. On adhère ou pas à cette plongée dans le délire qui ressemble à l'agonie d'un homme perdu dans l'espace. Mais l'audace de cette scène absurde à nos yeux qui avons les pieds sur terre, laisse espérer que nos morts sont quelque part, et qu'ils nous parlent, et que rien n'est définitivement perdu.

Une des premières images de Melancholia

Une des premières images de Melancholia

Ces trois films nous offrent des scènes pour le moins inoubliables. Je me rappelle que les premières images de Melancholia, portées par la déchirante musique de Wagner, me scotchaient sur mon siège tant leur irréalité profondément morbide était synonyme de fin du monde et partant, fin de l'humanité. La fin tout autant, si désespérément tragique. Mais le coup de couteau dans le cœur je l'ai reçu quand Charlotte Gainsbourg regarde par sa lorgnette de fortune en espérant que la planète Melancholia a disparu de son horizon visuel ... et que nous découvrons avec elle, dans un choc physique et nerveux insurmontable, qu'elle s'est au contraire rapprochée de la Terre, signe qu'elle va la percuter dans les heures qui suivent.

Sandra Bullock essayant de se relever après son amerrissage en catastrophe

Sandra Bullock essayant de se relever après son amerrissage en catastrophe

Dans Gravity, deux scènes-choc qui me laisseront un souvenir indélébile. La première, quand Sandra Bullock, seule à bord dans sa capsule, et dans le silence assourdissant de l'espace, entend tout à coup rire un homme de la Terre ... Et la seconde, quand elle se remet debout après s'être traînée sur le rivage, et que ses pieds pèsent du plomb.

La montagne n'était pas une montagne, mais une vague géante, un mur d'eau

La montagne n'était pas une montagne, mais une vague géante, un mur d'eau

Enfin, dans Interstellar, c'est le moment terrifiant où les astronautes, descendus sur une planète recouverte d'eau, aperçoivent une montagne ... qui n'est pas une montagne mais une vague géante. Et c'est à vous glacer le sang.

Interstellar, sur la planète couverte d'eau

Interstellar, sur la planète couverte d'eau

Tout ça pour dire ... Oui l'Homme est petit, mais ses combats sont grands, et sa volonté de vivre est plus forte que le plus noir, le plus dangereux des ennemis : je ne parle pas de l'espace ; j'ai nommé la mort.

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Olifant

Publié le 13 Septembre 2016 par Thaddée dans Planète tétraèdre ne tourne pas rond, Filmographie

Quand pleurent les éléphants du cirque

De l'eau pour les éléphants

Dimanche soir j'ai vu un merveilleux film sur HD1, De l'eau pour les éléphants, sorti en 2011. Dès les premières images on se laisse envoûter par le drame personnel du jeune homme ruiné qui, en partance pour une vie nouvelle, saute de nuit dans un wagon, lequel s'avère être le train d'un cirque ambulant. Dès lors, atmosphère et magie des spectacles, grandeur du chapiteau, les sentiments du jeune vétérinaire pour l'épouse du patron, un homme sans morale ni pitié, contribuent à faire du film une romantique histoire d'amour impossible et tragique. Puis arrive Rosie. Rosie, c'est l'éléphante, une adorable éléphante toute ronde et toute courte, qui connaît plein de tours tous plus farceurs les uns que les autres, mais ne comprend pas la langue qu'on lui parle, ce qui l'expose aux violences outrancières du propriétaire qui, par ailleurs, n'hésite pas à jeter du train en marche les employés dont il veut se séparer.

1931, période de Grande Dépression aux Etats-Unis. A la suite d'une tragédie familiale, Jacob, un jeune étudiant en école vétérinaire, se retrouve subitement plongé dans la misère et rejoint par hasard un cirque itinérant de seconde classe. Il se fait accepter en échange des soins qu’il pourra apporter aux animaux et ne tarde pas à tomber sous le charme de la belle écuyère Marlène. Elle est l'épouse du directeur du cirque, un être d’une rare violence et totalement imprévisible. Derrière la beauté et la magie des spectacles, Jacob découvre un univers impitoyable et miséreux. Lorsqu’une éléphante rejoint le cirque, Marlène et Jacob se rapprochent l’un de l’autre et préparent un nouveau spectacle qui permet un temps de renouer avec le succès. Mais leurs sentiments deviennent de plus en plus perceptibles et sous les yeux d'August, cette histoire d'amour les met irrémédiablement en danger.

