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Le blog de Thaddée

"Ce qui parle le mieux de nous, ce n'est pas ce que nous disons, c'est ce que nous faisons. Je fais des livres qui parlent de moi sans le dire." TS | Actualité OB Kiwi et plates-formes de blogs, Déco blogs, Balades à Sète, Chroniques lyonnaises et fidésiennes, Escapades, Histoires de chats et d'oiseaux, Littérature, Photographie, Société, Poupées, Tricot, La vie ... Communauté : "Victor & Victoria", esprit shabby chic, romantique et cosy.

lecture au coin du feu

Les jolies choses

Publié le 1 Novembre 2015 par Thaddée dans Photo et Vidéo, Lecture Au coin du feu

Les jolies choses

Un graffeur passait par là, qui voulait voir et faire voir la vie en rose. Je prends.

La couleur n'est pas au dehors. Elle est en soi. Seule la lumière est dehors.

Neige [Maxence Fermine]

Les jolies choses

Je viens de les trouver, par terre, du côté de chez la fleuriste. J'ai pris.

Tout ce qui n'est pas moi et qui m'éclaire. Tout ce que j'ignore et que j'attends. L'attente est une fleur simple. Elle pousse au bord du temps.

Eloge du rien (1990) Christian Bobin

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Couleurs, douleurs d'automne

Publié le 27 Octobre 2015 par Thaddée dans Photo et Vidéo, Lecture Au coin du feu

Couleurs, douleurs d'automne

Signe

Je suis soumis au Chef du Signe de l’Automne
Partant j’aime les fruits je déteste les fleurs
Je regrette chacun des baisers que je donne
Tel un noyer gaulé dit au vent ses douleurs
Mon Automne éternelle ô ma saison mentale
Les mains des amantes d’antan jonchent ton sol
Une épouse me suit c’est mon ombre fatale
Les colombes ce soir prennent leur dernier vol.

Guillaume Apollinaire, Alcools

Couleurs, douleurs d'automne
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L'énigme des arêtes de poisson

Publié le 21 Octobre 2015 par Thaddée dans Lugdunum à tous les temps, Lecture Au coin du feu

L'énigme des arêtes de poisson

Les arêtes de poisson : on appelle ainsi le réseau de tunnels souterrains qui court sous la colline de la Croix-Rousse à Lyon, et dont on ne sait pas encore ni quand ni pourquoi il a été creusé. Vide, sans vestiges, il suscite bien des interrogations et vient de faire l'objet d'un ouvrage intitulé "L'énigme des arêtes de poisson", écrit par Walid Nazim. Je ne l'ai pas lu, je ne l'ai pas entre les mains, mais j'ai pensé qu'il pouvait représenter un intéressant complément d'enquête à mes anciens articles consacrés à l'antique Lugdunum mystérieux et secret.

Quel est ce mystérieux labyrinthe qui prend naissance sous l'église Saint Bernard, et qui s'étend sur des kilomètres dans les profondeurs de la Croix-Rousse ? Sans aucun doute le plus grand mystère de Lyon, peut-être plus encore. Car il semblerait que, dans l'ombre, une puissance occulte oeuvre depuis toujours à maintenir le silence autour des arêtes de Poisson ; aucune trace de construction ou d'utilisation, des milliers d'ossements humains qui disparaissent sans être analysés, un rapport archéologique biaisé...Une enquête unique et passionnante qui vous fera pénétrer les sombres secrets de mille ans d'histoire.

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L'énigme des arêtes de poisson

Longueur connue : 1,4km. Plusieurs hypothèses sur l'utilité de ce réseau souterrain existent. Selon la première, les arêtes permettaient l’accès à la citadelle royale du XVIe siècle, aujourd'hui disparue. La seconde fait de ce réseau un entrepôt du trésor des Templiers. D'autres font remonter la construction de ce réseau à l'époque gallo-romaine. Reste que certaines des arêtes ont peut-être servi de catacombes, des ossements ayant été découverts en 1959, présence attestée dans les archives municipales.

