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Le blog de Thaddée

"Ce qui parle le mieux de nous, ce n'est pas ce que nous disons, c'est ce que nous faisons. Je fais des livres qui parlent de moi sans le dire." TS | Actualité OB Kiwi et plates-formes de blogs, Déco blogs, Balades à Sète, Chroniques lyonnaises et fidésiennes, Escapades, Histoires de chats et d'oiseaux, Littérature, Photographie, Société, Poupées, Tricot, La vie ... Communauté : "Victor & Victoria", esprit shabby chic, romantique et cosy.

lecture au coin du feu

La légende des flocons de neige

Publié le 20 Décembre 2014 par Thaddée dans Lecture Au coin du feu, Les blogs et moi

La légende des flocons de neige

Bonjour à toutes à tous ! Après avoir passé commande de mes cadeaux de Noël sur un site qui m'enchante par ses créations artisanales, me voici de retour pour tenir ma promesse : vous rendre visite ce week-end. J'en profite pour mettre en ligne un charmant petit conte de Noël qui nous fera rêver du beau ciel étoilé de cette nuit magique, je l'ai trouvé sur le Supplément Mensuel à l'Itinérant, Sans Abri Décembre, Journal pour Lutter contre la Précarité. J'ai pris également plaisir à relire dans ce numéro les paroles des traditionnels Chants de Noël : Mon beau sapin, Petit papa noël, Vive le vent, Il est né le Divin Enfant. Les guirlandes scintillent, les bougies nous éclairent doucement, préparons-nous à la joie des Fêtes de fin d'année, avec une petite pensée pour ceux qui sont seuls et qui souffrent non seulement en cette fin d'année, mais pendant toute l'année, et pour la plupart depuis bien des années sans jamais voir la lumière.

Les contes et histoires de Noël racontés le soir au coin du feu

La légende des flocons de neige

Il était une fois, il y a longtemps, habitaient de petits moutons argentés dans le ciel ! Saint-Pierre les avait adoptés pour passer le temps ! Il les surnommait flow ou flo ! Cela voulait dire "enfants" car ceux-ci n'arrêtaient pas de courir et de jouer partout.

Ils étaient très doux mais aussi très capricieux. Parfois, ils allaient courir dans le ciel. Mais de petites étoiles restaient accrochées à leur laine. Un jour, Dieu décida d'apporter le froid dans le monde !

La légende des flocons de neige

Mais les petits moutons, très capricieux et nécessitant un petit confort chaud et douillet, se mirent à courir dans tous sens sur les nuages ! Si vite que les étoiles se décollèrent de leur laine et tombèrent du ciel !

Dieu, ravi ! donna à ces petites étoiles blanches le nom de flocon (mélange de flow et de moutons). C'est depuis ce jour qu'on peut apercevoir des petits flocons tomber du ciel !!!

Anonyme, adapté par mes soins ;-)

La légende des flocons de neige

Et si vous manquez d'idées-cadeaux, si vous voulez éviter de courir les magasins et d'affronter la cohue des fêtes de fins d'année, je vous recommande particulièrement ce site en ligne : Le Cottage de Lisa. Ses créations originales, faites à la main, et de belle qualité, sont tout simplement enchanteresses ! D'inspiration shabby chic (esprit ancien remis au goût du jour, vieux objets recouverts et décorés de tulle, rubans, perles et petites roses ...) les créations de Lisa, uniques et délicates, sont à ravir et feront plaisir tant à offrir qu'à recevoir. 

Pompons de porte, aumônières, abat-jour, coussins, boîtes à mouchoirs, flacons de parfum, livres et vieilles clés revisités ... Fonctionnels ou délicieusement décoratifs, ils feront votre bonheur et celui de votre famille et de vos amis. Commandez en ligne en toute sécurité. J'ai déjà acheté sur ce site : aucun souci, colis reçu en bon état, avec la petite touche artisanale et personnelle qui fait plaisir (Lisa apporte un soin tout particulier à la confection de ses colis) articles précieux, qui rehaussent le charme d'un coin de pièce, d'un chevet de chambre. Le shabby chic c'est tendance et romantique à souhait. Made in France s'il vous plaît, il ranimera dans vos chaumières illuminées pour les Fêtes de Noël l'âme de vos grands-mères et l'esprit du bon vieux temps.