Allocine

Quant arrive Rosie, je n'ai plus d'yeux que pour elle, ne m'intéressant pas plus aux personnages humains qu'à des .acteurs de second plan. Pour moi, tout est là, chez Rosie, dont les facéties attendrissantes et la vulnérabilité me touchent en plein cœur bien plus que la love story des deux protagonistes. Peut-être nous a-t-on trop rebattu les oreilles avec les drames sentimentaux qui se ressemblent tous. L'éléphante, par contre, apporte une touche personnelle au quotidien ingrat du cirque. Elle est pittoresque, avec un caractère complètement craquant, et tout au long du film j'ai tremblé de peur que ça se termine mal pour elle. Je ne vous en dirai pas plus si vous n'avez pas regardé le film. Il faut reconnaître que l'exceptionnelle qualité de l'image tient un grand rôle dans la beauté surnaturelle de Rosy, qui m'a bien des fois fait penser au gigantesque King Kong amoureux d'une fragile humaine. Rosy elle aussi est monstrueusement gigantesque, elle pèse des tonnes, à elle toute seule elle a la force de cent cinquante hommes, elle est toute pétrie de tendresse, et un seul homme peut lui faire beaucoup de mal.

SAS la Princesse Stéphanie de Monaco a fondé en 2013 l'association Baby et Népal

SAS la Princesse Stéphanie de Monaco a fondé en 2013 l'association Baby et Népal

Peut-être avez-vous entendu parler des éléphantes mère et fille, Népal et Baby, lâchement abandonnées par le cirque Pinder, hébergées au Parc de la Tête d'Or à Lyon, accusées d'êtres porteuses de la tuberculose, et condamnées à mort, in extremis recueillies à la suite d'une énorme mobilisation du public choqué de voir ce qu'on peut faire à des animaux de cirque qu'on a fait travailler toute leur vie pour le plaisir des gens avant de s'en débarrasser quand on ne peut plus se servir d'eux. Népal et Baby coulent aujourd'hui des jours heureux, bien mérités, dans la propriété des Grimaldi, à Roc Agel près de Monaco. Ce n'est hélas pas le sort que connaissent tous les éléphants capturés, esclaves du cirque, exploités et martyrisés jusqu'à leur dernier souffle.

Ci-dessus ▲ je vous mets le lien d'une histoire vraie, la tragique histoire de l'éléphante Tyke. Âmes sensibles s'abstenir, c'est un récit cruel, illustré par l'enregistrement vidéo de son évasion, et par de terribles photos. Il est temps, pour les cirques, de renoncer à séquestrer et torturer les animaux, de même qu'il est urgent pour les zoos d'ouvrir leurs cages et d'offrir aux animaux des espaces ouverts recréant autant que possible les spécificités de leur habitat naturel.

Olifant

Pour terminer sur une note plus légère je voudrais vous faire découvrir l'attachement de certains adultes pour la représentation de l'olifant dans le monde du jouet. Sur Pinterest je me suis créé un tableau de Grandes Oreilles, éléphants et lapins. Je vous montre quelques uns des éléphants que je collectionne en espérant vous transmettre la grosse affection que j'éprouve pour ces pachydermes tendres et joueurs. La plupart sont des peluches bien fanées, autant dire shabby chic, à câliner sur l'oreiller quand on a un petit coup de blues. Heureusement, tout n'est pas définitivement injuste et révoltant sur notre Terre. 

OlifantOlifant
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Laissons-les vivre libres, c'est ainsi qu'ils sont le plus heureux. Et cela vaut pour tous les animaux sauvages.

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Melancholia : la beauté à l'état pur

Publié le 17 Novembre 2014 par Thaddée dans Filmographie

La planète Melancholia s'approche dangereusement de la Terre

La planète Melancholia s'approche dangereusement de la Terre

Je n'ai pas pour habitude de parler cinéma. Du moins pas trop. Le film qu'a diffusé Arte hier dans la soirée faisant exception dans tous les sens du terme j'éprouve le besoin de lui consacrer quelques lignes. Peut-être que vous-même vous l'avez regardé. Ou bien, vous avez évité, pour ne pas vous confronter une fois de plus à un scénario-catastrophe de fin du monde. Mais je vous assure que ce film n'a rien à voir avec les autres et c'est peut-être le film le plus beau que j'ai vu de toute ma vie. Ce matin, en ouvrant les yeux, j'avais encore ses images terribles dans la tête.