La "colonne vertébrale" supérieure - Grégory Kerouac — Travail personnel

La "colonne vertébrale" supérieure - Grégory Kerouac — Travail personnel

Alors, qu'en est-il ? Peut-être un début de réponse dans l'ouvrage du chercheur Walid Nazim. Mais si cet obscur dédale de galeries a su préserver son impénétrable secret depuis mille ou deux mille ans, n'en sera-t-il pas de même encore pendant les deux mille prochaines années ?

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Jardins de pierres, Véronique Abelès

Publié le 20 Octobre 2015 par Thaddée dans Lecture Au coin du feu

Jardins De Pierres - Un Regard Sur Les Cimetières De L'Orne

Cet ouvrage met en avant le cimetière, peu valorisé et méconnu, voire ignoré. Pour l’éditeur, il n’existe à ce jour aucune publication traitant du sujet, ce qui fait l’originalité de ce projet d’édition. Le but est de se réapproprier ces lieux en les regardant autrement. Cet ouvrage met en évidence l’intérêt, l’importance et la diversité du patrimoine funéraire, fragile et soumis aux assauts du temps.

Fondation du Patrimoine, Basse-Normandie

Jardins de pierres, Véronique Abelès

Un voyage sublime parmi les monuments toujours debout et les tombes démolies depuis longtemps, illustré par des photos qui, pour certaines, ressemblent à des peintures. Un livre rare : il s'agit sans doute du premier ouvrage consacré à des cimetières. Et pour une première, c'est une grande première. Le regard que Véronique Abelès porte sur la demeure des morts est neuf, sensible, et perçoit le détail infime qui fait de chaque photo un tableau d'artiste. Coquelicot surréaliste au milieu des pierres et du marbre, ferrailles mordues par la mauvaise herbe, ciel et sable apportant leur touche de douceur sur les pierres tombales, faciès déformé des statues, croix solitaires et tragiques ... toute l'histoire secrète de ces jardins, de ces pierres, déclinée sur tous les tons de l'amour. Du visuel et du textuel de qualité, servis par une femme qui a fait le pari d'intéresser le public à l'un des sujets restés tabous dans notre culture : la mort.

Mais encore ... Véronique Abelès soigne les maisons abîmées

Véronique Abelès aime restaurer les maisons anciennes

Véronique Abelès aime restaurer les maisons anciennes

Une restauration dans l’esprit de la tradition, à l’ancienne, la plus simple possible. Véronique Abelès défend une certaine idée de la rénovation. Depuis une vingtaine d’années, elle accompagne, conseille les propriétaires désireux de restaurer leur maison en respectant son âme et son histoire.

Pour en savoir plus sur la passion de cette femme qui a décidément plusieurs cordes à son arc, rendez-vous sur le site dont je vous indique le lien ci-dessus _▲_. Et pour la petite histoire, Véronique Abelès aime les chats, et va jusqu'à choisir le nombre de pièces et le terrain clos de ses demeures successives en fonction du nombre de chats qui augmente au fur et à mesure qu'elle déménage.

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Embellished Manuscripts - Paperblanks

Publié le 26 Septembre 2015 par Thaddée dans Journal d'un écrivain, Lecture Au coin du feu

Embellished Manuscripts - Paperblanks

To inspire the writer, these unique writing journals portray the work of some of the greatest writers, thinkers and artists of all time. These reproductions of excerpts from original manuscripts, letters, scores and drawings provide a glimpse into the creative process of figures such as William Shakespeare, Sigmund Freud and Vincent van Gogh.

Paperblanks

J'ai découvert ces petits bijoux de livres, tout à l'heure, en vitrine d'une librairie. Je les trouve d'un tel raffinement ... qu'il me semblerait naturel d'en posséder un ou deux pour y rédiger le manuscrit d'un prochain roman. Ça fait bien longtemps que je n'ai pas attaqué l'écriture d'un nouveau livre, faute au travail, aux soucis, sans doute aussi faute au Web qui accapare mon temps libre. Il ne tient qu'à moi de mettre Internet de côté ; de m'enfermer dans ma tour d'ivoire. Écritoires, encres violettes, vieux papier jaunes et bruns ... Cahiers reliés. Manuscrits enluminés. Quand l'écriture se coud de fil d'or pour ajouter à l'excitation de vivre une vie parallèle la volupté du luxe et de l'élégance.