La légende des flocons de neige
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Jusqu'à ce que la mort nous sépare

Publié le 6 Juillet 2014 par Thaddée dans Photo et Vidéo, Lecture Au coin du feu

Jusqu'à ce que la mort nous sépare

Le talon d'Achille, par Georges-André Quignou

Mais oui je m'en serais allé

Au gré des vagues de la ville

Si je n'avais le pied lié

Chacun a son talon d'Achille

(...)

Je m'en serais allé malheur

Sur moi qui n'aurais pas su vivre

Car tu aurais caché tes pleurs

Sans essayer de me poursuivre

(...)

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Parlez images !

Publié le 8 Mai 2014 par Thaddée dans Journal d'un écrivain, Lecture Au coin du feu

Parlez images !

Ben oui parce que moi je parle plus. 200 pages et des broutilles. /3 du livre. Immersion totale. Pas envie d'en finir. Calme - relatif. Seulement voilà : ce matin, la source est tarie. Impossible d'aligner trois mots qui se tiennent alors que j'ai toute la scène écrite et dessinée dans ma tête.

Qu'à cela ne tienne. Je ne m'affole pas. Je sais que les pauses s'imposent d'elles-même quand la pression se fait trop forte (surtout quand on a encore mal aux dents). Le temps de rectifier quelques détails ici et là au fil des toutes dernières pages et l'inspiration me reviendra en coup de vent, je peux vous l'assurer.

Faut dire : qu'en ce moment je lis Philippe Djian et ça me met sur les nerfs. Le bonhomme m'est antipathique et je ne dirai pas pourquoi, mais à l'âge de vingt-cinq - trente ans j'étais raide-dingue de sa littérature. Comme je suis infidèle comme pas deux je l'avais laissé tomber sur le bord du chemin depuis tout ce temps. Un coup de chance pour lui et moi, à la foire aux livres de Chavril jeudi dernier 1er mai il y avait tellement de lecteurs effrénés dans les rangs ( les premières gouttes de pluie venaient de nous rabattre dans le gymnase de l'école) que j'ai dû me résoudre à me clouer sur place et prendre ce qui me tombait sous la main : c'est à dire trois romans du même auteur. Ce qui m'évitait de me déplacer à travers une foule compacte avec mon sac-à-dos qu'écrabouillaient religieusement les boulimiques de lecture au rabais.

J'ai dit que j'aimais les livres de Philppe Djian. Tout bien réfléchi, il me fait crever de jalousie. Son style me tape sur les nerfs et j'en raffole. En plus ce salaud réussit l'exploit de vivre de sa littérature et s'offre du bon temps au bord de la mer tout en se payant le luxe d'être écrivain, c'est à dire un vrai dingue, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le pire, c'est qu'il blague à chaque ligne et que ça me fait mourir de tristesse. Depuis jeudi dernier je m'enfile méthodiquement, le sourcil froncé, trois de ses romans. Dans l'ordre : Zone Erogène (j'ai failli descendre dans le Sud pour l'étrangler), Maudit Manège (j'ai le cœur comme une pierre), et je vais commencer Échine (qu'est-ce qu'il me réserve encore ? ).

Ce matin, vu que je n'arrivais pas moi-même à pondre une seule ligne raisonnable, j'ai fait un tour sur le Net pour en apprendre un peu plus sur l'homme et l'auteur. J'ai pratiquement rien trouvé. On ne parle même pas de la fragilité légendaire de son cœur. Il n'a pas de site officiel, mais je n'ai pas souvenance qu'il ait écrit dans ses livres qu'il était un blogueur.

Voilà où j'en suis, et pour m'aérer la tête ce matin j'ai fait mon viron traditionnel à Nature en Fête que j'attends normalement avec une grande impatience. Je vous en toucherai un mot dans trois minutes. Vous comprendrez mieux que l'écriture ne laisse pas grand-place aux loisirs, non plus qu'à des inspirations plus vertes et fleuries.

A tout de suite, toutes et tous, je reviens dans quelques minutes avec ma version personnelle de Nature en Fête édition 2014.

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Même plus les mots pour le dire ...

Publié le 4 Mai 2014 par Thaddée dans Journal d'un écrivain, Lecture Au coin du feu

Nous créerons notre littérature, non pas en parlant continuellement de littérature, mais en écrivant dans une orgueilleuse solitude des livres qui auront la violence d'un "cross" à la mâchoire.

