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37 articles avec recits petits mysteres au quotidien

La légende de la tour qui monte, qui monte ...

Publié le par Thaddée

Photo du 18 mars 2017, tour de La Mulatière (69)

Photo du 18 mars 2017, tour de La Mulatière (69)

Il était une fois, il y a très-très longtemps, un sauvage assoiffé de solitude et de lecture. Il s'installa dans une tour, parmi des centaines de livres. Mais un jour, un voisin fit planter un arbre tout près de la tour. Furieux, et désespéré que l'arbre lui bouche la vue, le sauvage fit monter la tour d'un étage. Et plus l'arbre grandissait, l'empêchant de voir le paysage, plus le sauvage faisait grandir la tour. C'est pourquoi cette tour est si haute.

Une autre version de l'histoire raconte qu'un homme très important avait fait bâtir cette haute tour pour pouvoir surveiller, de son sommet, toute la ville.

Mais un vieil homme, aujourd'hui, se rappelle quand il était petit : il montait dans la tour pour rencontrer un homme solitaire, qui vivait entouré de centaines de livres, et à condition de respecter le silence et de ne rien toucher, l'enfant pouvait rester là, dans la tour, avec l'homme épris de solitude et de lecture.

Histoire rapportée par Odile Masquelier, propriétaire du Jardin de La Bonne Maison, à La Mulatière, d'où l'on aperçoit le sommet de la tour.

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Vivre une autre vie

Publié le par Thaddée

Je voudrais revenir sur le rêve que j'ai transcrit il y a quelques jours ▲, dans lequel je voyais maman endormie sur sa tombe, alors qu'en réalité, paix à son âme, elle est dedans. J'ignorais jusqu'à ce jour l'existence de statues couchées sur la dalle. J'en ai trouvé quelques unes que je vous montre, et qui pourront illustrer le rêve que j'ai fait dans la nuit du 13 au 14 janvier de cette année. Ces statues allongées à même la pierre, dans les cimetières, représentent très précisément la vision que j'ai eue de maman reposant paisiblement sous le ciel. Photo provenant du site ▼

Enrico Butti 1847-1932, Sculpture Tombale de la Famille Casati ”La Morente” 1890

Enrico Butti 1847-1932, Sculpture Tombale de la Famille Casati ”La Morente” 1890

pepperloves1.tumblr.com (à gauche) | mysterius.centerblog.net (à droite)pepperloves1.tumblr.com (à gauche) | mysterius.centerblog.net (à droite)

pepperloves1.tumblr.com (à gauche) | mysterius.centerblog.net (à droite)

Passent, sur le chemin derrière nous, des tombes ambulantes à ciel ouvert, sur lesquelles sont allongés des morts éveillés qui commentent la balade et le paysage. On se croirait à une fête de fin d'année scolaire.

Ma famille, Thaddée

Source : mysterius.centerblog.net sur centerblog

Source : mysterius.centerblog.net sur centerblog

Dans mon rêve je voyais les morts s'animer, partir en promenade et plaisanter. D'autres ont imaginé qu'ils se plongeaient dans la lecture comme si leurs habitudes, et les petits plaisirs de la vie, ne les avaient pas complètement désertés.

Sous les coupoles de l'abbaye de Fontevraud, le gisant polychrome d'Aliénor d'Aquitaine (1122 – 1204) tient dans ses mains un livre de pierre

Sous les coupoles de l'abbaye de Fontevraud, le gisant polychrome d'Aliénor d'Aquitaine (1122 – 1204) tient dans ses mains un livre de pierre

Adieu gisants raides aux traits creusés, gisants figés dans la mort éternelle. Ici la vie continue, on dort, on se promène, on lit des livres ... et même qu'on se met à rire comme maman dans mon rêve. Après tout, que savons-nous vraiment de l'au-delà ?

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Ma famille

Publié le par Thaddée

Avant de vous conter mon rêve, quelques nouvelles : depuis ce matin, je pleure. Je ne sais si c'est à cause de la douleur ou du rêve que j'ai fait, sans doute un peu des deux. J'ai mal comme fait mal une crise d'appendicite, à moins que ce ne soit un muscle spasmé par la colopathie fonctionnelle. Le Spasfon vient de faire effet : je respire.

Rêve que j'ai fait dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 janvier 2017

C'est jour de réunion, si l'on peut parler de réunion, vu que nous sommes six, soit le tiers de ce que nous devrions être, et que notre chef de service n'est pas encore arrivée. Je ronge mon frein : comme si je n'avais que ça à faire d'attendre le bon vouloir des autres. 