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Jane Austen inspire

Publié le 20 Septembre 2015 par Thaddée dans Les blogs et moi, Lecture Au coin du feu

Ses œuvres sont parfois réduites à des histoires d'un romantisme désuet, une sorte d’Harlequin haut de gamme pour midinettes. Mais c'est tellement plus complexe : Jane Austen est avant tout un auteur exceptionnel qui dépeint avec finesse et humour la gentry anglaise*.

*La Landed gentry est le nom donné à la bonne société anglaise, et en particulier à la noblesse non titrée. Elle est de bonne éducation et "a des valeurs". - Wikipédia -

La génération actuelle a une fascination pour cette quintessence de l’anglicité et la représentation idéale de la société britannique au tournant des XVIIIe et XIXe siècle, avec les paysages ruraux idylliques du peintre Constable, préservés des dégradations de la révolution industrielle, sans doute rassurants dans une époque tourmentée…

rue 89, nouvel obs

Paysage avec cottages, 1809-1810, huile sur toile, John Constable, Chicago Art Institute, Chicago

Paysage avec cottages, 1809-1810, huile sur toile, John Constable, Chicago Art Institute, Chicago

Un engouement surtout perceptible outre-Manche et aux Etats-Unis où tous les romans de Jane Austen font partie du canon littéraire classique. En effet, les publications des universitaires sur la romancière et l’inscription de ses romans au programme des universités auraient permis de redécouvrir Jane Austen dans ces deux pays.

Jane Austen arrive en France

Alice est une janéite, une admiratrice de l’œuvre austenienne. Ce terme inventé en 1894 par un expert en littérature permettait de désigner les admirateurs masculins qui percevaient dans l’œuvre de Jane Austen « une preuve de leur bon goût ». Aujourd’hui, cette qualification est devenue accessible à tous. Pour Alice, l’austenolâtrie commence à l’âge de 15 ans, en 1998, quand elle découvre les romans de l’écrivain, jusque-là abandonnés sur les étagères de la bibliothèque maternelle.

Après avoir délaissé les œuvres de Jane Austen pendant une dizaine d’années, Alice s'y raccroche alors qu’elle cherche du travail. Elle a fini ses études de psychologie. Les romans de Jane Austen sont une échappatoire à des moments difficiles, elle y trouve du réconfort. Et non contente de se replonger dans son oeuvre elle ouvre un blog dédié à la femme qu'elle admire. En France, il n’existe pas encore de sites sur Jane Austen, la communauté française est toujours dans l’ombre. Le blog d'Alice, 27 ans, est une première dans ce domaine : elle y recense toutes les informations et les adaptations des livres de la romancière. Elle évoque la vie de l’écrivain, ses personnages ses admirateurs, ses blagues, ses lieux, ses disciples ... Alice au pays des merveilles, c'est ici _▼_.

Voilà pour la littérature. Mais Jane Austen ce n'est pas que des mots, ce n'est pas que des romans. C'est aussi l'univers visuel, riche et romantique, qui va inspirer les webdesigners. Longues robes et ciels voilés, promenades en bord de mer, les tableaux austeniens se retrouvent maintenant sur les sites et sur les blogs.

Jane Austen en fond de blog

J'ai déjà eu l'occasion de vous décliner les saisons de Heather M. Laurence, illustrées d'extraits de lettres ou romans de Jane Austen _▼_.

Jane Austen inspire

Ci-dessous le mois de septembre _▲_. Les autres mois sont disponibles en cliquant sur le lien ci-dessous _▼_ qui vous renvoie vers mon article Le romantisme n'a pas pris une ride.

Au hasard de mes promenades sur le Web j'ai découvert d'autres représentations du monde élégant, raffiné de Jane Austen. Signés Parisa, des fonds de blog délicieusement vintage directement inspirés de la mode victorienne.