Le film commence comme ça : par des images d'une beauté pétrifiante : un cheval qui s'affaisse au ralenti dans la nature obscurcie. Une mère, son enfant dans les bras, qui essaie de se relever et de fuir, mais dont tous les mouvements semblent entravés par une force supérieure qui la cloue sur place. Une jeune femme blonde, fascinée, qui regarde courir de l'électricité au bout de ses doigts. Et cette planète, qui porte le nom de Melancholia, s'approcher de la Terre.

Justine, jeune mariée depressive et décalée, fuit la réception dans sa robe funèbre

Justine, jeune mariée depressive et décalée, fuit la réception dans sa robe funèbre

C'est l'histoire de Justine (Kirsten Dunst), une jeune femme étrangement décalée, qui se marie. A cette occasion, est donnée une magnifique et coûteuse réception. Plus on avance dans la nuit, plus elle devient mélancolique. Elle finira par sombrer dans la dépression. Pendant ce temps, une planète qui se cachait derrière le Soleil, passe devant l'étoile rouge Antarès, et progresse en direction de la Terre. On apprendra plus tard qu'elle n'a pas heurté Mercure. Elle n'a pas heurté Vénus. Est-ce qu'elle heurtera la Terre, ou pas ?

Et Justine, sereine comme jamais, sa sœur Claire (Charlotte Gainsbourg), de plus en plus inquiète, et le mari de Claire, émerveillé, se relaient derrière le télescope braqué sur le ciel et sur la planète bleue qui s'approche et qui se lève tous les soirs avec la Lune. Et comme prévu elle frôle la Terre avant de s'éloigner.

Mais ...

Vous n'avez pas vu ce film ? - Je vous en prie, regardez-le. C'est une ode incroyable à notre petitesse humaine, à la toute-puissance de l'espace infini, qui donne sa juste mesure  à notre place dans l'univers, tellement infime, tellement précaire ... et si tragiquement isolée. Une oeuvre envoûtante, angoissante et déchirante que nous offre là Lars von Trier. Un cadeau grandiose, inoubliable, et qui donne à réfléchir sur le sens de l'existence et la sombre, inéluctable, destinée de l'humanité.

La Lune et la planète Melancholia baignent la nuit d'une clarté tragique

La Lune et la planète Melancholia baignent la nuit d'une clarté tragique

PS : à presque un mois de Noël je me suis autorisé un fond de blog un peu plus ludique, voire enfantin. Et c'est vrai, je ne suis pas très souvent sur vos blogs en ce moment. La semaine est chargée, le week-end trop court, et je prends du retard dans mes visites et ma réponse à vos commentaires. Mais ce n'est que partie remise, et je prendrai le temps, un de ces jours, de venir vous lire et vous commenter. D'ici là je vous souhaite une bonne fin de soirée, une bonne nuit, et ne rêvez pas de fin du monde. Il faut espérer qu'elle n'est pas pour demain.

Justine, fascinée, regarde l'électricité danser au bout de ses doigts

Savoir qu'on va mourir, ce n'est pas rien.

Mais savoir qu'on va mourir avec toute la planète, comment faire face à ça ?

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Le huis clos : c'est mon truc

Publié le 5 Juin 2014 par Thaddée dans Journal d'un écrivain, Filmographie

Buried : Le synopsis qui tenait sur un timbre poste

Jeudi 5 juin 2014, le matin - Comme je suis malade et que je n'avais pas à me lever de bonne heure ce matin, si ce n'est qu'il me fallait quand même aller faire une prise de sang à jeun, je me suis autorisé à regarder le film que diffusait hier soir France 4 après 22:30. Au passage, je salue cette chaîne qui ne nous assassine pas de quinze minutes de publicité tous les demi-heures.

J'ai donc regardé Buried après avoir passé une heure trente devant 127 HEURES qui m'avait déjà vu me cacher les yeux plus souvent qu'à mon tour pour échapper aux scènes particulièrement insoutenables, et je n'en dirai rien car le film entier repose sur la scène la pire qui soit. Mais je n'avais encore rien vu.