Hunter S.Thompson

Quelle chose étrange que d'écrire ... J'aurai vécu, tant de vies.

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Cher m'est le sommeil, plus encore d'être en pierre tandis que durent le mal et la honte ...

Publié le 23 Avril 2014 par Thaddée dans Lecture Au coin du feu, Journal d'un écrivain

The sleep of Michelangelo

The sleep of Michelangelo

Caro m'è il sonno, e più l'esser di sasso
mentre che 'l danno e la vergogna dura.
Non veder, non sentir m'è gran Ventura.
Pero non mi destar; deh, parla basso!

extrait de "Rime" Recueil de poèmes de Michel-Ange

Cher m'est le sommeil, plus encore d'être en pierre

Tandis que durent le mal et la honte

Ne pas voir ni entendre m'est grande chance

Mais ne m'éveille pas, de grâce, parle bas !

Quai meraviglia è, se prossim'al foco
mi strussi e arsi, se or ch'egli è spento
di fuor, m'afflige e mi consuma drento,
e 'n cener mi riduce a poco a poco?
Vedea ardendo si lucente il loco
onde pendea il mio greve tormento,
che sol la vista mi facea contento,
e morte e strazi m'eran festa e gioco.
Ma po' che del gran foco b splendore
che m'ardeva e nutriva, il ciel m'invola,
un carbon resto acceso e ricoperto.
E s'altre legne non mi porge amore
che lievin fiamma, una favilla sola
non fie di me, si 'n cener mi converto.

extrait de "Rime" Recueil de poèmes de Michel-Ange

Est-ce merveille, alors que le feu du dehors

s'est éteint qui m'incendiait, si je demeure

consumé au-dedans d'une cruelle ardeur

qui, petit à petit, va me réduire en cendres ?

Tout en brûlant, je découvrais si rayonnant

le lieu d'où provenait mon lancinant supplice

Que sa vue seule me donnait contentement

et que la mort et tourments m'étaient fête et délice.

Or le Ciel m'a pris la splendeur du grand foyer

dont mon ardeur était nourrie : je ne suis plus

qu'une braise, vive encore, mais enfouie.

Et si l'Amour ne me fournit point d'autres bois

qui la rallume, il ne restera plus de moi

le plus petite étincelle : rien que des cendres.

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L'inspiration du poète, Nicolas Poussin - Un poète est un monde, La légende des siècles, Victor Hugo

Publié le 23 Avril 2014 par Thaddée dans Lecture Au coin du feu

Nicolas Poussin : L'inspiration du poète. Huile sur toile, 182x213 cm. Paris, Musée du Louvre.

Nicolas Poussin : L'inspiration du poète. Huile sur toile, 182x213 cm. Paris, Musée du Louvre.

Un poète est un monde enfermé dans un homme.
Plaute en son crâne obscur sentait fourmiller Rome ;
Mélésigène, aveugle et voyant souverain
Dont la nuit obstinée attristait l’œil serein,
Avait en lui Calchas, Hector, Patrocle, Achille ;
Prométhée enchaîné remuait dans Eschyle ;
Rabelais porte un siècle ; et c’est la vérité
Qu’en tout temps les penseurs couronnés de clarté,
Les Shakspeares féconds et les vastes Homères,
Tous les poëtes saints, semblables à des mères,
Ont senti dans leurs flancs des hommes tressaillir,
Tous, l’un le roi Priam et l’autre le roi Lear.
Leur fruit croît sous leur front comme au sein de la femme.
Ils vont rêver aux lieux déserts ; ils ont dans l’âme
Un éternel azur qui rayonne et qui rit ;
Ou bien ils sont troublés, et dans leur sombre esprit
Ils entendent rouler des chars pleins de tonnerres.
Ils marchent effarés, ces grands visionnaires.
Ils ne savent plus rien, tant ils vont devant eux,
Archiloque appuyé sur l’ïambe boiteux,
Euripide écoutant Minos, Phèdre et l’inceste.
Molière voit venir à lui le morne Alceste,
Arnolphe avec Agnès, l’aube avec le hibou,
Et la sagesse en pleurs avec le rire fou.
Cervantes pâle et doux cause avec don Quichotte ;
À l’oreille de Job Satan masqué chuchote ;
Dante sonde l’abîme en sa pensée ouvert ;
Horace voit danser les faunes à l’œil vert ;
Et Marlow suit des yeux au fond des bois l’émeute
Du noir sabbat fuyant dans l’ombre avec sa meute.