Jane Austen inspire
Jane Austen inspire
Jane Austen inspire
Jane Austen inspire

Vous les retrouverez sur la page que je vous indique ci-dessous _▼_ avec bien d'autres créations originales, backgrounds à dentelles, avec médaillons, ou fleuris de roses anciennes.

Ma dernière trouvaille, le blog I love it et sa rubrique intitulée Inspired by Jane Austen. Qui dit mieux ?

Jane Austen inspire
Jane Austen inspire

14 fonds de blog antiques et vintage à découvrir ici _▼_. Sur ce blog, pas de dames en robe longue ou d'ombrelles, mais des lustres à pampilles, des dentelles, des manuscrits, des horloges, des armoires, des commodes, des éventails et des fleurs issus de l'environnement familier de Jane Austen.

Vous-mêmes, n'auriez-vous pas envie d'habiller votre blog aux couleurs de Jane Austen ? - Non seulement c'est très à la mode, mais c'est tellement apaisant, loin des tourments qui secouent notre époque moderne. Un peu de douceur n'a jamais fait de mal à personne n'est-ce pas ?

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The Book Seat

Publié le 6 Juin 2015 par Thaddée dans Lecture Au coin du feu

Le pouf  pour livres, ou coussin pour livres, vous garantit la lecture mains libres de vos livres, e-books et tablettes. J'ai vu ça chez mon libraire, il s'en sert pour présenter les ouvrages qu'il veut mettre en avant. Très utile mais aussi très cosy je trouve. Petit siège impérial pour livre de chevet : c'est aussi décoratif que pratique !

« Leuke Dinges » présente, en tant que distributeur exclusif pour le Benelux, la France, Monaco, la Suisse, l'Allemagne et l'Autriche, « The Book Seat », un concept breveté d'origine australienne qui offre dorénavant à tous les amateurs de livres et à ceux d'entre nous souffrant d'une déficience physique la possibilité de lire en mains libres en tout confort, où et quand que ce soit. Qu'il s'agisse d'un livre à couverture souple ou rigide, d'une BD, d'un cours, d'un livre de cuisine ou de bricolage, épais ou mince, lourd ou léger, The Book Seat le soutiendra parfaitement.
Lire en étant assis, couché, debout ou en mangeant et sans avoir à utiliser ses mains ? Les mains froides ou moites et les muscles douloureux du cou ou des bras parce qu'on a lu dans son lit jusqu'au petit matin font dorénavant partie du passé !
Encombrant à emporter ? Pas du tout, ce petit « pouf » pèse à peine 200 gr et fait également office de coussin de voyage pour ceux qui veulent parcourir les quatre coins du monde en lisant.
Bref, le rêve de tout amateur de livres s'est réalisé...

Vie pratique et style - Licence Youtube standard

The Book Seat
Il existe dans plein de coloris différents 
avec motifs ou pas
et dans son dos, porte une pochette 
où l'on pourra ranger ses lunettes, son portable ou son stylo. 
Que demande le peuple ?
The Book Seat
A glisser dans son bagage 
en vue de bouquiner sur la plage ....
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Charlie saute sur les sectes

Publié le 18 Janvier 2015 par Thaddée dans Planète tétraèdre ne tourne pas rond, Lecture Au coin du feu

Pendant un an, Antonio Fischetti et Tignous ont médité en djellaba allongés sur l'herbe d'un terrain de foot avec les raëliens, bouffé des crevettes crues avec les adeptes de l'instinctothérapie, scandé des heures durant «Hare Krishna», répondu aux questionnaires sans fin de la scientologie, suivi les séminaires de formation et développement personnel de Landmark Education... Résultat : un numéro spécial de Charlie hebdo sur les sectes. Vingt enquêtes et reportages «chez les illuminés», écrits par Antonio Fischetti et illustrés par Tignous. Le résultat est hilarant. Car, comme le rappelle Charlie hebdo, il s'agit d'un voyage «au cœur de la loufoquerie, de la méchanceté, de la mégalomanie, de la perversité, du mensonge, de l'escroquerie, de la paranoïa, de la naïveté des uns et de la ruse des autres».