Buried. Un anonyme en dit sur la toile que c'est : un synopsis qui tient sur un timbre poste. Et je suis bien d'accord : un seul personnage pendant une heure trente ; un seul endroit : la caisse dans laquelle il est enterré vivant, quelque part sous le sable du désert irakien. La seule chose qui peut lui sauver la vie, c'est le téléphone portable qu'ont laissé dans la tombe ses ravisseurs. Dès les premières images, sans image d'ailleurs, on n'entend que son souffle, se précipiter quand il découvre l'horreur de sa situation, je me suis dit qu'être enterré vivant c'était encore pire que d'être retenu prisonnier par un rocher au fond d'une crevasse. Au moins, dans le dernier cas, on meurt à l'air libre. Que le camionneur basé en Irak, dans Buried, il agonise dans les affres de l'angoisse et de l'épouvante, livré à lui-même dans un espace exigu sans ouverture, enseveli vivant sous la terre.

6 pieds sous terre. 90 minutes d'oxygène. Un portable. Aucune issue.

On suffoque très vite à partager ses accès de colère, ses crises de panique et ses effondrements. Parce qu'on est avec lui, on vit avec effroi ce qu'il vit, enfermé dans une boîte tellement étroite qu'il ne faut pas songer s'y retourner ou s'y redresser. Il y a de la lumière, ouf - son briquet, une lampe électrique, un tube phosphorescent. Mais qui lui servent à prendre la mesure d'une tragédie personnelle sans issue.

Bien sûr, le film n'a pas été sans me faire penser au drame de mon Sans-Nom, condamné à creuser toute sa vie dans les galeries de la mine. Il n'a pas été non plus sans m'obliger à jeter un regard critique sur le roman que j'essaie de ficeler depuis maintenant deux mois.

Roman dont j'ai dû interrompre l'écriture à cause du surmenage. Il n'en reste pas moins que j'ai déjà rédigé trois cent cinquante pages et peut-être davantage et que, de ce fait, je me trouve plus près de la fin que du début. N'empêche que : à cent pages du dénouement, la machine se bloque et n'arrive plus à redémarrer. Il y a plusieurs raisons à ça : l'épuisement physique et intellectuel ; le besoin de faire une pause et de prendre du recul ; mais aussi, et ce n'est pas moindre, la conscience, quoique encore confuse, d'avoir escamoté le fond de l'histoire, à savoir : l'atmosphère irrespirable et le sentiment d'oppression qui devraient sévir à chaque ligne et même entre les lignes.

En voulant m'attacher à la personnalité débordante de mon personnage, en m'attachant à ses émotions, à ses relations avec les autres, ainsi qu'à ses déboires personnels qui, pour n'être pas anodins, n'auraient pas dû pour autant devenir prioritaires, j'ai laissé dans l'ombre tout ce qui se passe autour de lui en termes d'enfermement, d'isolement, de désespoir et de folie.

Ainsi, ressortent du tableau le caractère et le destin personnel d'un seul homme alors même qu'il lui faut maintenant entrer dans un mouvement plus universel dont il a été peu question tout au long de l'histoire, tout au plus sous forme d'anecdotes si furtives, si furtives, que je me maudis d'avoir pris autant de distance avec des faits majeurs qui seuls, expliqueraient l'attitude et la décision de mon personnage central à cent pages de la fin.

David G. HoDavid G. HoDavid G. Ho

David G. Ho

Il m’apparaît encore que nous ne sommes pas tous aussi doués que Faulkner ou Stephen King pour mettre en scène un nombre incalculable de personnages auxquels on se doit, par honnêteté vis-à-vis du lecteur, de donner une vraie dimension dramatique, fût-il un passant ordinaire. Ce que j'admire le plus chez Stephen King, c'est que dans aucune de ses œuvres il n'y a de personnage secondaire ou falot : ils jouissent tous d'un physique scrupuleusement détaillé ; ils ont la richesse psychologique de tout être vivant. Il sait les amener tour à tour sur le devant de la scène en pleine lumière. Il s'en va les rechercher quand nous, lecteurs, nous les avons presque oubliés.

Je ne peux pas en dire autant de moi, qui me suis fait submerger une fois de plus par le surnombre sans visage et sans énergie. Mes armées de fantômes n'arriveront pas au bout du combat que j'ai prévu pour eux.