Alors, de cette foule invisible entouré,
Pour la création le poète est sacré.
L’herbe est pour lui plus molle et la grotte plus douce ;
Pan fait plus de silence en marchant sur la mousse ;
La nature, voyant son grand enfant distrait,
Veille sur lui ; s’il est un piége en la forêt,
La ronce au coin du bois le tire par la manche
Et dit : Ne va pas là ! Sous ses pieds la pervenche
Tressaille ; dans le nid, dans le buisson mouvant,
Dans la feuille, une voix, vague et mêlée au vent,
Murmure : — C’est Shakspeare et Macbeth ! — C’est Molière
Et don Juan ! — C’est Dante et Béatrix ! — Le lierre
S’écarte, et les halliers, pareils à des griffons,
Retirent leur épine, et les chênes profonds,
Muets, laissent passer sous l’ombre de leurs dômes
Ces grands esprits parlant avec ces grands fantômes.

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Ne plus rêver des cimes

Publié le 19 Avril 2014 par Thaddée dans Journal d'un écrivain, Lecture Au coin du feu

Ne plus rêver des cimes

Il y a quelques jours, en effectuant des recherches sur le stress de la page blanche, sans doute pour me rassurer, j'ai identifié la nature de mes blocages. Je souffre ... de perfectionnisme.

« Je dois produire quelque chose de supérieur à ce qui se fait habituellement. »

 

Une personne perfectionniste se fixe des standards irréalistes et beaucoup trop élevés qui génèrent de l'anxiété (ex. : révolutionner le domaine). La pression pour atteindre ces standards peut l'amener à s'imposer des règles rigides ou à attendre d'être dans des dispositions idéales pour accomplir un travail parfait.

Le perfectionnisme : quand le mieux devient l’ennemi du bien

 

La personne perfectionniste s’impose des standards d’excellence extrêmement difficiles à atteindre, voire impossibles. Elle ne sait doser ses efforts, se surinvestissant parfois dans des activités de moindre importance au détriment de certaines plus prioritaires. Pour elle, les détails comptent autant que l’ensemble et elle demeure inflexible dans le choix de ses priorités et de ses façons de faire. La personne perfectionniste a de la difficulté à travailler en équipe et à déléguer. Elle doute constamment d’elle-même et n’accepte pas ses limites et ses imperfections. Sa valeur en tant que personne dépend de ses succès et de sa réussite. Elle se juge sévèrement et accepte mal la critique. La moindre erreur est vécue comme une cuisante défaite. La personne perfectionniste est une éternelle insatisfaite et ressent très souvent de l’anxiété, de la honte et de la culpabilité. Elle appréhende l’avenir et redoute l’échec.

On retrouve à l’origine du perfectionnisme un mode de raisonnement souvent incohérent et erroné. La philosophie du « tout ou rien » est très présente chez les perfectionnistes. Des pensées telles que « si mon travail n’est pas parfait, il ne vaut rien » et « je dois exceller en tout » sont courantes. La personne qui adopte cette philosophie fait peu de nuance, se perçoit comme un échec et a peu d’estime d’elle-même.

Les perfectionnistes ont également tendance à tout généraliser. Ils ou elles voient dans un événement négatif isolé l’illustration de ce qui leur arrive tout le temps.