Catherine Coroller 25 juin 2004

Par deux fois déjà je vous ai parlé du hors-série "Charlie saute sur les sectes". Voici un petit article récapitulatif pour vous permettre de vous faire une idée de ce numéro spécial.

Charlie saute sur les sectes

C'était des déconneurs, ils méritaient pas ça ...

Charlie saute sur les sectes
Charlie saute sur les sectes
Charlie saute sur les sectes
Charlie saute sur les sectes
Charlie saute sur les sectes
Charlie saute sur les sectes
Charlie saute sur les sectes
Charlie saute sur les sectes
Charlie saute sur les sectes
Charlie saute sur les sectes
Charlie saute sur les sectes
Charlie saute sur les sectes

NB - La qualité des photos n'est pas extra, mais vous pouvez disposer de ces dessins à votre convenance. Juste une remarque : je ne vends pas mon "Charlie saute sur les sectes", même à 1 million d'euros ;-)

Charlie saute sur les sectes
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Le petit sapin qui en voulait trop

Publié le 3 Janvier 2015 par Thaddée dans Photo et Vidéo, Lecture Au coin du feu

Les premiers jours du mois de janvier sont pour moi tous semblables. L'air est plus sec et plus blanc, c'est comme une terre vierge qui se déroule sous les pas, toute fraîche, attendant qu'on y construise quelque chose. Pour un peu le passé n'existe plus. Ce mois de décembre, riche et chatoyant de ses velours pourpres, s'est dissimulé dans un coin de ma mémoire, il est devenu brusquement ancien et inaccessible. Et j'en cherche les vestiges, le cœur un peu triste, le long de la rue toujours décorée, mais silencieuse et tranquille.

Le petit cheval n'a pas été adopté pendant les Fêtes. L'année prochaine, peut-être ?

Le petit cheval n'a pas été adopté pendant les Fêtes. L'année prochaine, peut-être ?

La ville se repose et nous aussi. Oh je n'ai pas fait la fête à tout casser, mais la grippe m'a porté un sacré coup, et j'ai l'impression d'émerger d'un sommeil qui aura duré sept jours. J'appréhendais un peu ce matin de tomber sur des reliques de mon fabuleux jour de Noël, oh les sapins jetés aux ordures, ça me fait toujours mal de penser qu'ils sont tout secs. A ce propos j'ai lu Le Sapin, un conte d'Andersen. C'est l'histoire d'un petit sapin dans la forêt. Il est particulièrement beau, et pourrait être heureux de sa condition libre et de voir les petits animaux le côtoyer au quotidien mais le petit sapin a de plus grandes ambitions. Il voudrait vivre une aventure ! Il a entendu parler de sapins plus grands que lui qui ont connu les fastes d'une soirée royale dans quelque demeure bourgeoise, et se prend à rêver de connaître le même destin. Quand un jour, son vœu se voit réalisé ... On le coupe, on l'emporte, on le dépose dans un salon grandiose, on le couronne d'une étoile en argent. Mais après ? - se demande-t-il tout le temps. Et après ... on le jette dans un coin noir, on l'oublie, puis on s'en débarrasse dans un coin du jardin alors que refleurit le printemps.

Le petit sapin qui en voulait trop

Il en est ainsi des hommes insatisfaits de leur condition, qui rêvent d'accéder à de plus hautes sphères sans avoir pris conscience qu'autour d'eux, la vie était belle, tout simplement. Ce pourrait être le message de cette nouvelle année : regardons autour de nous ce que nous avons, ne regrettons pas ce qui nous manque. Abstenons-nous de faire de ces rêves fous qui nous rendent malheureux. Contentons-nous de peu, c'est le mieux que nous puissions faire : le bonheur n'est pas ailleurs qu'à porté de notre main.

A vous toutes et tous un beau week-end, et commencez bien l'année.