J''ai coutume de dire que je suis l'auteur d'un seul livre : entendez par là mon récit Fragments d'une vie brisée, qui conte le destin tragique d'un jeune esclave vendu par son maître, pour refus d'obéissance, aux mines de plomb argentifère du Laurion. Personnellement ça m'embêterait un peu de n'être l'auteur que d'un seul livre, d'autant plus que j'en ai écrit beaucoup, même si la plupart sont restés et resteront dans l'ombre. Il serait mieux venu d'affirmer que je suis l'auteur d'un seul personnage. A défaut de talent pour entrer dans l'action, faire de l'épopée, déménager tout un peuple et le conduire à la liberté, j'aime à penser que ma littérature est finalement et définitivement très French : j'aime à sonder l'âme de mes protagonistes, lesquels sont égoïstes et contemplatifs comme moi. Dieu me pardonne.

Huis clos (figuré) : Confrontation entre des personnes qui sont isolées du monde extérieur.

Wiktionnaire

Ainsi, je n'ai pas dit mon dernier mot. Sitôt que j'en aurai fini avec la douleur qui me chauffe le crâne, lamine mes forces, et me tourne l'humeur comme c'est pas Dieu possible, je me mettrai sur un nouveau roman qui saura faire appel à ce que je sais faire : du psychologique, du relationnel, du dramatique et de l'asphyxiant. Ainsi soit-il, puisque il ne peut en être autrement. Je n'ai aucun regret de devoir laisser de côté un roman de plus qui restera par la force des choses inachevé. Peut-être ai-je eu le tort, en le rédigeant ces deux derniers mois, de lire Stephen King et Philippe Djian, mes maîtres littéraires en quelque sorte, même si j'en ai bien d'autres, même si certains me font pâlir de jalousie, même si je mesure ma pauvreté à l'aune de leur puissance narrative. Je crois qu'un auteur, un créatif quel qu'il soit, tout au long de son existence est à la recherche de l'oeuvre dont il pourra dire : Là, vraiment, c'est moi. Là, vraiment, c'est bon. Je peux mourir tranquille. J'ai fait ce que j'ai dû. Mais comme dit ce proverbe dont l'auteur m'échappe : "N'attends pas d'être parfait pour commencer à faire quelque chose ".

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Prisons et châteaux

Publié le 1 Juin 2014 par Thaddée dans Journal d'un écrivain, Filmographie

Capture d'écran, Da Vinci's Demons, Saison 1, épisode 6

Capture d'écran, Da Vinci's Demons, Saison 1, épisode 6

Hier soir j'ai pété les plombs. Encore une fois. Ca m'arrive beaucoup ces derniers temps, j'ai les nerfs à cran, j'aurais besoin de repos après un mois de mai particulièrement tumultueux. J'ai pété les plombs disais-je parce que la TNT14 nous a collé un tournoi de tennis à la place de Da Vinci's Demons et qu'il a fallu attendre une heure qu'ils posent leurs raquettes avant de pouvoir, enfin ! profiter de la série programmée. Quand je pense qu'il y a des chaînes spécialisées dans le sport, je ne vois pas pourquoi on infeste les chaînes publiques de politique, sport et publicité qui donnent tout simplement envie de passer le poste par la fenêtre.

Après ce préambule un peu chaud j'en arrive au sujet qui nous intéresse aujourd'hui - du moins, qui m'intéresse moi tout en espérant qu'il retiendra l'attention de quelques visiteurs égarés sur mon site. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire il y a quelques jours, je suis avec le plus grand intérêt cette émission américaine même si elle ne représente pas, loin s'en faut, De Vinci tel que je me plais à l'imaginer, noble vieillard enfermé dans ses visions futuristes, alter ego italien de notre Jules Verne national. J'éprouve une irrésistible fascination non pas pour Tom Riley, lequel me semble indiscutablement parfait dans son rôle de fou du Roy, mais pour l'acteur qui incarne le Turc, à cause, je l'ai déjà dit, de son regard incroyable, pour ainsi dire indescriptible, dévoré par le feu ; non moins que la sidérante noblesse de ses traits. J'ai rarement vu un homme d'une telle prestance et d'une telle beauté. Je pourrais regarder quatre heures d'affilée de cette série rien que pour connaître l'émotion de le voir trois minutes à l'écran.