Ne plus rêver des cimes

Depuis que j'ai lu ces articles, je m'attache à dépasser l'idée que je me fais de mon travail. J'écris tous les jours sans me mettre la pression. Du coup, je ressens moins de stress. J'en suis à cent pages à peu près, ce qui représente grosso modo la moitié du bouquin tel que je me le représente et si je me conforme au plan que j'ai dans la tête. Il y a plein de passages à refaire, mais je me donne le temps. Ce n'est certainement pas le livre du siècle, mais ce n'est pas le pire, et ce qui me paraît être le plus important, c'est qu'il s'inscrit dans la lignée de tous mes écrits précédents. J'y vois une maturité qui me faisait peut-être défaut jusqu'ici. C'est à dire que : je me complais moins dans les scènes de violence (même si elles existent) pour m'attacher davantage à la personnalité des personnages. Je suis déjà raide dingue du personnage central - alors que c'est une vraie peste ;-) Fait exceptionnel : je ne suis toujours pas malade, quoique j'éprouve par moments l'angoisse profonde et dévastatrice de mon personnage. J'arrive à concilier travail, écriture, et quotidien. J'effectue mes recherches au fur et à mesure, le gros de la documentation étant été réalisé bien en amont de la rédaction proprement dite. J'avance donc sur un terrain balisé, même si je me laisse surprendre par les sautes d'humeur et les imprévisibles réactions de mon personnage. Voilà bien longtemps que je n'avais pas écrit comme ça. C'est bien sûr au détriment du blogging. Vous devez penser que je vous oublie. J'imagine que vous ne comptez plus sur moi pour passer vous dire bonjour. Mais je reviendrai. Je ne sais pas quand. Une fois que le roman sera terminé. Et ce n'est pas pour demain. Je vous souhaite de Joyeuses Pâques et même si je ne suis pas là, ne perdez pas de vue que vous restez dans mes pensées et qu'un jour ou l'autre je serai de nouveau parmi vous. Amicalement,

Thaddée

PS : j'ai découvert le site et la littérature d'un voisin romancier, Sébastien Fritsch, qui vit à Oullins (69). Un article lui est consacré dans le journal local. Je vous invite à jeter un coup d'oeil sur ce qu'il fait. A mon avis il le fait très bien. Voilà quelqu'un qui sait mettre en avant ses livres, qui sait les vendre, avec beaucoup d'imagination et de goût.

Ne plus rêver des cimes
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Rétrospective, 12 avril 2014 - Contagion par la lecture

Publié le 13 Avril 2014 par Thaddée dans Journal d'un écrivain, Lecture Au coin du feu

Rétrospective, 12 avril 2014 - Contagion par la lecture

Pendant trois jours, pas d’écriture. Désir irraisonné de tout arrêter pour commencer autre chose de plus pur et de plus dépouillé. Ce roman, pas assez violent étant donné le sujet, que je prends et que je traite comme une tocade de plus, ne me paraît ni nécessaire ni incontournable. Plus j’avance en âge, moins j’arrive à me convaincre de la valeur et de l’utilité de mes écrits.

Hier soir, ai commencé la lecture d’un polar ayant reçu un Prix. Je pensais qu’il avait mérité ce Prix pour la complexité du suspense. En réalité, c’est sans doute (aussi) la qualité de l’écriture qui a été récompensée.

Rétrospective, 12 avril 2014 - Contagion par la lecture

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Dès les premières lignes le texte, riche en vocabulaire, et d’une syntaxe impeccable, baigne dans la mélancolie la plus amère, la plus sourde nostalgie qu’il soit donné de ressentir en pensant à ce qui a été irrémédiablement détruit.

En fin de matinée j’ai repris mon propre livre et rédigé une quinzaine de pages. C’est reparti.

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L'Abyssin

Publié le 26 Février 2014 par Thaddée dans Lecture Au coin du feu

L'Abyssin

J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J'ai appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie.

Rimbaud, Une saison en enfer

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Acquittée "Je l'ai tué pour ne pas mourir", Alexandra Lange

Publié le 22 Septembre 2013 par Thaddée dans Lecture Au coin du feu

Acquittee-Alexandra-Lange.gifMon impression : sans plus. Voire : un certain malaise.

C'est le récit honnête d'une femme battue qui tue son mari lors d'une scène violente. Je ne suis pas à sa place, ne l'ai jamais été, je pense ne jamais l'être un jour : je n'ai pas le droit de la juger. Cependant, la plaidoierie que représente son livre n'a réussi ni à m'émouvoir ni à me convaincre du bien-fondé de son geste tragique. A mon sens elle aurait pu prendre les moyens de fuir ce mari violent ne serait-ce que pour mettre à l'abri ses quatre enfants. Ne l'écrit-elle pas elle-même, page 250 :

Mais voilà, je ne peux plus revenir en arrière. J'aurais mieux fait, et depuis longtemps, de les prendre sur mon dos et de les emporter loin de notre enfer. Pourquoi n'en ai-je pas eu la force ? Pourquoi n'ai-je pas eu le courage de la survie ? Pourquoi ne l'ai-je pas fait "rien que pour eux " ?