Le petit sapin qui en voulait trop
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Dialogue du chapon et de la poularde, Voltaire

Publié le 28 Décembre 2014 par Thaddée dans Lecture Au coin du feu

Dialogue du chapon et de la poularde, Voltaire

Les contes de Noël ont en général pour vocation d'éclairer nos mirettes et de nous faire rêver. Et puis ... il y a des contes de Noël particulièrement cruels, mais qui reflètent (encore ! ) un fait de société. Voltaire n'attend pas le soir de Noël pour tremper, une fois de plus, sa redoutable plume pamphlétaire au fiel des abats fumants de quelque volaille sacrifiée aux Fêtes de fin d'année. Ça donne Dialogue du chapon et de la poularde, petit chef-d'oeuvre d'humour noir et de cruauté, alimenté de détails, hmmm, pas très croustillants. Âmes sensibles s'abstenir !

La Ferme du Val de Noye
La Ferme du Val de Noye

Avant de déguster ce fameux Dialogue, faisons le point sur ce qu'est une poularde et ce qu'est un chapon. Nous les mangeons de bon cœur, mais savons-nous qui ils sont et ce qu'est leur vie ? - Alors : une poularde c'est une poulette qui n'a jamais pondu et qu'on a délibérément engraissée.

Idées recettes
Poularde rôtie aux fruits d’hiver
Poularde pochée sauce suprême
Poularde aux morilles au jus de truffes
Poularde au rosé d’Anjou
Poularde au citron, champignons et porto
Poularde au champagne

La Ferme du Val de Noye
La Ferme du Val de Noye

Et un chapon, c'est un coq qui n'a pas de plumes sur le cou, et qui est castré à 6 semaines, de sorte qu'il engraisse comme la poularde. On peut le farcir au foie gras, aux fruits secs, aux poires, avec une sauce aux figues.

Le chapon de Noël sera d’autant plus savoureux que sa chair fondante sera recouverte d’une peau croustillante et parfumée. La cuisson au four, lente et douce, permet d’obtenir un chapon savoureux à tous les coups.Découpé en morceaux et cuit en cocotte, le chapon n’est pas en reste, il promet également de bons et beaux moments gustatifs.

Et maintenant que j'ai présenté comme il se doit les protagonistes de notre histoire, plongeons-nous dans le fumet peu ragoûtant du plat que nous a préparé Voltaire. Eh non, tous les contes de Noël ne sont pas à faire lire aux enfants !

Dialogue de la poularde et du chapon

~ par Voltaire ~

Dialogue du chapon et de la poularde, Voltaire

LE CHAPON.

Eh, mon Dieu! ma poule, te voilà bien triste, qu’as-tu?

LA POULARDE.

Mon cher ami, demande-moi plutôt ce que je n’ai plus. Une maudite servante m’a prise sur ses genoux, m’a plongé une longue aiguille dans le cul, a saisi ma matrice, l’a roulée autour de l’aiguille, l’a arrachée et l’a donnée à manger à son chat. Me voilà incapable de recevoir les faveurs du chantre du jour, et de pondre.

LE CHAPON.

Hélas! ma bonne, j’ai perdu plus que vous; ils m’ont fait une opération doublement cruelle: ni vous ni moi n’aurons plus de consolation dans ce monde; ils vous ont fait poularde, et moi chapon. La seule idée qui adoucit mon état déplorable, c’est que j’entendis ces jours passés, près de mon poulailler, raisonner deux abbés italiens à qui on avait fait le même outrage afin qu’ils pussent chanter devant le pape avec une voix plus claire. Ils disaient que les hommes avaient commencé par circoncire leurs semblables, et qu’ils finissaient par les châtrer: ils maudissaient la destinée et le genre humain.

LA POULARDE.

Quoi! c’est donc pour que nous ayons une voix plus claire qu’on nous a privés de la plus belle partie de nous-mêmes?

LE CHAPON.

Hélas! ma pauvre poularde, C’est pour nous engraisser, et pour nous rendre la chair plus délicate.

LA POULARDE.

Eh bien! quand nous serons plus gras, le seront-ils davantage?

LE CHAPON.

Oui, car ils prétendent nous manger.

LA POULARDE.

Nous manger! ah, les monstres!

LE CHAPON.