Mais comme toujours je m'éloigne de ce que pourquoi j'ai décidé ce matin de rédiger un article. Dans l'épisode 6 de la saison 1, le premier des trois à être passé hier soir avec une heure de retard (et on paie la redevance audiovisuelle) il y a un passage singulièrement puissant qui montre un prisonnier enchaîné à l'intérieur d'une architecture métallique traversée par des barres de fer et des armes tranchantes. A la vue de cette construction pour le moins hallucinante, j'ai immédiatement pensé aux figures géométriques d'Escher et sitôt que j'eus ouvert l’œil ce matin, d'aussi mauvaise humeur qu'hier à cause d'une fatigue récurrente, j'ai cherché sur Internet des figures similaires et de là, j'ai découvert deux articles tout simplement ahurissants dont je vous fais part en espérant qu'ils saurant piquer votre curiosité.

Construction géométrique : lire à partir de la minute 10 → minute 13

Attention : la violence psychologique de la scène est de nature à heurter les plus jeunes et les personnes sensibles. Merci de tenir compte de cet avertissement.

Avant de vous signaler les deux sites en question, je me permets de mettre en ligne deux œuvres d'Escher. Celle de gauche représente une série d'escaliers de secours en cas d'incendie ; il s'agit d'une photographie de James Maher qui tend à renforcer le graphisme asphyxiant des lignes de fuite et perspectives obliques. L'oeuvre de droite montre une structure tridimensionnelle qui m'est chère, c'est l'idée rassurante que je voudrais me faire de l'espace, ordonné, fortement étayé par un solide échafaudage d'où ne s'échapperait plus cette horreur de néant sans queue ni tête, ni début ni fin, où restent en suspens par la grâce de Dieu les planètes et tout ce qui leur tourne autour en termes d'étoiles et de poussière. Bref. J'ai découvert ! et j'en ai encore le souffle coupé.

Prisons et châteauxPrisons et châteaux

La spécificité des cristaux (comme le sel, le sucre, le diamant, et de façon générale, tous les minéraux) est de présenter une structure périodique parfaitement ordonnée à l'échelle atomique. Le sel de table par exemple, le chlorure de sodium, est constitué de milliards de "petits cubes" qui ressemblent à ceci (les boules vertes représentent les atomes de chlore et les boules bleues, les atomes de sodium).

Poussant plus loin mes investigations sur les constructions géométriques, quelle ne fut mon enthousiasme et mon admiration ! - lorsque j'ai découvert ce site que je vous recommande tout particulièrement si vous avez envie d'avoir votre part de rêve en ce premier dimanche de juin. N'est-ce pas merveilleux, de construire des cubes avec du sable !?

Château de sable géométrique construit par l'artiste new-yorkais Calvin Seibert

Château de sable géométrique construit par l'artiste new-yorkais Calvin Seibert

Entre le cauchemar de la sphère carcérale et les châteaux de sable il y a bien évidemment tout un monde où se tient mon propre univers mental et romanesque. A ce propos, mes trouvailles matinales pourraient bien donner un second souffle à mon écriture, en panne depuis quelques jours à cause d'un épuisement cérébral et physique, conséquence incontournable d'un travail à plein temps, dehors, dedans, non stop ... jusqu'à ce que ça craque. Il n'est pas un roman qui ne m'ait rendu malade à force de travail et d'émotion, donc rien d'exceptionnel au fait que je sois aujourd'hui sur les rotules et dans un état proche de l'explosion.

A noter, pour sauter du coq à l'âne comme il convient, que l'épisode dans lequel l'Abyssinien est enfermé dans une cage sphérique est sans doute inspiré de ces cages qu'on appelle des fillettes. C'est là que croupissent sans procès, sous Louis XI, entre 1461 et 1483, tous ceux qui ont le malheur de s'opposer au roi. Plus précisément : les fillettes sont les fers et chaînes munies d'une lourde masse de fer à leur extrémité et fixées à des anneaux enserrant les chevilles avec lesquels Louis XI faisait enchaîner ses prisonniers (comme le cardinal Balue), et non, selon Philippe de Commynes, le biographe de Louis XI, des cages de fer suspendues, la confusion étant faite entre ces cages (elles n'auraient concerné que trois personnes) et des cellules fermées. - Wikipédia

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