Elle se plaint, à plusieurs reprises, de ce que personne ne l'ait aidée. Mais pour cela il aurait fallu qu'on sache précisément ce qu'elle endurait. Or, de son propre aveu, elle minimisait les violences et les souffrances. Il lui arrivait, même, de nier les violences. Ainsi, qui pouvait l'aider ? - Et comment l'aider ? - Comment aider une fille, une soeur, une amie battue par son mari ? - En l'accueillant chez soi ? - Au risque qu'il vienne l'y chercher ? - Personnellement je ne pense pas que la famille ou les amis puissent aider une personne enferrée dans une situation aussi dramatique. Je pense qu'on ne peut, qu'il ne faut, compter que sur soi.

Sa première erreur : à l'âge de 17 ans, s'installer avec un type de 30 ans qui vit dans une caravane, contre l'avis de ses parents. Sa deuxième erreur, non la moindre : l'épouser. De là bien d'autres erreurs, bien d'autres manquements. Des raisonnements plus qu'étranges et surprenants : là où je ne vois qu'une brute épaisse sans discernement, elle voit un calculateur capable d'intellectualiser son propre comportement. Là où elle espère naïvement qu'il peut changer je vois, moi, un homme malade qu'il fallait suivre et soigner, et pour ce faire, fuir et dénoncer aux services sociaux.

Ce qui me stupéfie le plus dans ce livre, ce n'est pas tant sa soumission, son inertie face aux mauvais traitements infligés non seulement à elle mais encore à ses enfants, que sa façon de l'attaquer sur sa possible homosexualité, un soir où il a déjà battu sa fille aînée, où il est tellement saoul qu'il peut exploser d'une seconde à l'autre, ce qu'elle sait pertinemment. Qu'est-ce qui lui prend ? - Avec son père elle a organisé sa prochaine "évasion" ; dans quelques jours elle sera libérée de cet homme. Et que fait-elle ? - Ce soir-là elle le provoque et elle le tue.

Elle est acquittée. Son procès très médiatisé est censé donner de l'espoir et de la force aux femmes battues. N'est-ce pas un appel au meurtre ?

Elle a vécu avec lui 12 ans. Elle a de lui quatre enfants. Soudain, en 2009, elle craque et lui porte un coup fatal. On l'acquitte. Il faudrait que ce meurtre serve d'exemple ?

Je n'ai ressenti aucune sympathie pour cette femme en dépit de ses épreuves et de son malheur. J'ai senti chez elle une volonté de "laisser faire", comme si l'extérieur, le retour à une vie digne et normale, était plus à craindre que ce qu'elle subissait presque au quotidien. Dix fois, cent fois elle aurait pu partir. La première femme de son mari est partie pieds nus en pleine nuit après quelques années de calvaire ; elle s'en est sortie. Elle, reste. Elle, tue.

Je reste sceptique et perplexe.

Oui sans doute il l'aurait tuée comme en titre "Je l'ai tué pour ne pas mourir". Mais fallait-il attendre ces extrémités ? - Ceux que je plains le plus dans l'histoire ce sont les enfants, qui ont grandi dans cette atmosphère étouffante, qui ont pris des coups, qu'on a séparés de leur mère pendant les dix-huit mois où elle est restée en prison, et qui sont les enfants d'une mère qui a tué leur père.

Je répète : je ne suis pas à sa place, je ne sais pas ce que c'est d'être sous la coupe d'un monstre. Je ne pourrais pas, je crois, vivre sous la coupe d'un monstre. Je ne pourrais pas vivre une vie pareille pour, douze ans plus tard, commettre un meurtre.

Je sais que des femmes battues meurent tous les jours sous les coups de leur compagnon. Je veux bien reconnaître qu'une fois sous l'emprise d'un homme violent, on ne puisse plus s'en libérer. Mais pourquoi attendre que le piège se referme ?

Le récit d'Alexandra Lange ne répond à aucune de mes questions. Je pense que chez certaines victimes, il y a une part de consentement, du moins de passivité, qui fait le jeu des tortionnaires, et que le meurtre n'est en aucun cas l'issue de secours.

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