C’est leur coutume; ils nous mettent en prison pendant quelques jours, nous font avaler une pâtée dont ils ont le secret, nous crèvent les yeux pour que nous n’ayons point de distraction; enfin, le jour de la fête étant venu, ils nous arrachent les plumes, nous coupent la gorge, et nous font rôtir. On nous apporte devant eux dans une large pièce d’argent; chacun dit de nous ce qu’il pense; on fait notre oraison funèbre: l’un dit que nous sentons la noisette; l’autre vante notre chair succulente; on loue nos cuisses, nos bras, notre croupion; et voilà notre histoire dans ce bas monde finie pour jamais.

LA POULARDE.

Quels abominables coquins! je suis prête à m’évanouir. Quoi! on m’arrachera les yeux! on me coupera le cou! je serai rôtie et mangée! Ces scélérats n’ont donc point de remords?

LE CHAPON.

Non, m’amie; les deux abbés dont je vous ai parlé disaient que les hommes n’ont jamais de remords des choses qu’ils sont dans l’usage de faire.

LA POULARDE.

La détestable engeance! Je parie qu’en nous dévorant ils se mettent encore à rire et à faire des contes plaisants, comme si de rien n’était.

Dialogue du chapon et de la poularde, Voltaire

LE CHAPON.

Vous l’avez deviné; mais sachez pour votre consolation (si c’en est une) que ces animaux, qui sont bipèdes comme nous, et qui sont fort au-dessous de nous, puisqu’ils n’ont point de plumes, en ont usé ainsi fort souvent avec leurs semblables. J’ai entendu dire à mes deux abbés que tous les empereurs chrétiens et grecs ne manquaient jamais de crever les deux yeux à leurs cousins et à leurs frères; que même, dans le pays où nous sommes, il y avait eu un nommé Débonnaire qui fit arracher les yeux à son neveu Bernard. Mais pour ce qui est de rôtir des hommes, rien n’a été plus commun parmi cette espèce. Mes deux abbés disaient qu’on en avait rôti plus de vingt mille pour de certaines opinions qu’il serait difficile à un chapon d’expliquer, et qui ne m’importent guère.

LA POULARDE.

C’était apparemment pour les manger qu’on les rôtissait.

LE CHAPON.

Je n’oserais pas l’assurer; mais je me souviens bien d’avoir entendu clairement qu’il y a bien des pays, et entre autres celui des Juifs, où les hommes se sont quelquefois mangés les uns les autres.

LA POULARDE.

Passe pour cela. Il est juste qu’une espèce si perverse se dévore elle-même, et que la terre soit purgée de cette race. Mais moi qui suis paisible, moi qui n’ai jamais fait de mal, moi qui ai même nourri ces monstres en leur donnant mes oeufs, être châtrée, aveuglée, décollée, et rôtie! Nous traite-t-on ainsi dans le reste du monde?

LE CHAPON.

Les deux abbés disent que non. Ils assurent que dans un pays nommé l’Inde, beaucoup plus grand, plus beau, plus fertile que le nôtre, les hommes ont une loi sainte qui depuis des milliers de siècles leur défend de nous manger; que même un nommé Pythagore, ayant voyagé chez ces peuples justes, avait rapporté en Europe cette loi humaine, qui fut suivie par tous ses disciples. Ces bons abbés lisaient Porphyre le Pythagoricien, qui a écrit un beau livre contre les broches.

O le grand homme! le divin homme que ce Porphyre! Avec quelle sagesse, quelle force, quel respect tendre pour la Divinité il prouve que nous sommes les alliés et les parents des hommes; que Dieu nous donna les mêmes organes, les mêmes sentiments, la même mémoire, le même germe inconnu d’entendement qui se développe dans nous jusqu’au point déterminé par les lois éternelles, et que ni les hommes ni nous ne passons jamais! En effet, ma chère poularde, ne serait-ce pas un outrage à la Divinité de dire que nous avons des sens pour ne point sentir, une cervelle pour ne point penser? Cette imagination digne, à ce qu’ils disaient, d’un fou nommé Descartes, ne serait-elle pas le comble du ridicule et la vaine excuse de la barbarie?