La salle est immense et divisée, je m'en aviserai plus tard, en trois îlots d'inégale surface. Nous nous trouvons dans la partie la plus grande, cependant que nous jouxte une salle de réunion de surface plus modeste ainsi qu'une salle de repos équipée d'un lit, où se reposent deux ou trois personnes dont j'ignore s'il s'agit de collègues ou non.

Nous attendons ainsi pendant une demi-heure, une heure peut-être, jusqu'à ce que lâchent mes nerfs déjà fort éprouvés. Je me lève pour m'occuper des poubelles. Il y a tant de poubelles que c'en est effrayant. D'où viennent toutes ces poubelles, et que vais-je en faire ?

Tandis que j'entreprends de m'en débarrasser dans le conteneur réservé à cet effet je croise mon petit groupe d'amis. Les accompagne un garçon que je ne connais pas, Bernard. Très vite, je comprends quelles sombres résolutions animent mon amie Ben, toujours salement inspirée, laquelle donne à lécher à son chien loup le mamelon de Bernard. J'ai peur que le chien morde. Ca la fait rire.

Puis nous allons au cimetière, nous recueillir sur je ne sais quelle tombe, semble-t-il un proche de Bernard. Alors je m'excuse et je m'éloigne sans me retourner pour partir à la recherche de celle de maman. Je suis dans l'allée des 900 et quelque, or la tombe de maman se trouve dans l'allée des 100 et quelque. Je marche un moment. La voilà.

Ophelia (1851-2) by John Everett Millais Photo: © Tate

Ophelia (1851-2) by John Everett Millais Photo: © Tate

Je reste un moment à contempler, l'esprit absent, maman endormie sur la pierre avec son doudou. Elle est si blanche. Juste à ma droite, se tient une espèce de kermesse : une femme vient de gagner un énorme colis, elle n'arrête pas de dire merci.

Et c'est là que je vois remuer faiblement maman. Je crois avoir la berlue, je regarde mieux. Pas d'erreur : maman bouge. D'autres morts, près d'elle, commencent eux aussi à se mettre en mouvement. 

L'on m'appelle sur mon portable. C'est Ben, sans aucun doute, qui veut savoir où je suis. Je ne réponds pas. Je suis avec maman. Elle s'est redressée, toute blanche encore, mais les yeux bien ouverts. Elle m'expliquera qu'elle s'est réveillée parce qu'elle nous avait entendus l'appeler à l'aide. Et c'est l'occasion de lui faire part de tous mes soucis : les poubelles, le courrier, qui s'entassent tous les jours sans que je puisse enrayer ce monumental débordement qui m'effare et me crève.

Nous parlons un bon moment. Elle est gaie, détendue, souriante. Passent, sur le chemin derrière nous, des tombes ambulantes à ciel ouvert, sur lesquelles sont allongés des morts éveillés qui commentent la balade et le paysage. On se croirait à une fête de fin d'année scolaire. A la tête des morts il y a ce drôle de coffrage voilé d'un léger rideau, sous lequel on aperçoit des piles de petits carrés de tissu orange et vert. Je me demande bien ce que c'est et à quoi ça sert. Maman m'explique qu'il s'agit de mouchoirs destinés aux familles qui ont besoin de pleurer. 

Nous discutons encore un peu. Même qu'elle salue jovialement l'une de mes clientes, la soeur de cette cliente en fait, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau. C'est bon de faire un peu nos commères. Mais maman se fatigue. Elle se rendort. Elle redevient tout à fait immobile, les yeux clos, blanche comme un lys et les doigts entrelacés sur la poitrine. Je cherche de tous côtés son doudou blanc si marrant mais il s'est mélangé avec d'autres doudous, car tout le monde s'est beaucoup amusé cet après-midi, c'était un bel après-midi de fête. Je cale contre son bras un doudou blanc qui n'est pas le sien mais qui lui tiendra compagnie.

 Le Rêve (1910), huile sur toile du Douanier Henri Rousseau

Le Rêve (1910), huile sur toile du Douanier Henri Rousseau

Vient de sonner l'heure de la quitter pour m'en retourner à mes occupations du jour : le courrier. Je passe à la maison voir la petite soeur qui se trouve être bien seule depuis que maman est morte. Mon père est là, et sort sur le balcon. Son balcon, tout plein de plantes et de fleurs extraordinaires.

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