Aussi les plus grands philosophes de l’antiquité ne nous mettaient jamais à la broche. Ils s’occupaient à tâcher d’apprendre notre langage, et de découvrir nos propriétés si supérieures à celles de l’espèce humaine. Nous étions en sûreté avec eux comme dans l’âge d’or. Les sages ne tuent point les animaux, dit Porphyre; il n’y a que les barbares et les prêtres qui les tuent et les mangent. Il fit cet admirable livre pour convertir un de ses disciples qui s’était fait chrétien par gourmandise.

LA POULARDE.

Eh bien! dressa-t-on des autels à ce grand homme qui enseignait la vertu au genre humain, et qui sauvait la vie au genre animal?

LE CHAPON.

Non, il fut en horreur aux chrétiens qui nous mangent, et qui détestent encore aujourd’hui sa mémoire; ils disent qu’il était impie, et que ses vertus étaient fausses, attendu qu’il était païen.

LA POULARDE.

Que la gourmandise a d’affreux préjugés! J’entendais l’autre jour, dans cette espèce de grange qui est près de notre poulailler, un homme qui parlait seul devant d’autres hommes qui ne parlaient point; Il s’écriait que « Dieu avait fait un pacte avec nous et avec ces autres animaux appelés hommes; que Dieu leur avait défendu de se nourrir de notre sang et de notre chair ». Comment peuvent-ils ajouter à cette défense positive la permission de dévorer nos membres bouillis ou rôtis? Il est impossible, quand ils nous ont coupé le cou, qu’il ne reste beaucoup de sang dans nos veines; ce sang se mêle nécessairement à notre chair; ils désobéissent donc visiblement à Dieu en nous mangeant. De plus, n’est-ce pas un sacrilège de tuer et de dévorer des gens avec qui Dieu a fait un pacte? Ce serait un étrange traité que celui dont la seule clause serait de nous livrer à la mort. Ou notre créateur n’a point fait de pacte avec nous, ou c’est un crime de nous tuer et de nous faire cuire il n’y a pas de milieu.

Dialogue du chapon et de la poularde, Voltaire

LE CHAPON.

Ce n’est pas la seule contradiction qui règne chez ces monstres, nos éternels ennemis. Il y a longtemps qu’on leur reproche qu’ils ne sont d’accord en rien. Ils ne font des lois que pour les violer; et, ce qu’il y a de pis, c’est qu’ils les violent en conscience. Ils ont inventé cent subterfuges, cent sophismes pour justifier leurs transgressions. Ils ne se servent de la pensée que pour autoriser leurs injustices, et n’emploient les paroles que pour déguiser leurs pensées. Figure-toi que, dans le petit pays où nous vivons, il est défendu de nous manger deux jours de la semaine: ils trouvent bien moyen d’éluder la loi; d’ailleurs cette loi, qui te paraît favorable, est très barbare; elle ordonne que ces jours-là on mangera les habitants des eaux ils vont chercher des victimes au fond des mers et des rivières. Ils dévorent des créatures dont une seule coûte souvent plus de la valeur de cent chapons: ils appellent cela jeûner, se mortifier. Enfin je ne crois pas qu’il soit possible d’imaginer une espèce plus ridicule à la fois et plus abominable, plus extravagante et plus sanguinaire.

LA POULARDE.

Eh, mon Dieu! ne vois-je pas venir ce vilain marmiton de cuisine avec son grand couteau?

LE CHAPON.

C’en est fait, m’amie, notre dernière heure est venue; recommandons notre âme à Dieu.

LA POULARDE.

Que ne puis-je donner au scélérat qui me mangera une indigestion qui le fasse crever! Mais les petits se vengent des puissants par de vains souhaits, et les puissants s’en moquent.

LE CHAPON.

Aïe! on me prend par le cou. Pardonnons à nos ennemis.

LA POULARDE.

Je ne puis; on me serre, on m’emporte. Adieu, mon cher chapon.

LE CHAPON.

Adieu, pour toute l’éternité, ma chère poularde.

Dialogue du chapon et de la poularde, Voltaire
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